<rdf:RDF xmlns:rdf="http://www.w3.org/1999/02/22-rdf-syntax-ns#" xmlns:dcterms="http://purl.org/dc/terms/">
<rdf:Description rdf:about="https://vidas.occitanica.eu/items/show/2084">
    <dcterms:title><![CDATA[Chambouleyron, Auguste (1931-2014)]]></dcterms:title>
    <dcterms:title><![CDATA[Chambouleyron, Auguste (1931-2014)]]></dcterms:title>
    <dcterms:subject><![CDATA[Écrivain]]></dcterms:subject>
    <dcterms:subject><![CDATA[Enseignant ; professeur]]></dcterms:subject>
    <dcterms:description><![CDATA[<p style="text-align: justify; line-height: 150%;">Enseignant d’origine paysanne, communiste, participe aux activités occitanistes en Ardèche.</p>
<h2>Identité</h2>
<h3><b>Formes référentielles</b></h3>
<p style="text-align: justify;">Chambouleyron, Auguste (1931-2014)</p>
<h2>Éléments biographiques</h2>
<p style="text-align: justify; line-height: 150%;">Auguste Chambouleyron est né le 20 avril 1931 à Montagnac sur la commune de Saint Andéol de Vals, en Ardèche. Il a eu une enfance paysanne près de la rivière La Volane. Puis il a été enseignant en français, histoire, géographie, gestion, dans des lycées du département : Largentière, Le Teil et Annonay où il a fini sa carrière. Idéaliste, humaniste, il a foi en l'homme et milite au Parti Communiste. Avide de connaissance, il a étudié un certain nombre de langues étrangères : russe, chinois... Sans oublier sa langue maternelle..</p>
<h2>Engagements dans la renaissance d’oc</h2>
<p style="text-align: justify; line-height: 150%;">Chambouleyron a écrit pour <em>Lo Grinhon</em>, le journal trimestriel interne de l'association <em>Parlarem en Vivarés</em>, des textes courts contant ses souvenirs d'enfance, traçant les portraits de personnes de sa famille ou du voisinage. Ces textes sont répartis en deux parties intitulées : <em>Letras d'un Raiòu</em> et <em>La Mamet o contava</em>. La langue utilisée est celle de son enfance, l'occitan de la région d'Aubenas, qu'il écrivait dans en graphie classique. Soucieux de se faire comprendre de son entourage, il utilisait parfois des mots du vivaro-alpin de la région d'Annonay, où il était installé depuis longtemps, et avait le souci de joindre à ses écrits un vocabulaire donnant la correspondance entre les deux parlers. Il est mort le 31 janvier 2014.</p>
<h2>Bibliographie de l'auteur</h2>
<p style="text-align: justify; line-height: 150%;">Son œuvre d'écrivain se résume en une trentaine de textes parus dans <em>Lo Grinhon</em>, de 1997 (n°28) à 2013 (n°77), sous le titre « Letras d’un Raiòu » ou « La mamet o contava » puis rassemblés, accompagnés de photos, d’une carte et de tableaux de sa main, dans une brochure imprimée par ses soins et offerte à sa famille et à ses amis. Une édition publique est envisagée.<br /><br /><strong>« Letras d’un Raiòu » dans <em>Lo Grinhon</em></strong> <br /><br />- n° 28, prima de 97 : « Març e lo pastre » <br />- n° 29, estiu de 97 : « E vèja’qui perque me sonhave », « Lo Marevú », « Lo Marcelàs » <br />- n° 30, endarreir de 97 : « Lo Fernand », « La maire Lucía », « La Victorina delh Clòvis », « La tanta Victorina » <br />- n° 31, ivern de 97-98 : “Lo cosin Giraud” <br />- n° 32, prima de 98 : « Quand gardave las chabras » <br />- n° 38, ivern de 99-2000 : « Quauques proverbes e ditons »<br />- n° 43, estiu de 2001 : « Aviá ‘na possa coma un soudard », « Recèpta per faire coire un gralhàs »<br />- n° 45, prima de 2002 : « Dos paures inocents », « lo Toton e la Tatà »<br />- n° 51, ivern de 2005 : « Costumas d’en bas de dinc lo temps » <br />- n° 52, prima de 2005 : « Lo paire Colomb d’ès Montanhac » <br />- n° 54, ivern de 2005-2006 : « Lo paire Fortunet » <br />- n°63, prima de 2009 : « Lo 8 de mai 1945 vès nosautres » <br />- n° 65, ivern de 2009 : « Marçau » <br />- n° 66, prima de 2010 : « Quand moriguèt lo poèta… » <br />- n° 69, ivèrn de 2011 : « L’òme delh boisson » <br />- n° 71, estiu de 2011 : « A Sent Ròch vès Antraiga » <br />- n° 77, prima de 2013 : « Grabuja per d’aiga »<br /><br /> <strong>Cronique « La Mamet o contava » dans <em>Lo Grinhon</em></strong> <br /><br />- n° 34, ivern de 98-99 : « Lo Xavièr la Peta d’ès Lubancs » <br />- n° 35, prima de 99 : « La vianda d’a l’entorn de l’òs », « l’erba d’a l’entorn delh ranc »<br />- n° 36, estiu de 99 : « Lo Pière de Tenàs d’ès lo Nogièr »<br />- n° 37, endarreir de 99 : « L’oncle Ilarion », « Lo Lebraut », « La bòna sœur qu’èra benlèu una espiona » <br />- n° 39, prima de 2000 : « Atens batema ! »<br />- n° 40, estiu de 2000 : « Lo petit Jules » <br />- n° 42, prima de 2001 : « La malimpara » <br />- n° 44, endarreir de 2001 : « Una istoira de trèva » <br />- n° 48, prima-estiu de 2003 : « Una glaça per se miralhar » <br />- n° 50, prima de 2004 : « Charivari » <br /><br /><strong>Poèmes dans <em>Lo Grinhon</em></strong> <br /><br />- n° 59, endarreir de 2007 : « L’auratge »</p>
<hr />]]></dcterms:description>
    <dcterms:creator><![CDATA[Nouaille, Marc]]></dcterms:creator>
    <dcterms:publisher><![CDATA[Centre interrégional de développement de l&#039;occitan (Béziers)]]></dcterms:publisher>
    <dcterms:publisher><![CDATA[Recherche en domaine occitan (Montpellier)]]></dcterms:publisher>
    <dcterms:date><![CDATA[2016-11-22]]></dcterms:date>
    <dcterms:issued><![CDATA[2019-03-13 Aurélien Bertrand]]></dcterms:issued>
    <dcterms:license><![CDATA[Creative commons = BY - NC - ND]]></dcterms:license>
    <dcterms:relation><![CDATA[Vignette : https://vidas.occitanica.eu/files/square_thumbnails/7ed26463070997f4de4627f15b1b2655.jpg]]></dcterms:relation>
    <dcterms:isPartOf><![CDATA[Parti Communiste]]></dcterms:isPartOf>
    <dcterms:format><![CDATA[text/html]]></dcterms:format>
    <dcterms:language><![CDATA[fre]]></dcterms:language>
    <dcterms:type><![CDATA[Text]]></dcterms:type>
    <dcterms:identifier><![CDATA[http://vidas.occitanica.eu/items/show/2084]]></dcterms:identifier>
    <dcterms:bibliographicCitation><![CDATA[<p style="text-align: justify; line-height: 150%;">- Revue <em>Lo Grinhon</em> de l’Association Parlarem En Vivarés. <br /><br />- Brochure <em>Montagnac</em> d’Auguste Chambouleyron.</p>]]></dcterms:bibliographicCitation>
    <dcterms:spatial><![CDATA[Ardèche (France)]]></dcterms:spatial>
    <dcterms:temporal><![CDATA[1939-1945]]></dcterms:temporal>
    <dcterms:temporal><![CDATA[1945-1968]]></dcterms:temporal>
    <dcterms:temporal><![CDATA[1968-...]]></dcterms:temporal>
</rdf:Description><rdf:Description rdf:about="https://vidas.occitanica.eu/items/show/2067">
    <dcterms:title><![CDATA[Castan, Félix-Marcel (1920-2001)]]></dcterms:title>
    <dcterms:subject><![CDATA[Écrivain]]></dcterms:subject>
    <dcterms:description><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Poète de langue dʼÒc, historien de la littérature et de la civilisation occitane, penseur et acteur de la décentralisation culturelle en France.</p>
<h2>Autres formes du nom</h2>
<h2>Identité</h2>
<h3><b>Formes référentielles</b></h3>
<p style="text-align: justify;">Castan, Félix-Marcel (1920-2001)</p>
<h3>Autres formes connues</h3>
<p style="text-align: justify; line-height: 150%;">- Castan, Félix (nom à l'état civil)</p>
<h3>À propos des différentes formes du nom</h3>
<p style="text-align: justify;">Félix CASTAN <br />A lʼétat civil, il se prénomme Félix (en souvenir de son arrière-grand-père paternel), Paul (en souvenir de son grand-père maternel), Marcel (en souvenir de la meilleure amie de sa mère).<br /><br />A partir de 1978 (année du décès de son épouse Marcelle Dulaut), il signera Félix-Marcel Castan. Dans les chroniques nécrologiques, on trouve aussi la graphie « <em>Castanh</em> ».</p>
<h2>Éléments biographiques</h2>
<p style="text-align: justify;">Félix CASTAN naît le 1er Juillet 1920 à Labastide-Murat (46). Son père est ingénieur aux Ponts et Chaussées, sa mère professeur de français. Lʼoccitan est la langue maternelle de son père (il apprend le français à lʼécole). Sa mère le comprend mais refuse de le parler. <br /><br />Son enfance se passe à Moissac (82). Mais la crue du Tarn en 1930 va détruire la maison familiale. Un an après, la famille sʼinstalle à Montauban, 30, rue de la Banque. Lʼadaptation à cette nouvelle vie est difficile pour la mère, Hélène. Elle sombre dans une profonde dépression. Félix a alors 12 ans. Il se rend compte que la seule chose qui rende le sourire à sa mère est de parler de littérature. <br /><br />Car sa mère écrit et lui apprend la versification. En 1935, nous trouvons son premier cahier de 17 poèmes en vers classiques (en langue française). Ce qui frappe le plus, cʼest la maîtrise du lyrisme : peu dʼétats dʼâme, par contre un sens déjà aiguisé de la critique...<br /><br />À cette époque il découvre un auteur pour lequel il gardera jusquʼà la fin de sa vie un sentiment de fraternité profonde : Germain Nouveau.<br /><br />Il passe un baccalauréat «&nbsp;Math.élèm&nbsp;» pour faire plaisir à son père puis le bac « Philo ». Sa mère lʼenvoie donc à Paris en Khâgne à Louis Le Grand. À cette époque, il rêve de partir aux Etats Unis.<br /><br />En mai 1939, il tombe malade et se retrouve à Labastide-Murat chez sa grand-mère. Il ne sera rétabli quʼà la fin de lʼannée 1940 : de là date sa passion pour la langue et la littérature occitanes. <br /><br />Il trouve une embauche à Léribosc. Mais il lui faut partir aux Chantiers de Jeunesse, service obligatoire. Il s’en va en octobre 1941 à Castillon en Couserans, avec une adresse en poche (M. André Barrès, à Orignac près de Bagnères de Bigorre, membre du PCF, qui professe un marxisme chrétien). Cʼest auprès de cet homme qu’il découvre le marxisme et le communisme. <br /><br />Libéré en 1942, il revient à Léribosc où on lui a gardé sa place dʼouvrier agricole. Il a toutes ses soirées pour lire, écrire, entretenir ses correspondances : le groupe de Montauban (les poètes Malrieu et Albouy), les peintres Marcelle Dulaut et Lapoujade, la philosophe Odette Penot. Avec eux, il découvrira le jazz chez Panassié. Dʼautre part, il est en correspondance régulière avec les occitanistes : Ismaël Girard, René Nelli, Max Rouquette, Robert Lafont. En décembre 1944, nous le retrouvons engagé volontaire, encaserné à Montauban dans le 1er bataillon de marche dit bataillon Cottaz - 2<sup>ème</sup> Compagnie. Il adhère au Parti Communiste.<br /><br />En avril 1945, il participe aux combats de la Pointe de Grave puis le bataillon remonte vers Strasbourg. En décembre 1945, Félix Castan contracte une deuxième longue maladie et passe quelques mois entre la vie et la mort. En 1946, il est guéri. Il rentre à Montauban où il est censé préparer le concours de lʼEcole Normale d’instituteurs. <br /><br />Un grand projet lʼanime en 1946-47 : rassembler tous les poètes français et occitans dʼOccitanie en une publication en hommage à Joë Bousquet. Malgré le soutien de Bousquet et de Marcenac, ce projet ne verra jamais le jour... Cʼest sûrement la première désillusion. Mais le travail a été fait et on peut penser que le fameux numéro spécial dʼ<em>Oc</em> de 1948 dont il est le rédacteur en chef en est le prolongement. Pour la partie française nʼapparaissent que quatre textes publiés sous le titre <em>Montauban-Epopée</em> (Éd. Mòstra, 1979). Il y donne un texte daté de 1944 quʼil considérait comme son dernier texte en langue française. Il contient toute son adhésion à la langue occitane.<br /><br />Dans les années 50, lʼaction militante au Parti Communiste lʼoccupe particulièrement au travers dʼune amitié indéfectible avec le journaliste Maurice Oustrières.<br /><br />Cʼest à cette époque que débute la relation amoureuse avec <a title="Consulter/télécharger la biographie de Marcelle Dulaut" href="http://occitanica.eu/pdf/1502-06-Biografia-Marcela-Dulaut.pdf" target="_blank" rel="noopener">Marcelle Dulaut</a>. Elle est peintre. Cʼest elle qui illustre son recueil qui paraît dans la collection <em>Messatges</em> en 1951. Ils se marient en décembre 1953.<br /><br />Quelques mois auparavant, ils organisent au Musée Ingres de Montauban une exposition rétrospective de lʼœuvre de Lucien Andrieu. Félix Castan y donne une conférence importante, publiée en 1954 dans lʼalbum qui suit lʼexposition. Sur la lancée, le Groupe «&nbsp;Art Nouveau&nbsp;» se constitue : organisateur du Salon du Sud-Ouest (lʼancêtre de la <em>Mòstra del Larzac</em>). De 1954 à 1963, il organise avec Marcelle Dulaut qui en est la directrice artistique le Salon du Sud-Ouest qui deviendra <em>la Mostra del Larzac</em> de 1969 à 1997.<br /><br />La première structure est née : dans le domaine des arts plastiques. Lʼidée du Festival de Montauban, qu’il animera plusieurs années durant, est déjà en germe. Sa sœur, Jeanne, inscrite au Cours Dulin après la guerre, est devenue comédienne. Une lettre de janvier 54 témoigne de lʼintérêt quʼils portent à Antoine Dubernard, auteur de théâtre occitan (limousin) sur lequel elle travaille... Jeanne sʼorientera finalement vers le théâtre du <em>Siglo de Oro</em> espagnol pour créer le Festival dʼArt Dramatique de Montauban en 1957. En parallèle, Félix Castan prévoit une Biennale Occitane de Poésie. <br /><br />En 1958, apparaît la quatrième structure créée par Castan : le Forum de la Décentralisation. Félix Castan, organisateur et théoricien de lʼaction culturelle, acteur farouchement autonome, se réinstalle à Montauban où il devient professeur de français au Collège de la Fobio, alors que Marcelle Dulaut est professeur de dessin au Lycée Michelet. Le poète reste seul avec son travail. Il se sait mal compris par ses amis intellectuels de jeunesse. Ascèse définitive : silencieusement, il poursuit son œuvre. Nous savons quʼen 1959, il a déjà entamé la série des <em>Prophéties</em> (<em>sus la Patz)</em>, qui seront publiées dans le recueil <em>Jorn</em> en 1972.<br /><br />1962 voit naître un projet qui le passionnera : une agence de publicité qui pourrait financer une maison dʼédition occitane ! Tout est prévu, les financements sont prêts... au dernier moment, lʼassocié inquiet de ce choix dʼédition le lâche... lʼOccitanie crée décidément bien des problèmes!..<br /><br />En 1964, Art Nouveau perd son lieu dʼexposition. Il se réfugie au Château de Nérac. Commence alors la recherche dʼun lieu (qui sera <em>la Mòstra del Larzac</em>) et dʼun financement autonome&nbsp;: un collectage de vanneries traditionnelles à partir du travail de lʼethnologue Maurice Robert, qui le passionne et le met en contact avec de nombreux locuteurs naturels.<br /><br />En 1965 éclate une violente crise interne du comité du Festival de Montauban, qui se poursuit au tribunal (des contrats avaient été signés conjointement auprès de plusieurs compagnies par des membres différents et tous ne pouvaient être honorés). Jeanne, Félix, Marcelle et quelques autres membres sont exclus de lʼassociation. Jeanne perd sa santé, Félix sʼarc-boute jusquʼau jugement, où lui, sa sœur et son épouse sont réhabilités, réhabilitation qui laisse pourtant le Festival exsangue.<br /><br />Il crée la même année le Centre International de Recherches et de Synthèse du Baroque et, dans ce cadre, il dirige la revue <em>Baroque</em> (Association des Publications de la Faculté des Lettres et Sciences Humaines - Toulouse 1965). Plus tard, le C.N.R.S., le Centre National des Lettres et les Editions Cocagne deviennent partie prenante. La revue deviendra <em>Lucter</em> en 1971.<br /><br />Sa mère décède au printemps 1966 dʼune longe maladie. Il lui dédie l’«&nbsp;<em>Oda a ma maire</em>&nbsp;» publiée dans <em>Jorn</em>.<br /><br />Dans les années 1960, il crée la revue <em>Cocagne</em> (revue dʼactualité culturelle).<br /><br />En 1968 : il prend une retraite anticipée et commence à réhabiliter (il y faudra plus de 5 ans) l’ancien relais de poste qui deviendra la <em>Mostra del Larzac</em>. <br /><br />1969 marque la première exposition de la <em>Mostra del Larzac</em> au milieu des travaux inachevés. Notons que les statuts de la <em>Mostra</em> comportent une section "édition". Pierre Viaud est responsable de la mise en page, Félix Castan du choix dʼédition. Tous les deux porteront au jour la publication complète et définitive de lʼœuvre de Roger Milliot (salué par Seghers dans son A<em>nthologie des Poètes Maudits</em>, grâce à la parution in extremis du livre). Milliot était un ami très proche, familier de la maison, associé de Marcelle Dulaut dans un atelier de modelage et de dessin pour enfants. Il accroche les expos dʼArt Nouveau. Il se suicide en 1968, laissant une œuvre poétique brève et dense.<br /><br />L’édition de cette œuvre est la première réussite éditoriale de Félix Castan. Dʼautres viendront : <em>Rien</em> de Bernard Derrieu, <em>Lo plag</em> de Max Allier…<br /><br />De 1969 à 1973, le Festival de Montauban survit contre toute attente. Les subsides ont très sensiblement diminué : le Ministère nʼappuie plus une action qui a été perturbée par les conflits internes. Les rêves de production de cette époque ne seront jamais réalisés : entre autre <em>La Tragédie du Roi Christophe</em> dʼAimé Césaire...<br /><br />En 1971, la revue <em>Cocagne</em> devient <em>Lucter</em>.<br /><br />Après le décès brutal de Marcelle Dulaut au printemps 1978, la <em>Mostra</em> perdure sous sa première forme (rassembler et confronter toutes les tendances) jusquʼen 1983. Par la suite, elle sʼapplique à montrer et étudier une tendance ou un groupe particulier. En 1983 les éditions Mostra sont ainsi transmises aux Éditions Cocagne aujourdʼhui responsables de lʼédition de son œuvre. A la fin des années 1980, Félix Castan entame son travail sur lʼœuvre dʼOlympe de Gouges dont beaucoup reste à publier.<br /><br />Il achève sa vie auprès de sa compagne Betty Daël, directrice des Editions Cocagne. Ils se marient en 1998.<br /><br /><br />Les dix dernières années de sa vie, il réfléchit à une histoire de la lyrique occidentale depuis les origines. Il relit par exemple Grégoire de Narek, les grands poètes de langue arabe...<br /><br />Il décède le 22 Janvier 2001.<br /><br />Terminons avec une citation extraite <em>dʼHétérodoxies</em>&nbsp;: «&nbsp;La loi véritable de la vie culturelle nʼest pas une loi unitariste. Lʼ universalité porte, inscrite dans ses gènes, la multiculturalité : on pense trop souvent, naïvement, la culture en termes statiques, espaces vides, masses immobiles... Son patrimoine génétique assure lʼinfini renouvellement, la dialectique créatrice des cultures. Il nʼy a de culture que dans une permanente genèse de la diversité par la diversité.&nbsp;»</p>
<h2>Engagement dans la renaissance d'oc</h2>
<p style="text-align: justify;">Félix Castan découvre la littérature occitane en 1939 durant sa maladie à Labastide-Murat à travers les œuvres de Cubaynes et Perbosc, grâce à des livres que lui porte l’instituteur du village. Il prend contact avec Cubaynes en février 1940 (la réponse de Cubaynes est datée de février 1940). <br /><br />Début 1941, il rentre à Montauban où il apprend à ses parents, sidérés, quʼil veut devenir ouvrier agricole pour apprendre la langue dʼOc. Il rencontre Ismaël Girard en 1942, Nelli en 1943, ainsi que Lafont, Max Rouquette... <br /><br />En 1945, juste avant le combat de la Pointe de Grave, il envoie 200 F. à Girard pour la constitution de lʼI E O.<br /><br />Ses débuts dʼécriture poétique en langue dʼoc datent des années 1940. Il envoie ses textes à Perbosc qui lui répond en janvier 43.<br />Il est rédacteur en chef de la revue <em>Òc</em> de 1948 à 1954.<br />Il participe à la réflexion et à la mise en place de l’IEO : méthodes de travail, pédagogie, critique littéraire…<br /><br />En 1954, à l’Assemblée générale de Montpellier, Castan critique la pensée économiste<br /><br />En 1954, il abandonne la rédaction dʼ<em>Òc</em>.<br /><br />En 1957, il signe avec Manciet la déclaration de Nérac.</p>
<p style="text-align: justify;">En 1963, il présente une motion dʼunité à lʼAssemblée Générale de lʼIEO. Cette motion adoptée à l’unanimité par l’Assemblée Génerale fait partie du <em>Manifèst Eretge</em>, qui sera imprimé le 4 Août 1966, mais jamais diffusé.<br /><br />Le 6 septembre 1964, à l’Assemblée générale de l’IEO à Decazeville, Girard, Castan et Manciet sont exclus de l’IEO. Le montage de textes intitulé <em>Manifèst Erètge</em> tend à faire comprendre la position des trois exclus de l’IEO. Cette exclusion est très douloureuse pour Félix Castan qui n’en continue pas moins l’action culturelle entreprise depuis les années 1950.<br /><br />De 1954 à 1963, il organise avec Marcelle Dulaut qui en est la directrice artistique le Salon du Sud-Ouest qui deviendra <em>la Mostra del Larzac</em> de 1969 à 1997, implantée aux Infruts (La Couvertoirade 12230 La Cavalerie), lieu d’expositions dʼarts plastiques et de vannerie traditionnelle, représentatives de lʼart dʼavant-garde et de la tradition occitane. Dans la belle maison caussenarde, ex relais de poste, il fait visiter les expositions et aime échanger avec les visiteurs de passage. De nombreuses années, le 15 août, il y organise des débats culturels qui rassemblent créateurs (peintres et écrivains) et acteurs de l’occitanisme. Un de ces débats est par exemple retranscrit dans le n° 33/34 de la revue <em>Mòstra</em>.<br /><br />En 1957, dans le cadre du Festival de Montauban qui deviendra en 1974, le Festival dʼOccitanie, il crée les Biennales de Poésie Occitane (1957, 1959, 1961) «&nbsp;où se confronteront des poètes de langue française et des poètes de langue dʼoc&nbsp;». Lʼidée de cette Biennale découle directement de la fameuse Déclaration de Nérac.<br /><br />En 1959, Félix appelle les écrivains dʼOc à signer cette Déclaration en prévision de la deuxième Biennale de 1960 où se rencontreront français, occitans et espagnols. La 3ème et dernière Biennale aura lieu en 1962 (rencontre poésie / cinéma expérimental).<br /><br />En 1972, il édite son recueil <em>Jorn</em>&nbsp;: six longs textes dont deux odes, deux satires et deux prophéties datés de 1959 à 1966. Les prophéties font référence au prophète de la <em>Bible</em> Amos, issu du peuple et surtout critique de lʼinstitution religieuse et politique... <br />Ces textes donnent matière au film de Michel Gayraud <em>Mas paraulas dison quicòm</em>.<br /><br />Si le recueil ne contient que six textes, nous pouvons affirmer que la production fut beaucoup plus importante&nbsp;: il existe par exemple une «&nbsp;Ode à la Ville&nbsp;», une «&nbsp;Ode à Garonne&nbsp;»...<br /><br />Bien sûr les Editions Mostra nʼauront jamais la capacité financière de diffusion.<br /><br />1973 voit la rencontre de Castan et André Benedetto. La chanson occitane apparaît au festival, qui se réoriente, se nomme Festival dʼOccitanie, devient pluridisciplinaire. <br /><br />En 1983, il fonde le Forum dʼOccitanie qui chapeaute toutes ces structures, plus le Forum des Identités Communales, Caméra Libératrice et les Editions Cocagne.<br /><br />À la fin de sa vie, il met en place son épopée <em>Epos-Ethos</em> où la légende familiale qui a bercé son enfance lui sert de point dʼappui&nbsp;: ses deux parents s’étaient trouvés orphelins très jeunes.<br /><br />Tout au long de son existence, Félix Castan a construit en parallèle une œuvre poétique en langue dʼoc, une œuvre d'essayiste sur la décentralisation culturelle, une œuvre dʼhistorien de la culture occitane.</p>]]></dcterms:description>
    <dcterms:creator><![CDATA[Castan, Anne]]></dcterms:creator>
    <dcterms:publisher><![CDATA[Centre interrégional de développement de l&#039;occitan (Béziers)]]></dcterms:publisher>
    <dcterms:publisher><![CDATA[Recherche en domaine occitan (Montpellier)]]></dcterms:publisher>
    <dcterms:date><![CDATA[2015-06-29]]></dcterms:date>
    <dcterms:issued><![CDATA[2019-03-08 Aurélien Bertrand]]></dcterms:issued>
    <dcterms:contributor><![CDATA[Verny, Marie-Jeanne]]></dcterms:contributor>
    <dcterms:license><![CDATA[Creative commons = BY - NC - ND]]></dcterms:license>
    <dcterms:relation><![CDATA[Vignette : https://vidas.occitanica.eu/files/square_thumbnails/77e49509ead72e2c4505693329bb9260.jpg]]></dcterms:relation>
    <dcterms:isPartOf><![CDATA[Institut d&#039;Estudis Occitans (IEO)]]></dcterms:isPartOf>
    <dcterms:isPartOf><![CDATA[Parti Communiste]]></dcterms:isPartOf>
    <dcterms:format><![CDATA[text/html]]></dcterms:format>
    <dcterms:language><![CDATA[fre]]></dcterms:language>
    <dcterms:type><![CDATA[Text]]></dcterms:type>
    <dcterms:identifier><![CDATA[http://vidas.occitanica.eu/items/show/2067]]></dcterms:identifier>
    <dcterms:bibliographicCitation><![CDATA[<a href="http://lo-trobador.occitanica.eu/cgi-bin/koha/opac-search.pl?idx=au%2Cphr&amp;q=Castan%2C+F%C3%A9lix-Marcel&amp;op=and&amp;idx=kw&amp;q=&amp;op=and&amp;idx=kw&amp;q=&amp;do=Rechercher&amp;limit-yr=&amp;limit=&amp;limit=&amp;sort_by=relevance&amp;limit=&amp;limit=&amp;limit=&amp;limit=&amp;limit=&amp;limit=&amp;limit=&amp;limit=&amp;limit=&amp;limit=&amp;limit=&amp;limit=" target="_blank" rel="noopener">Voir la bibliographie de Félix-Marcel Castan dans lo Trobador, catalogue collectif occitan<br /><br /><br /></a> <a href="http://lo-trobador.occitanica.eu/cgi-bin/koha/opac-search.pl?idx=su&amp;q=Castan%2C+F%C3%A9lix-Marcel" target="_blank" rel="noopener">Voir les œuvres au sujet de Félix-Marcel Castan</a>]]></dcterms:bibliographicCitation>
    <dcterms:spatial><![CDATA[Midi-Pyrénées (France)]]></dcterms:spatial>
    <dcterms:spatial><![CDATA[Montauban (Tarn-et-Garonne)]]></dcterms:spatial>
    <dcterms:spatial><![CDATA[Tarn-et-Garonne (France)]]></dcterms:spatial>
    <dcterms:temporal><![CDATA[1945-1968]]></dcterms:temporal>
    <dcterms:temporal><![CDATA[1968-...]]></dcterms:temporal>
</rdf:Description><rdf:Description rdf:about="https://vidas.occitanica.eu/items/show/2079">
    <dcterms:title><![CDATA[Carbon, Émile (1898-19..)]]></dcterms:title>
    <dcterms:title><![CDATA[Carbon, Émile (1898- 19..)]]></dcterms:title>
    <dcterms:subject><![CDATA[Enseignant ; professeur]]></dcterms:subject>
    <dcterms:description><![CDATA[<p style="text-align: justify; line-height: 150%;">Homme de lettres. Membre de la Societat d'Estudis Occitans (SEO), puis de l&rsquo;Institut d'Estudis Occitans (IEO), actif &agrave; Marseille aux c&ocirc;t&eacute;s de Pierre Rouquette.</p>
<h2>Identit&eacute;</h2>
<h3><b>Formes r&eacute;f&eacute;rentielles</b></h3>
<p style="text-align: justify;">Carbon, &Eacute;mile (1898-19..)</p>
<h2>El&eacute;ments biographiques</h2>
<div style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify; line-height: 150%;">&Eacute;mile Carbon est n&eacute; le 29 mai 1898 &agrave; Agde, fils de Carbon Marie Joseph, capitaine au long cours, &acirc;g&eacute; de 26 ans et de son &eacute;pouse Alengry Idalie Louise Marthe, sans profession, &acirc;g&eacute;e de 25 ans. Son fr&egrave;re cadet, Roger Carbon, participera aux aventures &eacute;ditoriales de son a&icirc;n&eacute;. &Eacute;mile Carbon fait ses &eacute;tudes au lyc&eacute;e de Montpellier, puis &agrave; la Facult&eacute; des Lettres et &agrave; la Facult&eacute; de Droit de Montpellier. Licenci&eacute; &egrave;s lettres, il pr&eacute;sente une th&egrave;se pour le doctorat &egrave;s sciences juridiques sous le titre &laquo;&nbsp;le d&eacute;saveu de paternit&eacute;&nbsp;&raquo;. Il &eacute;pouse &agrave; Montpellier le 7 d&eacute;cembre 1925 Suzanne Marie Gabrielle Bonnier&nbsp;; ils auront trois enfants.</p>
</div>
<div style="line-height: 150%;">
<div style="text-align: justify;">Si les &eacute;tudes de droit d&eacute;terminent son cursus professionnel, les lettres sont sa passion. &Eacute;mile et son fr&egrave;re font partie de cette cohorte de jeunes, de la premi&egrave;re moiti&eacute; du XX<sup>e</sup> si&egrave;cle, passionn&eacute;s de po&eacute;sie et plus largement de litt&eacute;rature, qui fondent et animent de nombreuses revues litt&eacute;raires, dans lesquelles ils voient un moyen de d&eacute;buter une carri&egrave;re qui fera d&rsquo;eux des &laquo;&nbsp;hommes de lettres&nbsp;&raquo;. &Eacute;tudiant, Carbon collabore (successivement ou en m&ecirc;me temps) &agrave; trois revues de jeunes &agrave; Montpellier, c&rsquo;est le d&eacute;but d&rsquo;une passion qui ne le quittera plus.</div>
<div style="text-align: justify;">En 1915 il est directeur de la revue <em>L'Effort des jeunes</em>. Il est incorpor&eacute; en avril 1917 au 81<sup>e</sup> R&eacute;giment d&rsquo;Infanterie. Il collabore &agrave; <em>La Lanterne de Diog&egrave;ne</em>, &laquo;&nbsp;organe bimensuel des &eacute;tudiants de Montpellier&nbsp;&raquo; (n&deg; 1, 1917-n&deg; 45, juin 1920), tout en &eacute;tant cymbalier du r&eacute;giment. Fusiller mitrailleur, son attitude courageuse lui vaut d&rsquo;&ecirc;tre cit&eacute; &agrave; l&rsquo;ordre de la Brigade. Il est bless&eacute; au combat en septembre 1918 et d&eacute;cor&eacute; de la Croix de guerre avec &eacute;toile de bronze. En 1919 il publie <em>Le po&egrave;me... &agrave; l'ami mort</em>,&nbsp; po&egrave;me d&eacute;di&eacute; &agrave; Louis Miquel, tu&eacute; le 27 septembre 1918, devant Somme-Py,&nbsp; probablement&nbsp; Tahure (Marne), le jour o&ugrave; Emile Carbon est lui-m&ecirc;me bless&eacute;.</div>
<div style="text-align: justify;">Il collabore &eacute;galement &agrave; <em>Erato</em>, &laquo;&nbsp;journal litt&eacute;raire et r&eacute;gionaliste, organe de l&rsquo;Association r&eacute;gionale des Lyc&eacute;ens&nbsp;&raquo;, dont son fr&egrave;re est l&rsquo;administrateur. Cette publication &eacute;ph&eacute;m&egrave;re (5 num&eacute;ros entre janvier et P&acirc;ques 1919), dont le premier a &eacute;t&eacute; tir&eacute; &agrave; mille exemplaires, r&eacute;unit un certain nombre de jeunes qui deviendront des personnalit&eacute;s montpelli&eacute;raines. L&rsquo;association Erato propose aussi des conf&eacute;rences, par exemple d&rsquo;&Eacute;mile Carbon sur &laquo;&nbsp;le caract&egrave;re fran&ccedil;ais des chansons de geste&nbsp;&raquo; et sur &laquo;&nbsp;Verlaine&nbsp;&raquo;&nbsp;; de Roger Carbon sur &laquo;&nbsp;Ren&eacute; Bazin&nbsp;&raquo; et &laquo;&nbsp;Edmond Rostand&nbsp;&raquo;. Notons qu&rsquo;en d&eacute;pit de l&rsquo;&eacute;tiquette &laquo;&nbsp;r&eacute;gionaliste&nbsp;&raquo;, on cherche en vain un mot occitan dans la publication.</div>
<div style="text-align: justify;">Quelques ann&eacute;es plus tard, &Eacute;mile Carbon prend une part pr&eacute;pond&eacute;rante dans la publication d'une rare plaquette anthologique&nbsp;: <em>Les Amiti&eacute;s Languedociennes</em>, Imp. Firmin et Montane, 83 p., 25,7 cm X 16,7, 1925, illustr&eacute;e de 2 bois d&rsquo;Henri Martin, textes de Paul Val&eacute;ry, Jean Catel, J S Pons, A. J. Thomas, Henri Bernard, Bernard Latzarius, Jean Cocteau, Jean Camp, Yves-Blanc, Paul Castela, Delpont-Delascabras, Henri Chabrol&hellip; Lui-m&ecirc;me y donne des &laquo;&nbsp;Pri&egrave;res devant le Christ de Saint-Jean de Perpignan&nbsp;&raquo;.</div>
<div style="text-align: justify;">Ses cr&eacute;ations litt&eacute;raires en fran&ccedil;ais sont &eacute;clectiques&nbsp;; nous relevons un article dans <em>Comoedia</em> (Paris) du 19 mai 1935&nbsp;: &laquo;&nbsp;On cr&eacute;e, &agrave; Marseille, au "Rideau Gris" une pi&egrave;ce en un acte d&rsquo;Andr&eacute; Gide&nbsp;&raquo;, un roman&nbsp;: <em>Le cordonnet de soie</em>, aux Editions Gallimard, collection D&eacute;tective, 248 p., 1937. Emile Carbon est &eacute;galement le cosc&eacute;nariste et dialoguiste du film&nbsp;<em>Cap au large</em>, sorti le 25 septembre 1942, du r&eacute;alisateur Jean-Paul Paulin. Ce film de 84 mn, produit par Francinalp-Films, a &eacute;t&eacute; tourn&eacute; &agrave; Gruissan (Aude). En 1953, &Eacute;mile Carbon collabore &eacute;galement &agrave; <em>La Provence merveilleuse, des l&eacute;gendes chr&eacute;tiennes aux santons </em>(Albert Detaille, in-4, 145 p., illustr&eacute;, avec pr&eacute;face de Jean Giono). <br />Lorsque Lazare de G&eacute;rin-Ricard, en 1953, lance la revue <em>Thalassa</em>, &agrave; Marseille, il invite ses amis, en particulier les anciens de la <em>Revue de Catalogne</em>, &agrave; collaborer. <br />Si, &agrave; l&rsquo;origine, la revue bimensuelle a une grande ambition internationale et re&ccedil;oit la collaboration de plumes c&eacute;l&egrave;bres, elle d&eacute;cline assez vite et r&eacute;duit sa voilure &agrave; la Provence, devenant le lieu de publication d&rsquo;une cohorte d&rsquo;amis de jeunesse aux id&eacute;aux litt&eacute;raires fan&eacute;s. &Eacute;mile Carbon (qui y tient la chronique dramatique) la d&eacute;finira, pour sa part, comme &laquo;&nbsp;ce t&eacute;moin des jours anciens et de notre petite troupe amicale dont la plupart des membres ont rejoint la Maison du P&egrave;re&nbsp;&raquo;, un t&eacute;moin &laquo;&nbsp;qu&rsquo;il faut sauvegarder&nbsp;&raquo;. La revue dispara&icirc;t en 1965. <br />&Eacute;mile Carbon re&ccedil;oit la d&eacute;coration de Chevalier de la L&eacute;gion d&rsquo;Honneur le 21 mai 1952 en m&ecirc;me temps que Pierre Rouquette re&ccedil;oit la Cigale de Majoral et la distinction d&rsquo;Officier d&rsquo;Acad&eacute;mie (les entit&eacute;s invitantes sont le Centre Proven&ccedil;al de l&rsquo;IEO, les groupes f&eacute;libr&eacute;ens et proven&ccedil;aux de Marseille et le mouvement f&eacute;d&eacute;raliste &laquo;&nbsp;la F&eacute;d&eacute;ration&nbsp;&raquo;, de Marseille). <br />&Eacute;mile Carbon est bri&egrave;vement professeur au lyc&eacute;e de Montpellier. On le retrouve Directeur de la Caisse d&rsquo;Epargne. C&rsquo;est certainement pour des raisons professionnelles qu&rsquo;il quitte Montpellier pour Marseille, o&ugrave; il devient directeur d&rsquo;une soci&eacute;t&eacute; d&rsquo;Habitations &agrave; Bon March&eacute; (vers 1930). Il a d&ucirc; y faire carri&egrave;re, car en 1968 une de ses lettres porte en en-t&ecirc;te : &laquo;&nbsp;Soci&eacute;t&eacute; anonyme r&eacute;gionale d&rsquo;habitations &agrave; loyer mod&eacute;r&eacute; de Marseille, si&egrave;ge social&nbsp;: 21, rue Mar&eacute;chal-Fayolle&raquo;. <br />
<h2>Engagement dans la renaissance d&rsquo;Oc</h2>
En l&rsquo;&eacute;tat actuel de notre documentation l&rsquo;engagement occitaniste d&rsquo;&Eacute;mile Carbon nous semble &eacute;troitement li&eacute; &agrave; son amiti&eacute; avec un acteur essentiel de la cause d&rsquo;oc en Provence, Pierre Rouquette. En effet &agrave; Marseille il se lie d&rsquo;amiti&eacute; durable avec cet avocat, homme de lettres et occitaniste, qui anima la revue <em>La Coupo</em> (21 num&eacute;ros entre f&eacute;vrier 1918 et octobre 1919). &Eacute;mile Carbon participera &agrave; toutes les initiatives lanc&eacute;es par ce dernier dans le champ occitan.<br /> En 1926 on le trouve aux c&ocirc;t&eacute;s de P. Rouquette &agrave; la cr&eacute;ation des &laquo;&nbsp;Amiti&eacute;s m&eacute;diterran&eacute;ennes&nbsp;&raquo;, &agrave; Marseille, qui s'int&eacute;ressent &agrave; la vie et &agrave; la culture catalanes, et regroupent des personnalit&eacute;s comme le compositeur Pierre G. Bourgoin, l'hell&eacute;niste Guastalla, le peintre Val&egrave;re Bernard, etc. en liaison avec la Fundaci&oacute; Bernat Metge, l&rsquo;&eacute;quivalent catalan de l&rsquo;Association fran&ccedil;aise Guillaume Bud&eacute;, pour la traduction, l&rsquo;&eacute;dition et la promotion des classiques gr&eacute;co-romains. Lors de leur rencontre &agrave; Barcelone, P. Rouquette et le directeur de la Fundaci&oacute; Bernat Metge, Joan Estelrich, con&ccedil;oivent une revue en langue fran&ccedil;aise pour faire conna&icirc;tre la culture catalane en Europe, avec la collaboration d&rsquo;hommes de lettres et d&rsquo;artistes catalans et fran&ccedil;ais, et l&rsquo;appui financier de Francesc Camb&oacute;, homme d&rsquo;affaires, m&eacute;c&egrave;ne et homme politique catalan de premier plan. Ainsi na&icirc;t le 25 mars 1929 &agrave; Marseille <em>La Revue de Catalogne</em>. P. Rouquette en est le directeur litt&eacute;raire, avec l&rsquo;aide de ses amis des Amiti&eacute;s M&eacute;diterran&eacute;ennes&nbsp;: &Eacute;mile Carbon comme r&eacute;dacteur en chef, Ren&eacute; Guastalla administrateur, Roger Carbon et Lazare de G&eacute;rin-Ricard secr&eacute;taires de r&eacute;daction. En d&eacute;pit de la qualit&eacute; du contenu et du soutien financier du m&eacute;c&egrave;ne, la parution de la revue s&rsquo;interrompt apr&egrave;s son cinqui&egrave;me num&eacute;ro (1er ao&ucirc;t 1929), &agrave; cause de l&rsquo;insuffisance des abonnements. <br /><br />&Eacute;mile Carbon n&rsquo;a pas laiss&eacute; une &oelig;uvre en proven&ccedil;al (&agrave; titre anecdotique, signalons qu&rsquo;il a d&eacute;di&eacute; &agrave; son ami un po&egrave;me en proven&ccedil;al, graphie mistralienne&nbsp;: &laquo;&nbsp;Dins nostre cami&nbsp;&raquo;, trois quatrains, &laquo;&nbsp;Per lou Peire amb&eacute; moun affecioun&nbsp;&raquo;, dat&eacute;s de Marsilho 1/1/1938). Il s&rsquo;en explique : &laquo;&nbsp;Excuse moi de te r&eacute;pondre dans la langue des conqu&eacute;rants mais si je peux parler la n&ocirc;tre sans trop de ridicule je ne la poss&egrave;de malheureusement pas assez pour y mouler ma pens&eacute;e en l&rsquo;&eacute;crivant&nbsp;&raquo; (2/05/1939). Dans cette m&ecirc;me lettre il dit ne pas avoir la &laquo;&nbsp;flamme d&eacute;voratrice&nbsp;&raquo; de son ami, mais se dit &laquo;&nbsp;patriote proven&ccedil;al&nbsp;&raquo; et juge &laquo;&nbsp;int&eacute;ressantes&nbsp;&raquo; les propositions de Robert Fabre-Luce de cr&eacute;ation &laquo;&nbsp;d&rsquo;un mouvement de n&eacute;o-provincialisme&nbsp;&raquo; (proche du s&eacute;paratisme) d&eacute;velopp&eacute;es dans Marseille-Matin du 3 ou 4 mai 1939. Les fr&egrave;res Carbon sont adh&eacute;rents &agrave; la Societat d&rsquo;Estudis Occitans (SEO), fond&eacute;e en 1930, et revitalis&eacute;e en 1939 par le catalan en exil Josep Carbonell. &Agrave; cette date &Eacute;mile fait partie de la d&eacute;l&eacute;gation de la SEO de Marseille, aux c&ocirc;t&eacute;s de &Eacute;mile Bodin, Charles Camproux, Antoni Conio, Paul Eyssavel, Jorgi Reboul, Paul Ricard et P&egrave;ire-Joan Roudin (Pierre Rouquette). Son nom &laquo;&nbsp;&Eacute;mile Carbon, doctor en Droit&nbsp;&raquo; (sic) figure dans la liste des membres du Conseil d&rsquo;Administration dans le papier &agrave; lettres de la SEO de 1939. <br />&Agrave; la Lib&eacute;ration est fond&eacute; &agrave; Toulouse l&rsquo;Institut d&rsquo;Estudis Occitans (IEO), qui prendra la suite de la SEO. Lorsque P. Rouquette cr&eacute;e &agrave; Marseille sa section proven&ccedil;ale, le &laquo;&nbsp;Centre Proven&ccedil;al de l&rsquo;IEO&nbsp;&raquo;, &Eacute;. Carbon le rejoint. Dans les ann&eacute;es 1945-1950, tandis que P. Rouquette donne des cours publics hebdomadaires de proven&ccedil;al et des causeries &agrave; Radio-Provence, &Eacute;. Carbon, qualifi&eacute; par son ami d&rsquo;&nbsp;&laquo;&nbsp;incomparable animateur&nbsp;&raquo;, lance un &laquo;&nbsp;Cercle Occitan&nbsp;&raquo;, avec une formule d&rsquo;ap&eacute;ritifs litt&eacute;raires hebdomadaires, tout en participant au cycle des &laquo;&nbsp;&OElig;uvres racont&eacute;es&nbsp;&raquo; (Mistral et Mireille, Calendal par exemple). Il donne &eacute;galement des conf&eacute;rences ou des causeries&nbsp;: par exemple sur l&rsquo;&oelig;uvre po&eacute;tique de Ren&eacute; Nelli le 13 avril 1953&nbsp;; une &laquo;&nbsp;Introduction &agrave; l&rsquo;Art Roman&nbsp;&raquo; dans le cycle m&eacute;di&eacute;val en 1960-61, une conf&eacute;rence sur Manolo Hugu&eacute; &agrave; la Maison Gasconne en f&eacute;vrier 1978&hellip; Car le Centre se veut un foyer de culture humaniste, non seulement proven&ccedil;al, mais ouvert &agrave; toute l&rsquo;Occitanie, Catalogne comprise, embrassant tous les aspects de la culture. C&rsquo;est aussi un lieu de diffusion des id&eacute;es r&eacute;gionalistes et de d&eacute;bats. Ainsi fait-il un expos&eacute; le 12 janvier 1953 sur le N&eacute;o-R&eacute;gionalisme qui sera suivi de d&eacute;bats, et un autre intitul&eacute; &laquo;&nbsp;Qu&rsquo;est-ce que l&rsquo;Occitanisme&nbsp;?&nbsp;&raquo; au Foyer Massalia dans les ann&eacute;es 1970. <br /><br />Pendant plusieurs d&eacute;cennies &Eacute;mile Carbon est donc un proche collaborateur de Pierre Rouquette. Il est membre du Conseil d&rsquo;Administration du Centre Proven&ccedil;al, ainsi que Am&eacute;d&eacute;e Muset, professeur d&rsquo;espagnol, et Mme Ma&iuml;th&eacute; Pin-Dabadie femme de lettres partageant sa vie entre Bagn&egrave;res-de-Bigorre et Marseille. Il en est un temps le vice-pr&eacute;sident et c&rsquo;est &agrave; ce titre qu&rsquo;il pr&eacute;sente le conf&eacute;rencier Robert Lafont venu parler de la Grenade entr&rsquo;ouverte le 14 octobre 1960. Il est abonn&eacute; &agrave; <em>Oc</em> et aux <em>Annales de l&rsquo;IEO</em>, et participe financi&egrave;rement &agrave; la Cause, tout en &eacute;tant membre du Conseil d&rsquo;&Eacute;tudes de l&rsquo;IEO (cf. listes de 1947, 1949 et 1962). Tout naturellement &Eacute;. Carbon collabore &agrave; <em>L&rsquo;Ase negre</em>, &laquo;&nbsp;organ occitanista mesadier&nbsp;&raquo;, successeur d&rsquo;<em>Occitania</em>, fond&eacute; par le trio Robert Lafont, L&eacute;on Cordes et H&eacute;l&egrave;ne Cabanes en 1946. Ainsi il &eacute;crit par exemple en &eacute;ditorial en premi&egrave;re page du n&deg; 7, de f&eacute;vrier-mars 1947, &laquo;&nbsp;Faire Province&nbsp;&raquo;. En 1955 il participe avec P. Rouquette, Pierre-Louis Berthaud, Robert Lafont et un certain G&eacute;rard (dont le pr&eacute;nom est inconnu) au projet (inabouti) de publication <em>Pr&eacute;sentation de la Provence</em> que devait r&eacute;aliser l&rsquo;IEO. Cette initiative fait suite &agrave; la parution l&rsquo;ann&eacute;e pr&eacute;c&eacute;dente de la brochure <em>Pr&eacute;sentation du Languedoc,</em> &agrave; laquelle ont collabor&eacute; Charles Camproux, Max Rouquette, Robert Lafont, Max Allier, L&eacute;on Cordes&hellip; avec pr&eacute;face de Jean Cassou. <br /><br />En 1963, il vient de prendre la retraite quand il lit dans <em>Oc</em> le d&eacute;but du roman de Jean Boudou, <em>Lo Libre dels grands jorns,</em> qui l&rsquo;impressionne favorablement&nbsp;: &laquo;&nbsp;J&rsquo;admire non sans quelque nostalgie ces jeunes&nbsp;&raquo;, dit-il et il constate avec tristesse que, pour sa part, il &laquo;&nbsp;est un &eacute;crivain mort jeune&nbsp;&raquo;. (corr du 13/08/1963 adress&eacute;e &agrave; Pierre Rouquette). <br />Dans les ann&eacute;es 1960-1970 la question de la r&eacute;gionalisation anime les d&eacute;bats publics auxquels participe le Centre Proven&ccedil;al. Dans le sillage de mai 1968, avec l&rsquo;arriv&eacute;e d&rsquo;une nouvelle g&eacute;n&eacute;ration de militants, le mouvement occitan se radicalise. Cette &eacute;volution est mal accept&eacute;e par le Conseil d&rsquo;administration du Centre Proven&ccedil;al (dont fait partie Carbon), partisan d&rsquo;un r&eacute;gionalisme humaniste. Le Centre proven&ccedil;al quitte l&rsquo;IEO et prend le nom de &laquo;&nbsp;Centre Proven&ccedil;al de Culture Occitane&nbsp;&raquo;. Il explique publiquement les raisons de cette rupture dans une feuille intitul&eacute;e &laquo;&nbsp;Occitanisme et Marxisme, une mise au point du Centre Proven&ccedil;al de Culture Occitane&nbsp;&raquo; (ron&eacute;ot&eacute;e, sans date ni signatures) qui r&eacute;affirme son &laquo;&nbsp;r&eacute;gionalisme humaniste&nbsp;&raquo;, et s&rsquo;&eacute;l&egrave;ve contre la &laquo;&nbsp;pr&eacute;tention&nbsp;&raquo; de certains occitanistes &laquo;&nbsp;d&rsquo;analyser la situation du Peuple d&rsquo;Oc dans une optique de lutte des classes et d&rsquo;&eacute;tablir ainsi une &eacute;troite relation entre l&rsquo;Occitanisme et le Marxisme&nbsp;&raquo;.</div>
</div>]]></dcterms:description>
    <dcterms:description><![CDATA[<p style="text-align: justify; line-height: 150%;">&Ograve;me de Letras, s&ograve;ci de la Societat d&rsquo;Estudis Occitans (SEO), pu&egrave;i de l&rsquo;Institut d&rsquo;Estudis Occitans (IEO), actiu a Marselha al costat de P&egrave;ire Roqueta.</p>
<h2>Identitat</h2>
<h3><b>Formas referencialas</b></h3>
<p style="text-align: justify;">Carbon, &Eacute;mile (1898-19..)</p>
<h2>Elements biografics</h2>
<p style="text-align: justify; line-height: 150%;">Emili Carbon nais lo 29 de mai de 1898 a Agde, filh de Maria Jos&egrave;p, capitani de long cors, vi&egrave;lh de 26 ans e de sa molh&egrave;r Alengry Idalia Lo&iuml;sa Marta, sens mesti&egrave;r, vi&egrave;lha de 25 ans. Son cabd&egrave;t, Rogi&egrave;r Carbon, participar&agrave; a las aventuras editorialas de son ainat. Emili Carbon est&uacute;dia al Lic&egrave;u de Montpelhi&egrave;r, pu&egrave;i a la Facultat de Letras e a la Facultat de Drech de Montpelhi&egrave;r. Licenciat en Letras, presenta una t&egrave;si pel doctorat en sciencias juridicas jol t&iacute;tol &laquo; la desavoacion de paternitat &raquo;. Marida a Montpelhi&egrave;r lo 7 de decembre de 1925 Susana Maria Gabri&egrave;la Bonnier, aur&agrave;n tres dr&ograve;lles.<br /> Los estudis de drech decidisson de son avenir professional, mas es passionat per las Letras. Emili e son fraire fan partida d&rsquo;una co&ograve;rt de joves de la primi&egrave;ra mitat del s&egrave;gle XX, afogats per la poesia e per la literatura en general, que fondan e animan un fum de revistas liter&agrave;rias. Veson dins aquelas revistas un mejan de comen&ccedil;ar una carri&egrave;ra que far&agrave; d&rsquo;eles d&rsquo; &laquo; &ograve;mes de letras &raquo;. <br />Emili Carbon collab&ograve;ra a tres revistas de joves a Montpelhi&egrave;r, &ccedil;&ograve; que prov&ograve;ca aquela passion que lo quitar&agrave; pas mai. En 1915, es director de la revista <em>L&rsquo;Effort des jeunes</em>.<br /> En abrial de 1917, es mandat al 81&deg; Regiment d&rsquo;Infantari&aacute;. Dementre qu&rsquo;es cimbali&egrave;r del regiment, collab&ograve;ra a <em>La Lanterne de Diog&egrave;ne</em>, jornal bimesadi&egrave;r dels estudiants de Montpelhi&egrave;r (n&deg; 1, 1917 &ndash; n&deg; 45, junh de 1920). Fusilhi&egrave;r mitralhaire, son actitud coratjosa li val d&rsquo;&egrave;stre citat a l&rsquo;&ograve;rdre de la Brigada. Es nafrat al combat en setembre de 1918 e decorat de la Crotz de Gu&egrave;rra ambe est&egrave;la de bronze.<br />Collab&ograve;ra tanben a <em>Erato</em>, jornal literari e regionalista, organ de l&rsquo;<em>Associacion regionala dels Liceans</em>, que son fraire n&rsquo;es l&rsquo;administrator. Aquela publicacion efem&egrave;ra &ndash; 5 num&egrave;ros entre geni&egrave;r e Pascas de 1919 &ndash; que son primi&egrave;r num&egrave;ro fogu&egrave;t tirat a mila exemplars, acampa de joves que vendr&agrave;n de personalitats montpelhierencas. L&rsquo;associacion <em>Erato</em> organiza tanben de confer&eacute;ncias, per exemple d&rsquo;Emili Carbon sus &laquo; lo caract&egrave;r de las can&ccedil;ons de g&egrave;sta e sus Verlaine &raquo;, e tanben de Rogi&egrave;r Carbon sus &laquo; Renat Bazin e Edmond Rostand &raquo;. Cal notar que malgrat son etiqueta &laquo; regionalista &raquo; cercam de badas un mot occitan dins la publicacion.<br /><br /> Qualques annadas apr&egrave;s, Emili Carbon participa activament a la publicacion d&rsquo;un rar libret antologic : &laquo; Les Amiti&eacute;s languedociennes &raquo; (Imp. Firmin e Montane, 83 p., 25,7x 16,7, 1925) illustrat de doas escrinceladuras d&rsquo;Enric Martin, t&egrave;xtes de Paul Val&egrave;ri, Joan Catel, J.S. Pons, A.J. Tom&agrave;s, Enric Bernard, Bernat Larzarius, Joan Cocteau, Joan Camp, Ives Blanc, Paul Castela, Delpont-Delascabras, Enric Chabr&ograve;l... El meteis i balha de &laquo; Pri&egrave;res devant le Christ de Saint-Jean de Perpignan &raquo;. <br />Sas creacions liter&agrave;rias en franc&eacute;s son eclecticas ; pod&egrave;m legir un article dins <em>Comoedia</em> (Par&iacute;s) del 19 de mai de 1935 : &laquo; On cr&eacute;e &agrave; Marseille, au &laquo; Rideau Gris &raquo; une pi&egrave;ce en un acte d&rsquo;Andr&eacute; Gide &raquo; ; un roman &laquo; Le cordonnet de soie &raquo; (ed. Gallimard, coll. D&eacute;tective, 248 p., 1937). Emili Carbon es coscenarista e dialoguista del filme &laquo; Cap au large &raquo;, sortit lo 25 de setembre de 1942, del realizator Joan-Paul Paulin. Aquel filme de 84 minutas, produch per Francinalp-Fims, fogu&egrave;t tornat a Gruissan (Aude). En 1953, Emili Carbon collab&ograve;ra a &laquo; La Provence merveilleuse, des l&eacute;gendes chr&eacute;tiennes aux santons &raquo; (Alb&egrave;rt Detaille) in-4, 145 p., illustrat, ambe un prefaci de Joan Giono). <br />Quand Lazare de Gerin-Ricard, en 1953, cr&egrave;a la revista <em>Thalassa</em> a Marselha, convida sos amics e mai que mai los ancians de la <em>Revue de Catalogne</em> a collaborar. Se, a l&rsquo;origina, la revista bimesadi&egrave;ra a una granda ambicion internacionala e acampa la collaboracion de plumas cel&egrave;bras, s&rsquo;aflaqu&iacute;s pro d&rsquo;aviat e se replega sus Proven&ccedil;a. Ven lo lu&ograve;c de publicacion d&rsquo;una banda d&rsquo;amics de joventut dels ideals literaris passits. Emili Carbon &ndash; qu&rsquo;i ten la cronica dramatica &ndash; la definir&agrave; coma &laquo; aquel testim&ograve;ni dels jorns passats e de n&ograve;stra pich&ograve;ta tropa amistosa que la m&agrave;ger part des s&ograve;cis an rejonch l&rsquo;Ostal del paire, [un testim&ograve;ni] que cal salvagardar &raquo;.(trad.) La revista desapareis en 1965. <br /><br />Emili Carbon es fach Chivali&egrave;r de la Legion d&rsquo;Onor lo 21 de mai de 1952, alara que P&egrave;ire Roqueta recep la Cigala de majoral e la distincion d&rsquo;Ofici&egrave;r d&rsquo;Academia. Las organizacions organisatrises son Lo Centre Proven&ccedil;al de l&rsquo;IEO, los grops felibrencs e proven&ccedil;als de Marselha e lo movement federalista &laquo; La F&eacute;d&eacute;racion &raquo; de Marselha. <br />Emili Carbon ensenha un cort moment al lic&egrave;u de Montpelhi&egrave;r. Pu&egrave;i far&agrave; director de la &laquo; Caisse d&rsquo;Epargne &raquo;.Probable qu&rsquo;es per de rasons professionalas que quita Montpelhi&egrave;r per Marselha ont ven director d&rsquo;una societat &laquo; d&rsquo;habitations &agrave; Bon March&eacute; &raquo; cap a 1930. I degu&egrave;t far carri&egrave;ra, que, en 1968, una de sas letras p&ograve;rta per ent&egrave;sta : &laquo; Soci&eacute;t&eacute; anonyme r&eacute;gionale d&rsquo;habitations &agrave; loyers mod&eacute;r&eacute;s de Marseille, si&egrave;ge social : 21 rue Mar&eacute;chal Fayolle &raquo;.</p>
<h2>Engatjament dins la renaissen&ccedil;a d&rsquo;&Ograve;c</h2>
<p style="text-align: justify; line-height: 150%;">Per l&rsquo;estat actual de n&ograve;stra documentacion, l&rsquo;engatjament occitanista d&rsquo;Emili Carbon sembla estrechament ligat a son amistat ambe un actor m&agrave;ger de la causa d&rsquo;&ograve;c en Proven&ccedil;a, P&egrave;ire Roqueta. D&rsquo;efi&egrave;ch a Marselha, s&rsquo;amistan&ccedil;a durablament ambe aquel avocat, &ograve;me de letras e occitanista, qu&rsquo;anima la revista <em>La Coupo</em> (21 num&egrave;ros entre febri&egrave;r de 1918 e octobre de 1919). Emili Carbon participa a totas las iniciativas d&rsquo;aquel &ograve;me per la causa occitana. <br />En 1926, se tr&ograve;ba c&ograve;sta P&egrave;ire Roqueta per la creacion de las <em>Amiti&eacute;s m&eacute;diterran&eacute;ennes</em>, a Marselha que s&rsquo;inter&egrave;ssan a la vida e la cultura catalanas e recampan de personalitats coma lo compositor P&egrave;ire G. Bourgoin, l&rsquo;ellenista Guastalla, lo pintre Val&egrave;ri Bernard, eca... en ligason ambe la <em>Fundaci&oacute; Bernat Metge</em>, l&rsquo;equivalent catalan de l&rsquo;Associacion francesa Guillaume Bud&eacute;, per la traduccion, l&rsquo;edicion e la promocion des classics greco-romans. P&egrave;ire Roqueta e lo director de la <em>Fundaci&oacute; Bernat Metge</em>, Joan Estelrich, se rescontran a Barcelona e cr&egrave;an una revista en lenga francesa per far con&eacute;isser la cultura catalana en Eur&ograve;pa, ambe la collaboracion d&rsquo;&ograve;mes de letras e d&rsquo;artistas catalans e franceses, e l&rsquo;ajuda financi&egrave;ra de Francesc Camb&oacute;, &ograve;me d&rsquo;afars, mec&egrave;nas e &ograve;me politic catalan m&agrave;ger. Atal espel&iacute;s lo 25 de mar&ccedil; de 1929, a Marselha <em>La Revue de Catalogne</em>. P&egrave;ire Roqueta n&rsquo;es lo director literari ambe l&rsquo;ajuda de sos amics de las <em>Amiti&eacute;s M&eacute;diterran&eacute;ennes</em> : Emili Carbon per cap-redactor, Renat Guastalla, administrator, Rogi&egrave;r Carbon e Lazare G&eacute;rin-Ricard, secretaris de redaccion. Malgrat la qualitat del contengut e lo sosten financi&egrave;r del mec&egrave;nas, la parucion de la revista s&rsquo;arr&egrave;sta apr&egrave;s son cinquen num&egrave;ro (1&deg; d&rsquo;agost de 1929) per manca d&rsquo;abonats.<br /><br />Emili Carbon a pas daissat una &ograve;bra escricha en proven&ccedil;al. A t&iacute;tol anecdotic, senhalem qu&rsquo;a dedicat a son amic un po&egrave;ma en proven&ccedil;al e en grafia mistralenca : &laquo; Dins nostre cami &raquo; tres quatrens, &laquo; Per lou Peire, ambe moun affecioun &raquo;, datats de Marselha lo 1/1/1938. S&rsquo;explica : &laquo;<em> Excuse-moi de te r&eacute;pondre dans la langue des conqu&eacute;rants, mais si je peux parler la n&ocirc;tre sans trop de ridicule, je ne la poss&egrave;de malheureusement pas assez pour y mouler ma pens&eacute;e en l&rsquo;&eacute;crivant</em> &raquo;. (2/05/1939) Dins aquela letra ditz aver pas la &laquo; <em>flamme d&eacute;voratrice</em> &raquo; de son amic, mas se ditz &laquo; <em>patriote proven&ccedil;al</em> &raquo; e jutja &laquo; <em>int&eacute;ressantes</em> &raquo; las proposicions de Rob&egrave;rt Fabre-Luce per la creacion &laquo; <em>d&rsquo;un mouvement de n&eacute;o-provincialisme</em> &raquo; &ndash; pr&ograve;che del separatisme &ndash; desvolopadas dins lo <em>Marseille-Matin</em> del 3 o 4 de mai de 1939. Los fraires Carbon son s&ograve;cis de la <em>Societat d&rsquo;Estudis Occitans</em> (SEO), fondada en 1930 e reviscolada en 1939 pel Catalan en exili Josep Carbonell. A aquela data, Emili fa partida de la delegacion de la SEO de Marselha, c&ograve;sta Emili Bodin, Carles Campr&oacute;s, Ant&ograve;ni C&ograve;nio, Paul Eissav&egrave;l, J&ograve;rgi Rebol, Paul Ricard e P&egrave;ire-Joan Rodin (P&egrave;ire Roqueta). Son nom &laquo; Emili Carbon, doctor en Droit &raquo; (sic) figura dins la ti&egrave;ra dels membres del Conselh d&rsquo;Administracion sul papi&egrave;r a letras de la SEO en 1939.<br /><br /> A la Liberacion, es fondat a Tolosa l&rsquo;<em>Institut d&rsquo;Estudis Occitans</em> que prendr&agrave; la seguida de la SEO. Quand P&egrave;ire Roqueta cr&egrave;a a Marselha sa seccion proven&ccedil;ala, lo <em>Centre Proven&ccedil;al de l&rsquo;IEO</em>, Emili Carbon lo rejonh. Dins las annadas 1945-1950, alara que P&egrave;ire Roqueta balha de corses publics setmani&egrave;rs de proven&ccedil;al e de parlicadas a R&agrave;dio-Proven&ccedil;a, Emili Carbon, qualificat d&rsquo; &laquo; animator incomparable &raquo; fonda un <em>Cercle Occitan</em>, ambe una formula d&rsquo;aperitius literaris setmani&egrave;rs, en participant al cicle de las &laquo; &Ograve;bras racontadas &raquo; (Mistral e Mir&egrave;lha, Calendau, per exemple). Balha tanben confer&eacute;ncias e debats, per exemple sus l&rsquo;&ograve;bra poetica de Renat Nelli lo 13 d&rsquo;abrial de 1953, una introduccion a l&rsquo;Art Roman dins lo cicle medieval en 1960-61, una confer&eacute;ncia sus Manolo Hugu&eacute; a la &laquo; Maison Gasconne &raquo; en febri&egrave;r de 1978... Lo centre se v&ograve;l un fogal de cultura umanista, proven&ccedil;al mas tanben dub&egrave;rt a tota l&rsquo;Occit&agrave;nia, Catalonha compresa, embra&ccedil;ant totes los asp&egrave;ctes de la cultura. Es tanben un lu&ograve;c de difusion de las id&egrave;as regionalistas e de debats. Atal fa un expausat lo 12 de geni&egrave;r de 1953 sul Neo-regionalisme qu&rsquo;es seguit de debats e un autre intitulat : &laquo; Qu&rsquo;est-ce que l&rsquo;Occitanisme ? &raquo; al Fogal Massalia dins las annadas 1970. <br /><br />Pendent mantun decenni, Emili Carbon es donc un pr&ograve;che collaborator de P&egrave;ire Roqueta. Es s&ograve;ci del Conselh d&rsquo;Administracion del Centre Proven&ccedil;al, atal coma Amed&egrave;u Muset, professor d&rsquo;espanh&ograve;l e Mme Ma&iuml;te Pin-Dabadie, femna de letras que parteja sa vida entre Banh&egrave;ras de Big&ograve;rra e Marselha. N&rsquo;es, un temps, lo vicepresident e es per aquesta rason que presenta lo conferenci&egrave;r R&ograve;b&egrave;rt Lafont vengut parlar de &laquo; La miugrana entredub&egrave;rta &raquo; lo 14 d&rsquo;octobre de 1960. Es abonat a <em>&Ograve;c</em> e a las <em>Annales de l&rsquo;IEO</em> e participa financi&egrave;rament a la Causa, es en mai membre del Conselh d&rsquo;Estudis de l&rsquo;IEO (veire las ti&egrave;ras de 1947, 1949 e 1962). Collab&ograve;ra a L&rsquo;<em>Ase negre</em>, organ occitanista mesadi&egrave;r, successor d&rsquo;<em>Occitania</em>, fondat pel trio Rob&egrave;rt Lafont, Leon C&ograve;rdas e Elena Cabanas en 1946. Es atal qu&rsquo;escriu un editorial en primi&egrave;ra pagina del num&egrave;ro 7 de febri&egrave;r-mar&ccedil; de 1947, &laquo; Faire Province &raquo;. En 1955, participa ambe P&egrave;ire Roqueta, P&egrave;ire-Lo&iacute;s Berthaud, Rob&egrave;rt Lafont e un c&egrave;rt Gerard (que son pichon nom es desconegut) al proj&egrave;cte &ndash; que far&agrave; meuca &ndash; de la publicacion : &raquo;Presentation de la Provence &raquo; que devi&aacute; realizar l&rsquo;IEO. Aquela iniciativa seguissi&aacute; la parucion l&rsquo;annada d&rsquo;abans de la brocadura &laquo; Presentation du Languedoc &raquo; qu&rsquo;i particip&egrave;ron Carles Campr&oacute;s, Max Roqueta, Rob&egrave;rt Lafont, Max Allier, Leon C&ograve;rdas... ambe un prefaci de Joan Cassou.<br /><br /> En 1963, ven de prene la retirada quand leg&iacute;s dins <em>&Ograve;c</em> la debuta del roman de Joan Bodon &laquo; Lo libre dels grands jorns &raquo; que l&rsquo;impressiona favorablament : &laquo; J&rsquo;admire non sans quelque nostalgie ces jeunes &raquo; e constata ambe tristesa, que, per el, &laquo; il est un &eacute;crivain mort jeune &raquo;. (Corr. del 13/08/1963 adrei&ccedil;ada a P&egrave;ire Roqueta). <br />Dins la pontannada 1960-1970, la question de la regionalizacion anima los debats publics qu&rsquo;i participa lo <em>Centre Proven&ccedil;al</em>. Dins lo selhatge de mai de 1968, ambe l&rsquo;arribada d&rsquo;una nov&egrave;la generacion de militants, lo movement occitan se radicaliza. Aquela evolucion agrada pas al Conselh d&rsquo;Administracion del <em>Centre Proven&ccedil;al</em> ( que Carbon ne fa partida), partisan d&rsquo;un regionalisme umanista. Lo <em>Centre Proven&ccedil;al</em> quita l&rsquo;IEO e pren lo nom de<em> Centre Proven&ccedil;al de Culture Occitane</em>. Explica publicament las rasons d&rsquo;aquela separacion dins un fu&egrave;lh titolat : &laquo; Occitanisme et Marxisme, une mise au point du Centre Proven&ccedil;al de Culture Occitane &raquo; (roneotat, sens data ni signaturas) qu&rsquo;afort&iacute;s son &laquo; regionalisme umanista &raquo; e s&rsquo;aubora contra la &laquo; pretencion &raquo; d&rsquo;unes occitanistas &laquo; d&rsquo;analisar la situacion del P&ograve;ble d&rsquo;&Ograve;c ambe una optica de lucha de las classas e d&rsquo;establir atal una relacion estrecha entre l&rsquo;Occitanisme e lo Marxisme &raquo;.</p>]]></dcterms:description>
    <dcterms:creator><![CDATA[Grau, Pierre]]></dcterms:creator>
    <dcterms:publisher><![CDATA[Centre interrégional de développement de l&#039;occitan (Béziers)]]></dcterms:publisher>
    <dcterms:publisher><![CDATA[Recherche en domaine occitan (Montpellier)]]></dcterms:publisher>
    <dcterms:issued><![CDATA[2019-03-13 Aurélien Bertrand]]></dcterms:issued>
    <dcterms:contributor><![CDATA[Lespoux, Yan]]></dcterms:contributor>
    <dcterms:contributor><![CDATA[Martel, Philippe]]></dcterms:contributor>
    <dcterms:contributor><![CDATA[Verny, Marie-Jeanne]]></dcterms:contributor>
    <dcterms:contributor><![CDATA[Barral, Guy]]></dcterms:contributor>
    <dcterms:license><![CDATA[Creative commons = BY - NC - ND]]></dcterms:license>
    <dcterms:relation><![CDATA[Vignette : https://vidas.occitanica.eu/files/square_thumbnails/3c0d3d173e6955e70f530cd211591e6d.jpg]]></dcterms:relation>
    <dcterms:isPartOf><![CDATA[Societat d&#039;Estudis Occitans (SEO)]]></dcterms:isPartOf>
    <dcterms:isPartOf><![CDATA[Institut d&#039;Estudis Occitans (IEO)]]></dcterms:isPartOf>
    <dcterms:isPartOf><![CDATA[Centre provençal de culture occitane]]></dcterms:isPartOf>
    <dcterms:isPartOf><![CDATA[Les Amitiés méditerranéennes]]></dcterms:isPartOf>
    <dcterms:format><![CDATA[text/html]]></dcterms:format>
    <dcterms:language><![CDATA[fre]]></dcterms:language>
    <dcterms:language><![CDATA[oci]]></dcterms:language>
    <dcterms:type><![CDATA[Text]]></dcterms:type>
    <dcterms:identifier><![CDATA[http://vidas.occitanica.eu/items/show/2079]]></dcterms:identifier>
    <dcterms:bibliographicCitation><![CDATA[<div>
<h2>Sources et r&eacute;f&eacute;rences :</h2>
</div>
<div style="text-align: justify;">- site Le Bibliophile Languedocien&nbsp;: <a title="aller sur le site bibliophilelanguedocien.blogspot.fr" href="http://bibliophilelanguedocien.blogspot.fr/" target="_blank" rel="noopener">http://bibliophilelanguedocien.blogspot.fr/</a> (11/04/2012)&nbsp;; Correspondance avec Guy Barral (d&eacute;cembre 2013)&nbsp;;</div>
<div style="text-align: justify;">- Archives de Pierre Rouquette (26 correspondances d&rsquo;Emile Carbon adress&eacute;es &agrave; Pierre Rouquette entre le 01/01/1938 et le 10/10/1980).</div>
<div style="text-align: justify;">- Livre d&rsquo;or du Lyc&eacute;e de Montpellier, 1914-1918, publi&eacute; en 1927&nbsp;: liste des &eacute;l&egrave;ves ou anciens &eacute;l&egrave;ves du lyc&eacute;e tu&eacute;s ou bless&eacute;s &agrave; la guerre. Disponible &agrave; la BMVR de Montpellier.</div>
<div style="text-align: justify;">- Revues ou p&eacute;riodiques consult&eacute;s&nbsp;: <em>La Revue de Catalogne</em>, <em>L'Ase Negre</em>, <em>Thalassa</em>.</div>
<div style="text-align: justify;">- Registre matricule 1829 de la classe 1913, Montpellier, AD 34.</div>
<div style="text-align: justify;">Iconographie&nbsp;:</div>
<div style="text-align: justify;">- Portrait d'&Eacute;mile Carbon paru dans <em>L&rsquo;Effort des Jeunes</em> n&deg; 24 par Andr&eacute; Dupin.</div>
<div style="text-align: justify;">- Photo dans l&rsquo;<em>Anthologie des Jeunes</em>&nbsp;(information communiqu&eacute;e par Guy Barral).<br /><br /></div>
<div>
<h2>Publications d'&Eacute;mile Carbon :</h2>
</div>
<div style="text-align: justify;"><strong>&Agrave; Montpellier,</strong> &Eacute;mile Carbon a particip&eacute; aux revues ou anthologies suivantes (informations de Guy Barral)&nbsp;:</div>
<div style="text-align: justify;">-&nbsp;<em>La Vie Montpelli&eacute;raine</em> (fond&eacute;e en 1894), en 1920 et 1922 ;&nbsp;</div>
<div style="text-align: justify;">-&nbsp;<em>L'Effort des jeunes</em> (1915), dans les N&deg; 13, 14, 15, 16, 17, 20, 21, 22, 23, 24, 25 ;</div>
<div style="text-align: justify;">-&nbsp;<em>L&rsquo;Anthologie des jeunes ;</em></div>
<div style="text-align: justify;">- <em>81&egrave;me Poil... et Plume</em>, n&deg; 11, Janvier 1918<sup><a id="1" href="#note1">1</a></sup> ;</div>
<div style="text-align: justify;">- <em>La Lanterne de Diog&egrave;ne</em>, Organe bimensuel des &eacute;tudiants de Montpellier (1917) ;</div>
<div style="text-align: justify;">- <em>Midi-Gazette :&nbsp;hebdomadaire r&eacute;gionaliste d'informations mondaines, litt&eacute;raires, artistiques, th&eacute;&acirc;trales, sportives</em>, 1918 ;</div>
<div style="text-align: justify;">- <em>Erato</em>, revue litt&eacute;raire et r&eacute;gionaliste, 1919 ;</div>
<div style="text-align: justify;">- <em>Les Amiti&eacute;s languedociennes</em> (1924).</div>
<div style="text-align: justify;">- Collaborateur &eacute;pisodique de <em>Septimanie</em> de Duplessis de Pouzilhac autour de 1925.<br /><br /></div>
<div style="text-align: justify;"><strong>&Agrave; Marseille&nbsp;:</strong></div>
<div style="text-align: justify;">- <em>La Revue de Catalogne</em> (disponible &agrave; Perpignan, archives Grando, Biblioth&egrave;que universitaire)&nbsp;: n&deg; 1, mars 1929, chronique&nbsp;; n&deg; 2, avril 1929, chronique&nbsp;: &laquo;&nbsp;Corollaires&nbsp;&raquo;&nbsp;; n&deg; 3, mai-juin 1929, chronique &nbsp;Choses litt&eacute;raires : &laquo;&nbsp;Position d&rsquo;un jeune clerc provincial&nbsp;&raquo;&nbsp;; n&deg; 5, ao&ucirc;t 1929, chronique Choses litt&eacute;raires&nbsp;: &laquo;&nbsp;&Agrave; propos des&nbsp;Enfants Terribles&nbsp;&raquo;.<br /><br /></div>
<div style="text-align: justify;"><strong>Autres &oelig;uvres publi&eacute;es :</strong></div>
<div style="text-align: justify;">- <em>Le po&egrave;me &agrave; l&rsquo;ami mort</em>, Lyon, Impressions des deux collines, 1919.</div>
<div style="text-align: justify;">-&nbsp;&laquo;&nbsp;On cr&eacute;e, &agrave; Marseille, au "Rideau Gris" une pi&egrave;ce en un acte d&rsquo;Andr&eacute; Gide&nbsp;&raquo;, <em>Comoedia</em>, 19 mai 1935.</div>
<div style="text-align: justify;">- <em>Le cordonnet de soie</em>, roman, Gallimard, collection &laquo;&nbsp;D&eacute;tective&nbsp;&raquo;, 248 p., 1937.</div>
<div style="text-align: justify;">- &Eacute;mile Carbon est le sc&eacute;nariste et le dialoguiste du film&nbsp;<em>Cap au large</em>, 1942, du r&eacute;alisateur Jean-Paul Paulin, Francinalp-Films.</div>
<div style="text-align: justify;">- Co-auteur de <em>La Provence merveilleuse, des l&eacute;gendes chr&eacute;tiennes aux santons</em>, 1953, Albert Detaille, in-4, 145 p., illustr&eacute;, pr&eacute;face de Jean Giono. (auteurs&nbsp;: Fernand Beno&icirc;t, Albert Detaille, Marius Ganay (pr&ecirc;tre), &Eacute;mile Carbon, Bruno Durand, A. Bouyala d&rsquo;Arnaud, H. Rolland, J. de Flandreysy&nbsp;, Marius Provence, &Eacute;mile Ripert, &Eacute;mile Isnard&hellip;. Illustrateurs&nbsp;: Vic-Daumas, David Dellepiane).</div>
<br />
<p id="note1" style="text-align: justify; line-height: 150%; font-size: 10pt;"><em>1.Note de Guy Barral : &laquo; Poil et Plume : c'est une astuce d&eacute;signant les POILus qui &eacute;crivent. Le 81&egrave;me, c'est le r&eacute;giment de Montpellier qui &eacute;tait en garnison cours Gambetta) &raquo;</em><br /><em> Indications port&eacute;es sur la revue : &laquo; Gaz...ette inoffensive et intermittente publi&eacute;e SGDMB [Sans Garantie Des Marmites Boches] - Devise : Vivo lou Clapas puis au n&deg;3 : Vivo lou miejour - Sous titre : Poil des rudes lapins, Plume des joyeux coquins du 81me R&eacute;giment d'Infanterie. Avis : Il est dangereux de lire le journal entre les lignes. Abonnement : d&eacute;finitif pour la dur&eacute;e de la guerre, 20 F - Adresse : Caporal Gabriel BOISSY, &agrave; la C.H.R. du 81&egrave;me R&eacute;giment d'Infanterie. G&eacute;rant : Gabriel Boissy. Imprimerie : Mistral, &agrave; Cavaillon. Format : 45 x 27 cm. N&deg;1, mai 1916 - N&deg; 15 et dernier, janvier 1919. Le n&deg;4 et le dernier num&eacute;ro, titre rouge, sont distribu&eacute;s gratuitement pour f&ecirc;ter la croix de guerre du R&eacute;giment et, bien s&ucirc;r, la victoire.&raquo; Cote BMM : 1283<a href="#1">&uarr;</a></em></p>]]></dcterms:bibliographicCitation>
    <dcterms:spatial><![CDATA[Marseille (Bouches-du-Rhône)]]></dcterms:spatial>
    <dcterms:spatial><![CDATA[Bouches-du-Rhône (France)]]></dcterms:spatial>
    <dcterms:spatial><![CDATA[Montpellier (Hérault)]]></dcterms:spatial>
    <dcterms:spatial><![CDATA[Hérault (France)]]></dcterms:spatial>
    <dcterms:temporal><![CDATA[1914-1939]]></dcterms:temporal>
    <dcterms:temporal><![CDATA[1939-1945]]></dcterms:temporal>
    <dcterms:temporal><![CDATA[1945-1968]]></dcterms:temporal>
    <dcterms:temporal><![CDATA[1968-...]]></dcterms:temporal>
</rdf:Description><rdf:Description rdf:about="https://vidas.occitanica.eu/items/show/2099">
    <dcterms:title><![CDATA[Bourciez, Édouard (1854-1946)]]></dcterms:title>
    <dcterms:title><![CDATA[Bourciez, Édouard (1854-1946)]]></dcterms:title>
    <dcterms:subject><![CDATA[Enseignant ; professeur]]></dcterms:subject>
    <dcterms:subject><![CDATA[Universitaire]]></dcterms:subject>
    <dcterms:description><![CDATA[<p style="text-align: justify; line-height: 150%;">Édouard Bourciez (1854-1946), agrégé de Lettres, professeur à l’université de Bordeaux, dirigea la première grande enquête linguistique sur l’occitan en Gascogne. Membre de l’<em>Escole Gastou Fébus</em>, collaborateur régulier de la revue <em>Reclams de Biarn e Gascougne</em> et auteur de nombreuses études linguistiques sur le domaine gascon, il soutint l'instituteur béarnais Sylvain Lacoste et ses revendications pour un enseignement du gascon à l’école.</p>
<h2>Identité</h2>
<h3>Forme référentielle</h3>
<p style="text-align: justify; line-height: 150%;">Bourciez, Édouard (1854-1946)</p>
<h3>Autres formes connues</h3>
<p style="text-align: justify; line-height: 150%;">&lt;&nbsp;Bourciez,&nbsp;Édouard-Eugène-Joseph (1854-1946) (nom complet d'état-civil)</p>
<h2>Éléments biographiques&nbsp;</h2>
<p style="text-align: justify; line-height: 150%;">Édouard Eugène Joseph Bourciez est né à Niort, dans les Deux-Sèvres, le 29 janvier 1854, dans une famille d’enseignants. Élève brillant, il est admis en 1873 à l’École Normale Supérieure, licencié ès-Lettres l’année suivante puis agrégé en 1876. Il entame alors une carrière dans l’enseignement secondaire comme professeur au lycée de Bar-le-Duc, puis à Orléans. Son premier contact avec la terre d’Oc sera à Nice, où il sera nommé ensuite. Il enseignera également à Nancy. <br />Son retour en Occitanie se fera en 1883 : il est alors nommé maître de conférence à la faculté de Lettres de Bordeaux, institution et ville qu’il ne quittera plus. Il soutient en 1886 sa thèse de doctorat en français sur <em>Les Mœurs polies et la littérature de cour sous Henri II</em> complétée, comme le voulait alors le règlement pour les universitaires exerçant en Lettres, par une seconde thèse, en latin : <em>De Praepositione "ad" casuali in latinitate aevi merovingici, thesin Facultati litterarum Parisiensi</em>. Il devient en 1890 professeur-adjoint, puis en 1893 professeur des universités, en charge de la toute neuve chaire de Langue et littérature du Sud-Ouest.<br /> C’est dans la grande ville gasconne que Bourciez commence véritablement à s’intéresser à l’idiome occitan, et en particulier à sa forme gasconne bordelaise à partir du début des années 1890. Ce romaniste possède alors déjà à son actif un certain nombre de travaux sur la grammaire du latin, du français ancien et moderne, sur la littérature occitane - déjà - et espagnole, sur la phonétique et la phonologie... Son activité couvre l’ensemble du domaine roman. En plus de soixante ans d’une carrière exceptionnellement riche, Édouard Bourciez s’est intéressé à une infinité de choses, mais ce sont les études gasconnes qui vont constituer, de plus en plus, le cœur de son action d’enseignant-chercheur à partir de sa nomination à Bordeaux, sans toutefois rien dédaigner de l’ensemble de son domaine d’étude. C’est de Bordeaux qu’il lancera son enquête linguistique en 1894. Jusqu’à ses vieux jours, il conservera une activité de publication et de recherche, relisant et corrigeant ses œuvres en vue de rééditions. Il décède à Bordeaux le 6 octobre 1946, à l’âge de quatre-vingt-douze ans. Son successeur de chaire, Gaston Guillaumie, lui consacre un article nécrologique qui retrace son parcours. Son fils, Jean Bourciez, fut aussi un universitaire de renom, auteur de travaux sur la langue occitane tels que sa thèse intitulée <em>Recherches historiques et géographiques sur le parfait en Gascogne</em> (Bordeaux, Féret, 1927). Il œuvra aux côtés de son père pour les derniers travaux de celui-ci.</p>
<h2>Engagement dans la renaissance d'oc</h2>
<h3>Recherches dans le domaine des langues romanes, et plus particulièrement de la langue d’oc</h3>
<p style="text-align: justify; line-height: 150%;">Il sera traité plus loin de la bibliographie très abondante d’Édouard Bourciez, qui recouvre une période de soixante-cinq années de son vivant, sans compter les nombreuses rééditions posthumes. Si sa première contribution avérée aux études occitanes est un article paru dans la première livraison des <em>Annales de la faculté des Lettres de Bordeaux</em> (1888) consacré aux œuvres du poète Arnaud Daubasse (1664-1727), « maître-peignier » originaire de Villeneuve-sur-Lot, c’est au domaine gascon et particulièrement à Bordeaux que Bourciez va se consacrer très rapidement. Bourciez est issu d’une des dernières générations qui ont connu la pratique courante et quotidienne de l’occitan dans les rues de Bordeaux, et davantage encore dans sa banlieue et la campagne environnante. Ses connaissances de philologue et de romaniste vont très rapidement lui permettre de mettre au point un croisement entre approches synchronique et diachronique de l’occitan bordelais, en comparant ce que lui donnent les sources de l’époque médiévale à son temps, à ce qu’il peut entendre tout autour de lui. Notons également que Bourciez arrive à Bordeaux dans un contexte plutôt favorable à la valorisation de la « langue gasconne » aussi bien par sa présence dans la réalité quotidienne, mais aussi par l’existence d’un certain nombre de gens de lettres et d’universitaires très attirés par son étude. La municipalité de Bordeaux encouragea plusieurs publications sur l’histoire et la culture locales, dont la célèbre <em>Histoire de Bordeaux</em> de Camille Julian, confrère de Bourciez à la faculté, historien très au fait de l’identité gasconne bordelaise. Mais nous pouvons citer également Jules Delpit, Achille Luchaire, les abbés Hippolythe Caudéran et Arnaud Ferrand (et le cénacle de prêtres occitanophiles qui l’entourait), Léo Drouyn ou encore Reinhold Dezeimeris. Nous voyons paraître dès 1890 dans les mêmes <em>Annales de la faculté de Lettres</em> « La Conjugaison gasconne d’après les documents bordelais », qui reprend une partie d’une plus vaste étude, demeurée manuscrite et dont une copie est conservée à la Bibliothèque universitaire de Bordeaux sous le titre <em>Étude sur le dialecte gascon parlé à Bordeaux vers 1400 d’après le Livre des Bouillons, les registres de la Jurade et les chartes de l’époque</em>, sans date ni nom d’auteur, mais dont le doute concernant l’attribution à Bourciez n’est pas permis. Cette étude, qui ne demande qu’à être publiée, représente la synthèse diachronie/synchronique précédemment évoquée, au moyen d’un croisement très rigoureux des sources anciennes et modernes. En 1892 paraît <em>La Langue gasconne à Bordeaux : Notice historique</em>, qui est d’abord intégrée à une monographie publiée par la municipalité de Bordeaux, avant de connaître des rééditions dans les années 2000. Suivent « Les documents gascons de Bordeaux de la Renaissance à la Révolution » qui paraît en 1899 dans les <em>Actes de la Société Philomathique de Bordeaux et du Sud-Ouest</em>, puis en 1901 <em>Les mots espagnols comparés aux mots gascons (époque ancienne)</em>. Mais parallèlement, Bourciez continue à étudier la linguistique romane, la phonétique et la syntaxe du français ancien et moderne, mais aussi des dialectes d’Oïl comme le parler « gavache », auquel il consacre quelques travaux. En 1936 paraît <em>Le domaine gascon</em> (Droz). Bourciez contribue activement pendant ce temps à des publications aussi prestigieuses que le <em>Bulletin hispanique</em>, la<em> Revue critique</em>, la <em>Revue des études anciennes</em>, et pour en rester au domaine occitan, la célèbre revue <em>Reclams</em> (il sera un des codificateurs de la norme félibréenne béarnaise et gasconne en trois étapes, 1900, 1902 et 1904), les <em>Annales du Midi</em>, la <em>Revue des universités du Midi</em>, la <em>Revue des Pyrénées et de la France méridionale</em> ou les bordelaises <em>Revue méridionale</em> et <em>Aquitania</em>. <br />Édouard Bourciez est surtout connu pour sa colossale enquête linguistique, lancée en 1894 et connue sous le nom d’Enquête Bourciez, quoique son titre d’origine soit le <em>Recueil des idiomes de la région gasconne</em>. Prévue, nous dit-il dans la préface du manuscrit pour l’Exposition universelle prévue à Bordeaux en mai 1895<a id="1" href="#note1"><sup>1</sup></a>, elle se donne pour propos de réunir et offrir au public des specimens des idiomes actuellement parlés dans le Sud-Ouest de la France, et plus particulièrement de ceux qui se rattachent aux diverses variétés de la langue Gasconne.<br /><br /> Ces dix-sept volumes manuscrits conservés à la Bibliothèque universitaire de Bordeaux, dans leur version papier originale et en copies microfilm, se basent sur un texte déjà utilisé précédemment pour les enquêtes linguistiques, la <em>Parabole du fils prodigue</em>, dans une forme revisitée par l’universitaire afin d’obtenir tous les types de mots et de formes qu’il juge nécessaires pour avoir une sorte de photographie en un temps T de l’idiome pratiqué dans chaque commune des zones concernées. La parabole est donc adressée à tous les instituteurs de chaque ville et village des académies de Bordeaux et Toulouse (pour sa partie gasconne), par l’intermédiaire des inspecteurs d’académie et inspecteurs primaires. Le soin est laissé ensuite aux enseignants de traduire eux-mêmes le texte, ou de se faire aider par qui leur convient localement. Il reçut en retour 4 444 réponses<a id="2" href="#note2"><sup>2</sup></a> , principalement de la zone occitane, mais aussi de la zone basque et de quelques communes de dialecte d’Oïl. Cette enquête est à ce jour inédite pour sa partie occitane (Charles Videgain ayant œuvré à la publication de la partie bascophone). Elle constitue un document essentiel et incontournable pour comprendre la variation diatopique de l’occitan occidental, et plus généralement pour permettre une pensée de la dialectologie occitane. <br />Mais Bourciez est également l’inventeur du code de transcription phonétique appelé « alphabet de Bourciez » ou « de Boehmer-Bourciez » ou encore « alphabet » ou « transcription des romanistes », qui constitue une des premières tentatives d’un alphabet phonétique de transcription. Pensé pour les langues romanes et le grec, il reprend certains éléments de la norme d’écriture de l’occitan que proposait dès 1860 Hippolythe Caudéran (que Bourciez cite à plusieurs reprises). Notons qu’il est contemporain des premiers essais de l’API (qui paraît pour la première fois en 1888 sous la direction de Paul Passy). Bourciez s’est intéressé de près aux travaux de l’abbé Rousselot sur la phonétique expérimentale, et bien sûr à ceux de son confrère suisse Jules Gilléron, avec la publication entre 1902 et 1910 de l’<em>Atlas linguistique de la France</em>. L’alphabet de Bourciez, toujours utilisé ponctuellement pour l’ancien français, est celui qui a été notamment employé pour les transcriptions de l’Atlas linguistique de la Gascogne de Jean Séguy, Jacques Allières et Xavier Ravier.</p>
<h3>Engagements en faveur de l’enseignement de l’occitan</h3>
<p style="text-align: justify; line-height: 150%;">Mais Édouard Bourciez ne s’est pas contenté d’illustrer de ses recherches les études occitanes. Cet homme de la Sèvre niortaise, parisien d’études et de jeunesse, affecté en plusieurs endroits au début de sa carrière, s’est définitivement fixé à Bordeaux où il est devenu un militant de la défense de la langue occitane, s’identifiant totalement à son nouvel espace de vie gascon auquel il a consacré certains de ses travaux les plus célèbres. En cela, Bourciez est l’incarnation parfaite et anticipée de ce qu’affirma bien des années plus tard Félix Castan : « On n’est pas le produit d’un sol, on est le produit de l’action qu’on y mène ». Son engagement aux côtés des pionniers de l’enseignement de l’occitan, et plus généralement des langues dites régionales, est moins connu. Signataire de pétitions quand le besoin s’en faisait sentir, Bourciez fut en outre un auxiliaire précieux pour l’instituteur Sylvain Lacoste, de l’<em>Escole Gastou Fébus</em>, un des premiers enseignants à avoir activement milité pour que le « patois » fût enseigné à l’école à côté du français. Auteur en 1900 de l’ouvrage fondateur <em>Du patois à l’école primaire</em> (Pau, Vignancourt), dont les deux premières parties paraissent également dans <em>Reclams</em>, Lacoste publie en 1902 un <em>Recueil de versions gasconnes</em> préfacé par Bourciez, caution morale et scientifique de la démarche. L’enseignement de la langue d’oc à l’école connaît un véritable engouement à cette époque, en particulier en Gascogne, auprès de nombreux enseignants. Bourciez, par son prestige universitaire et le poids de sa parole, n’y est sans doute pas étranger. En 1942, Bourciez, en fin de vie, sera encore le préfacier de la <em>Bibliographie gasconne du Bordelais</em> de Pierre-Louis Berthaud. Il y laisse transparaître sa foi en l’avenir de l’occitan et ses espoirs, à travers les propos que Berthaud lui-même cite onze ans plus tard à la fin de son ouvrage <em>La littérature gasconne du Bordelais</em> :<br /><br /> « Dans la partie la plus septentrionale de la zone gasconne, l’idiome des ancêtres s’est conservé au cours des siècles et a laissé, de sa pérennité, des témoignages qui, pour être à de certains moments assez clairsemés, n’en sont pas moins incontestables. Il vit toujours, malgré la puissante emprise qu’exerce sur lui la langue française : il vit, il est parlé, fort peu évidemment dans les villes, même parmi les classes populaires, mais encore d’une façon très courante dans les campagnes. Il se parle, donc il peut aussi s’écrire. D’ailleurs, qui connaît l’avenir ? Qui sait si, quelque jour, il ne donnera pas un éclatant démenti aux prophètes de malheur ? »</p>
<hr />
<p id="note1" style="text-align: justify; line-height: 150%;">1. Le catalogue de l’exposition (Bordeaux, Gounouilhou, 1895) ne contient cependant aucune allusion au gascon et encore moins aux travaux de Bourciez. <a href="#1">↑</a></p>
<p id="note2" style="text-align: justify; line-height: 150%;">2. Sur 4414 communes, certaines ne répondant pas mais d’autres ayant envoyé en réponse deux, trois, quatre voire davantage de versions du texte.<a href="#2">↑</a></p>
<hr />
<h2>Bibliographie de l'auteur</h2>
<p style="text-align: justify; line-height: 150%;">-&nbsp;Voir les publications de Édouard Bourciez référencées dans&nbsp; <br /><a href="http://trobador.occitanica.eu/cgi-bin/koha/opac-search.pl?q=an%3D23487" target="_blank" rel="noopener">Le Trobador, catalogue international de la documentation occitane</a></p>
<hr />]]></dcterms:description>
    <dcterms:creator><![CDATA[Escarpit, David]]></dcterms:creator>
    <dcterms:publisher><![CDATA[Centre interrégional de développement de l&#039;occitan (Béziers)]]></dcterms:publisher>
    <dcterms:publisher><![CDATA[Recherche en domaine occitan (Montpellier)]]></dcterms:publisher>
    <dcterms:date><![CDATA[2017-08-21]]></dcterms:date>
    <dcterms:issued><![CDATA[2019-01-30 Aurélien Bertrand]]></dcterms:issued>
    <dcterms:license><![CDATA[Creative commons = BY - NC - ND]]></dcterms:license>
    <dcterms:relation><![CDATA[Vignette : https://vidas.occitanica.eu/files/square_thumbnails/f24e32ba1c648e71a6f94d7069253a8c.jpg]]></dcterms:relation>
    <dcterms:format><![CDATA[text/html]]></dcterms:format>
    <dcterms:language><![CDATA[fre]]></dcterms:language>
    <dcterms:type><![CDATA[Text]]></dcterms:type>
    <dcterms:identifier><![CDATA[http://vidas.occitanica.eu/items/show/2099]]></dcterms:identifier>
    <dcterms:spatial><![CDATA[Bordeaux (Gironde)]]></dcterms:spatial>
    <dcterms:spatial><![CDATA[Gironde (France)]]></dcterms:spatial>
    <dcterms:temporal><![CDATA[1876-1914]]></dcterms:temporal>
    <dcterms:temporal><![CDATA[1914-1939]]></dcterms:temporal>
    <dcterms:temporal><![CDATA[1939-1945]]></dcterms:temporal>
</rdf:Description><rdf:Description rdf:about="https://vidas.occitanica.eu/items/show/2128">
    <dcterms:title><![CDATA[Bouéry, Jean-Bernard (1922-2019)]]></dcterms:title>
    <dcterms:title><![CDATA[Bouéry, Jan-Bernat (1922-2019)]]></dcterms:title>
    <dcterms:description><![CDATA[<p style="text-align: justify; line-height: 150%;">Jean Bernard Bouéry est un écrivain provençal notament connu pour ses souvenirs de Résistance. Son œuvre lui a valu le Prix Frédéric Mistral 2002 de littérature provençale et le Grand prix littéraire de Provence 2005.</p>
<h2>Identité</h2>
<h3><b>Formes référentielles</b></h3>
<p style="text-align: justify;">Bouéry, Jan-Bernat (1922-2019)</p>
<h3>Autres formes connues</h3>
<p style="text-align: justify; line-height: 150%;">- Bouéry, Jean-Bernard (forme française du nom)</p>
<h2>Éléments biographiques</h2>
<p style="text-align: justify; line-height: 150%;">Né en 1922 à Besse-sur-Issole (Var), Jean-Bernard Bouéry était le fils d’un cheminot qui travaillait à l’entretien des voies. Sa mère était italienne. La famille habitait Carnoules (Var), bourgade marquée par la présence des employés de la SNCF. Elle avait élu la première municipalité communiste du département. Le père de Jean Bernard était d’ailleurs revenu communiste de la guerre de 1914. Au village, le provençal était la langue d’usage, y compris entre les enfants, même si, d’après Bouéry, l’instituteur donnait des claques si on parlait ainsi en classe...<br /> Jean-Bernard Bouéry fut touché par la poliomyélite lorsqu’il avait sept ans et en réchappa doublement handicapé, bossu et boiteux. Même s’il jouait comme tous les gosses de son âge, cette infirmité le fit souffrir en particulier à l’adolescence et le fit se retourner précocement vers son monde intérieur. Il écrivit assez tôt des poèmes. Il aurait voulu devenir maître d’école, mais son handicap lui fermait les portes de l’École normale. Il fit des études commerciales au collège Rouvière à Toulon (Var) jusqu’au brevet commercial qu’il passa à la mi-juin 1940 alors que des avions italiens bombardaient la ville. Convoqué aux Chantiers de Jeunesse, il en fut vite réformé, le 7 juillet 1942. Quelques mois après, il fut exempté du STO (Service du travail obligatoire en Allemagne). Grâce à des relations familiales, il avait pu enfin trouvé un emploi au Crédit Lyonnais à Brignoles (Var) en mars 1942. La tenue des comptes était un travail fastidieux et peu payé. Il y resta jusqu’au 31 janvier 1943. Mais quelques semaines plus tard, un cousin ouvrier de l’arsenal de Toulon le fit contacter par un résistant membre du réseau de renseignement Phalanx. Ce réseau, dirigé par Christian Pineau, était l’un des grands réseaux gaullistes, rattaché au BCRA de Londres. Alors que la Résistance locale était toute entière contrôlée par le parti communiste clandestin, il accepta de devenir agent de liaison de ce réseau avec pour pseudonyme <em>Victoire Jeannot</em> et pour matricule RH26. Il y fut officiellement incorporé comme agent P2, le 4 août 1943. Disponible, non menacé par le STO, considéré sans méfiance dans les contrôles, il assura ainsi jusqu’à la Libération la collecte et le transport des renseignements entre Nice (Alpes-Maritimes), Le Luc (Var), Carnoules, Cuers (Var), Toulon et Marseille (Bouches-du-Rhône). Ces renseignements portaient en particulier sur les terrains d’aviation de la région, l’arsenal de Toulon et les mouvements des trains destinés aux occupants (qu’il recueillait lui-même grâce à ses relations parmi les cheminots). Il conservait précieusement bien des années après les documents que le réseau lui avait remis pour identifier les avions, les grades, les unités militaires allemandes. À la Libération, il fut homologué chargé de mission de 3e classe, avec le grade de sergent, mais il se sentit comme abandonné quand on le démobilisa à la Marseille. Il dira plus tard : « Je n’étais plus rien ». <br />Revenu à une réalité difficile, souffrant de « sa jeunesse volée », il retrouva un emploi comme comptable intérimaire à la SNCF. Il traversa des moments difficiles et fit une grosse dépression en 1947. L’environnement politique et syndical à Carnoules était dur et il ne pouvait guère mettre en avant une activité résistante qui aurait nourri la suspicion, cependant il resta membre du Parti communiste jusqu’aux années soixante.<br /> Selon son témoignage, sa vie malheureuse se prolongea jusqu'à ce qu'il rencontre son épouse. Celle-ci avait 39 ans lorsqu’ils se marièrent, lui en avait 45 ans. Le couple eut un fils. Il s’installa à La Garde (Var), dans la grande banlieue de Toulon en 1974. Bouéry y trouva un environnement qui lui permit de multiplier les activités : musique, peinture d’aquarelles tournées vers les paysages de la Provence traditionnelle, photographie, apiculture, enseignement du provençal et écriture. Il était engagé près des associations de la ville de La Garde, La Farigouleto, L’Acamp et l’école de provençal.<br /> Titulaire de la carte de Combattant volontaire de la Résistance en 1948, il ne milita pas dans les associations d’anciens résistants et affectait de ne pas rechercher les décorations. Cependant ce fut pour lui une grande joie que de recevoir la Légion d’honneur, au titre de la Résistance, le 30 mai 2015. <br />Il décéda à La Garde le 20 février 2019.</p>
<h2>Engagement dans la Renaissance d’oc</h2>
<p style="text-align: justify; line-height: 150%;">Porté par son imagination, aimant écrire, amoureux d’une certaine idée de la Provence, engagé dans le félibrige, il se mit à rédiger ses souvenirs de guerre pour s'occuper, dira-t-il, car le départ de ses abeilles (il avait une vingtaine de ruches qui avaient « déserté ») l’avait beaucoup affecté. Il décida de les écrire en provençal pour – toujours selon lui – « changer de ce qui se faisait ». Son premier ouvrage, publié en 1998, <em>E pamens lis estiéu fuguèron bèu</em>... porte en sous-titre <em>Crounico d’uno jouinesso raubado</em>. Ce sont les souvenirs quelque peu romancés de ses années de jeunesse et de Résistance. Ils furent suivis par six autres titres, édités en provençal et en français, qui lui valurent le Prix Frédéric Mistral 2002 de littérature provençale et le Grand prix littéraire de Provence 2005. <br />Il était lié d’amitiés à d’autres écrivains provençalistes varois, notamment André Dégioanni de Cabasse (Var) et Jeanne Blacas de Brignoles.</p>
<h2>Bibliographie de l'auteur</h2>
<p style="text-align: justify; line-height: 150%;">- <em>E pamens lis estiéu fuguèron bèu ... Et pourtant les étés furent beaux…</em>, Marseille, Édicioun Prouvènço d’aro, 1998, 297 p. et rééd. 2000, 333 p. (biographie romancée) <br />- <em>L’an que ven, à Malofougasso. L’an prochain à Malefougasse</em>, Marseille, Édicioun Prouvènço d’aro, 2003, 348 p. (roman) <br />- <em>Escrit emé lou sang. Écrit avec le sang</em>, Toulon, éditions de l’Astrado, 2003 <br />- <em>Culido sus li camin doù siècle. Cueillies sur les chemins du siècle</em>, Marseille, Édicioun Prouvènço d’aro, 2006, 356 p. (nouvelles) <br />- <em>Li coumpagnoun de la niue. Les compagnons de la nuit</em>, Paris, L’harmattan, 2006, 411 p. <br />- <em>A la bello eisservo. Au gré du vent</em>, Marseille, Édicioun Prouvènço d’aro, 2009, 502 p. (roman) <br />-<em> Istori d’un couscrit de 1913. Histoire d’un conscrit de 1913</em>, Marseille, Édicioun Prouvènço d’aro, 2012, 280 p.</p>]]></dcterms:description>
    <dcterms:creator><![CDATA[Guillon, Jean-Marie ]]></dcterms:creator>
    <dcterms:publisher><![CDATA[Centre interrégional de développement de l&#039;occitan (Béziers)]]></dcterms:publisher>
    <dcterms:publisher><![CDATA[Recherche en domaine occitan (Montpellier)]]></dcterms:publisher>
    <dcterms:date><![CDATA[2019-04-16]]></dcterms:date>
    <dcterms:issued><![CDATA[2019-04-16 Aurélien Bertrand]]></dcterms:issued>
    <dcterms:license><![CDATA[Creative commons = BY - NC - ND]]></dcterms:license>
    <dcterms:relation><![CDATA[Vignette : https://vidas.occitanica.eu/files/square_thumbnails/d9d59dd0c928753353d5b3899ee9787e.jpg]]></dcterms:relation>
    <dcterms:isPartOf><![CDATA[Félibrige]]></dcterms:isPartOf>
    <dcterms:format><![CDATA[text/html]]></dcterms:format>
    <dcterms:language><![CDATA[fre]]></dcterms:language>
    <dcterms:type><![CDATA[Text]]></dcterms:type>
    <dcterms:identifier><![CDATA[http://vidas.occitanica.eu/items/show/2128]]></dcterms:identifier>
    <dcterms:bibliographicCitation><![CDATA[<p style="text-align: justify; line-height: 150%;">- Témoignage recueilli le 23 décembre 1998<br />- Archives départementales du Var 1470 W 22 (dossier d’attribution de la carte CVR) <br />- presse locale.</p>]]></dcterms:bibliographicCitation>
    <dcterms:spatial><![CDATA[Var (France)]]></dcterms:spatial>
    <dcterms:spatial><![CDATA[La Garde (Var)]]></dcterms:spatial>
    <dcterms:spatial><![CDATA[Toulon (Var)]]></dcterms:spatial>
    <dcterms:temporal><![CDATA[1968-...]]></dcterms:temporal>
</rdf:Description><rdf:Description rdf:about="https://vidas.occitanica.eu/items/show/2074">
    <dcterms:title><![CDATA[Boudon-Lashermes, Albert (1882-1967)]]></dcterms:title>
    <dcterms:title><![CDATA[Boudon-Lashermes, Albert (1882-1967)]]></dcterms:title>
    <dcterms:subject><![CDATA[Journaliste]]></dcterms:subject>
    <dcterms:subject><![CDATA[Folkloriste]]></dcterms:subject>
    <dcterms:description><![CDATA[<p style="text-align: justify;" dir="ltr">Albert Boudon-Lashermes, né et mort au Puy-en-Velay, docteur en droit, érudit local, journaliste, félibre (mestre en gai-sabé, vice syndic de la maintenance de Velay dans les années 30).</p>
<h2>Identité</h2>
<h3><b>Formes référentielles</b></h3>
<p style="text-align: justify;">Boudon-Lashermes, Albert (1882-1967)</p>
<h3>Autres formes connues</h3>
<p style="text-align: justify; line-height: 150%;">- Boudon, Albert (forme erronée)</p>
<p style="text-align: justify; line-height: 150%;">- Larifitanfoy (pseudonyme)</p>
<h2>Éléments biographiques</h2>
<p style="text-align: justify;" dir="ltr">Albert Boudon-Lashermes naît le 28 février 1882 au Puy, fils de Georges Boudon et Louise Lashermes. Il tenait de son père et surtout de son oncle, Albert Boudon, passionné d’histoire locale et auteur d’importants travaux généalogiques, un goût prononcé pour l’histoire régionale. Dès l'âge de 17 ans, il écrit des pièces de théâtre dont la première est imprimée en 1899. Après des études de droit et une thèse de doctorat sur la sénéchaussée présidiale du Puy (1908), il s'intéresse à l’histoire, à la généalogie et au folklore du Puy et de la région du Velay, sur lesquels il publie de nombreux ouvrages. Albert Boudon-Lashermes meurt au Puy – où il est enterré – le 11 juillet 1967. Il laisse une œuvre considérable de poète, auteur de pièces de théâtre, historien et folkloriste. Une partie de ses collections se trouve aux Archives départementales de la Haute-Loire et la partie occitane au CIRDOC.</p>
<h2>Engagement dans la renaissance d’oc</h2>
<h3>Journaliste au front</h3>
<p style="text-align: justify;" dir="ltr">Occitanophone et engagé dans le grand mouvement de renaissance régionaliste du début du XXe siècle, il prend la tête de l’école félibréenne du Puy qui reçoit en 1913 le nom d’<em>Escolo Peire Cardenal</em>. Il rencontre Frédéric Mistral qui lui préface son ouvrage <em>Glòri óublidado : pouèmo provençau</em>. Mobilisé en 1914, il devient sergent-major au 286e régiment d’infanterie et fonde, le 28 janvier 1915, l'école félibréenne l’<em>Escolo dóu Boumbardamen</em> dans une tranchée de Lorraine, à Remières, regroupant en grande majorité des félibres issus du Velay. L’<em>Escolo dòu boumbardamen</em> publie <em>l’Écho du Boqueteau</em>, journal artisanal polycopié à l‘alcool, conçu et rédigé sur le front, qui propose des textes en français et en occitan jusqu’en 1916, date à laquelle est créée une édition entièrement en occitan (provençal) ; Boudon-Lashermes en est le rédacteur en chef de 1915 à 1919. C’est autour de Boudon que se retrouvent la plupart des écrivains félibres du front pour participer à cette aventure éditoriale qui réunit notamment Marius Jouveau, Louis Abric, Pierre Causse ou encore Francis Pouzol. <br /><br /></p>
<h3>Rédacteur en chef actif</h3>
<p style="text-align: justify;" dir="ltr">Le journal<em> La Crounico de Sant Maiou</em> dont il est rédacteur en chef de 1912-1923, paraît tout au long de la guerre avant d’être domicilié « en sa vigno de Chaussoun pròchi lou Puei-Santo-Mario (Auto-Lèiro) » jusqu’en 1925. Il a aussi été le rédacteur en chef de plusieurs autres publications régionalistes<em> Le Petit Vignard</em> (1897-1911), <em>Terre Vellave</em> (1924-1935), <em>Terroirs</em> (1936-1955) et président de l’Académie de Velay jusqu’en 1956.</p>]]></dcterms:description>
    <dcterms:description><![CDATA[<p style="text-align: justify;" dir="ltr">Albèrt Bodon-Lashermes, nascut e mòrt al Puèi de Velai, doctor en drech, erudit local, jornalista, felibre (mèstre en Gay-Saber, vice-sendic de la Mantenença de Velai dins las annadas 30).</p>
<h2>Identitat</h2>
<h3><b>Formas referencialas</b></h3>
<p style="text-align: justify;">Boudon-Lashermes, Albert (1882-1967)</p>
<h3>Autras formas conegudas</h3>
<p style="text-align: justify; line-height: 150%;">- Boudon, Albert (forme erronée)</p>
<p style="text-align: justify; line-height: 150%;">- Larifitanfoy (pseudonyme)</p>
<h2 style="text-align: justify;">Elements biografics</h2>
<p style="text-align: justify;" dir="ltr">Albèrt Bodon-Lashermes nais lo 28 de febrièr de 1882 al Puèi, filh de Jòrdi Bodon e Loïsa Lashermes. Coma son paire e sustot son oncle Albèrt Bodon passionat d’istòria locala e autor d’importants trabalhs genealogics, a un gost marcat per l’istòria regionala. Tre l’atge de 17 ans, escriu de pèças de teatre, sa primièra es estampada en 1899. Aprèp d’estudis de drech e una tèsi de doctorat sus la senescalciá presidiala del Puèi (1908), s’interèssa a l’istòria, a la genealogia e al folclòre del Puèi e de la region de Velai, e publica d’obratges nombroses sus aquel subjècte. Albèrt Bodon-Lashermes s’escantís lo 11 de julhet de 1967 al Puèi ont es sebelit. Daissa una òbra consequenta de poèta, autor de teatre, istorian e folclorista. Una partida de sas colleccions se tròba als Archius departamentals de Naut Leir e la partida occitana al CIRDOC.</p>
<h2>Engatjament dins la Renaissença d’Òc</h2>
<h3>Jornalista al front</h3>
<p style="text-align: justify;" dir="ltr">Occitanofòn e engatjat dins lo grand movement de renaissença regionalista de la debuta del sègle XX, dirigís l’escòla felibrenca del Puèi que pren lo nom d’<em>Escolo Peire Cardenal</em> en 1913. Rescontra Frederic Mistral que li prefàcia son obratge <em>Glòri óublidado : pouèmo prouvençau</em>. Mobilizat en 1914, ven sergent major al 286° regiment d’infantariá e fonda, lo 28 de genièr de 1915, l’escòla felibrenca <em>L’Escolo dóu Boumbardamen</em> dins una trencada de Lorena, a Remières, que recampa per la màger part de felibres de Velai. <em>L’Escolo dóu Boumbardamen</em> publica <em>L’Echo du Boqueteau</em>, jornal artesanal policopiat a l’alcoòl, concebut e escrich sul front, que propausa de tèxtes en francés e en occitan duscas a 1916, puèi una edicion n’es creada sonque en occitan de Provença. Bodon-Lashermes n’es lo cap-redactor de 1915 a 1919. Es a l’entorn de Bodon que se retròba la màger part dels escrivans felibres del front per participar a aquela aventura editoriala que reünís en particular Màrius Joveau, Loís Abric, Pèire Causse o encara Francís Pozòl.</p>
<h3>Cap-redactor actiu</h3>
<p style="text-align: justify;" dir="ltr">Lo jornal <em>La Crounico de Sant Maiou</em> que n’es lo cap-redactor de 1912 a 1923 pareis pendent tota la guèrra abans d’èstre domiciliat « en sa vigno de Chaussoun pròchi lou Puei-Santo-Mario (Auto-Lèiro) » duscas a 1925. Es tanben cap-redactor d’autras publicacions regionalistas, <em>Le Petit Vignard</em> (1897-1911), <em>Terre Vellave</em> (1924-1935), Terroirs (1936-1955) e president de l’Academia de Velai duscas a 1956.</p>]]></dcterms:description>
    <dcterms:creator><![CDATA[Bancarel, Gilles]]></dcterms:creator>
    <dcterms:creator><![CDATA[Lespoux, Yan]]></dcterms:creator>
    <dcterms:creator><![CDATA[Martel, Philippe]]></dcterms:creator>
    <dcterms:creator><![CDATA[Verny, Marie-Jeanne]]></dcterms:creator>
    <dcterms:publisher><![CDATA[Centre interrégional de développement de l&#039;occitan (Béziers)]]></dcterms:publisher>
    <dcterms:publisher><![CDATA[Recherche en domaine occitan (Montpellier)]]></dcterms:publisher>
    <dcterms:date><![CDATA[2016-04-27]]></dcterms:date>
    <dcterms:issued><![CDATA[2019-03-11 Aurélien Bertrand]]></dcterms:issued>
    <dcterms:license><![CDATA[Creative commons = BY - NC - ND]]></dcterms:license>
    <dcterms:relation><![CDATA[Vignette : https://vidas.occitanica.eu/files/square_thumbnails/745b42309b4462344089877f5e949a14.jpg]]></dcterms:relation>
    <dcterms:isPartOf><![CDATA[Félibrige]]></dcterms:isPartOf>
    <dcterms:format><![CDATA[text/html]]></dcterms:format>
    <dcterms:language><![CDATA[oci]]></dcterms:language>
    <dcterms:language><![CDATA[fre]]></dcterms:language>
    <dcterms:type><![CDATA[Text]]></dcterms:type>
    <dcterms:identifier><![CDATA[http://vidas.occitanica.eu/items/show/2074]]></dcterms:identifier>
    <dcterms:bibliographicCitation><![CDATA[<h3 style="text-align: justify;"><span>FRANÇAIS</span></h3>
<p style="text-align: justify;" dir="ltr"><span><em>C'est l'estrambord !</em> : galéjade en cinq tableaux et en vers</span><span> par Félix-Edmond Fabre et Albert Boudon-Lashermes ; [S.l.] : [s.n.], [s.d.]</span></p>
<div style="text-align: justify;" dir="ltr"><em>La sénéchaussée présidiale du Puy</em><span><em> par Albert Boudon</em> ; Université de Grenoble. Faculté de droit et des sciences économiques. Organisme de soutenance ; Thèse de doctorat de Droit, Grenoble, 1908<br /><br /></span></div>
<div style="text-align: justify;" dir="ltr"><em>Le Vieux Puy : vieux logis et vieilles familles</em><span> par Gaston de Jourda de Vaux (pour les dessins)... et Albert Boudon-Lashermes (pour le texte)... ; Saint-Etienne, impr. de J. Thomas, 1911.<br /><br /></span></div>
<div style="text-align: justify;" dir="ltr"><em>L'instruction publique au Puy sous l'ancien régime</em><span> Albert Boudon-Lashermes ; Saint-Etienne, Théolier, 1912.<br /><br /></span></div>
<div style="text-align: justify;" dir="ltr"><span><em>Le château des éperviers</em> : roman historique et local</span><span> par Albert Boudon-Lashermes ; Yssingeaux : Cl. Ranchon, 1920.<br /><br /></span></div>
<div style="text-align: justify;" dir="ltr"><em>Le Vieux Puy. Le Grand Pardon de Notre-Dame et l'Église du Puy de 992 à 1921</em><span> par Albert Boudon-Lashermes ; Ouvrage illustré par Gaston de Jourda de Vaux ; Le Puy-en-Velay, impr. Peyriller : Rouchon et Gamon ; Badiou-Amant, éditeur, 1921.<br /><br /></span></div>
<div style="text-align: justify;" dir="ltr"><em>Les origines de la cité d'Anis : des origines à la conquête romaine</em><span> Albert Boudon-Lashermes ; Le Puy en Velay : [s.n.], 1923.<br /><br /></span></div>
<div style="text-align: justify;" dir="ltr"><em>Les Vigueries carolingiennes dans le diocèse du Puy</em><span> &nbsp;A. Boudon-Lashermes ; &nbsp;Thouars : Impr. nouv., 1930.<br /><br /></span></div>
<div style="text-align: justify;" dir="ltr"><em>Histoire du Velay : les vigueries carolingiennes dans le diocèse du Puy</em><span> Albert Boudon-Lashermes ; Thouars (Deux-Sèvres) : Impr. Nouvelle, 1930.<br /><br /></span></div>
<div style="text-align: justify;" dir="ltr"><em>Histoire du Velay. Les Vigueries carolingiennes vellaves</em><span> Albert Boudon-Lashermes ; Yssingeaux, impr. Paul Michel, 1935.<br /><br /></span></div>
<div style="text-align: justify;" dir="ltr"><em>Les Orfèvres du Puy-Notre-Dame</em><span><em> par Noël Thiollier</em>. Notes généalogiques par A. Boudon-Lashermes ; [St-Félicien, Ardèche] : Au Pigeonnier ; [Romans, Drôme, impr. de A. Domergue], 1943.<br /><br /></span></div>
<div style="text-align: justify;" dir="ltr"><em>Le Velay gallo-grec</em><span> A. Boudon-Lashermes,... Histoire du Velay ; Rodez, &nbsp;Subervie, 1958.<br /><br /></span></div>
<h3 style="text-align: justify;" dir="ltr"><span>OCCITAN</span></h3>
<div style="text-align: justify;" dir="ltr"><em>Un journal de tranchée : l'Echo du boqueteau, </em><span>A. Boudon-Lashermes ; Le Puy : Impr. des Félibres, 1919.<br /><br /></span></div>
<div style="text-align: justify;" dir="ltr"><em>La Crounico de Sant Maiou</em><span><em>s’edito douge cops chasque an pèr de felibres de la maintenenço de Velai</em>, </span><span>Le Puy, [s.n.], 1913-1925. </span></div>
<div style="text-align: justify;"><span><span>&nbsp;</span></span></div>
<div style="text-align: justify;" dir="ltr"><em>Glòri óublidado : pouèmo provençau</em><span> &nbsp;A. Boudon-Lashermes ; emé traducioun franceso et prefaci de Frederi Mistral ; Le Puy : </span><span>Badiou-Amant, [s.d.].<br /><br /></span></div>
<div style="text-align: justify;" dir="ltr"><em>Les fêtes félibréennes du Puy</em><span> &nbsp;A. Boudon-Lashermes&nbsp;; [s.l.] : [s.n.], [1923].<br /><br /></span></div>
<div style="text-align: justify;" dir="ltr"><span><em>Pèr Alan : souveni de la felibrejado dei 10 de setembre 1923</em> ;</span><span> [s.l.], Mantenènço de Velai, 1923.<br /><br /></span></div>
<div style="text-align: justify;" dir="ltr"><em>Licenciouso : epoupèio velaienco</em><span> &nbsp;Albert Boudon-Lashermes ; Lou Puei-Santo-Mario, [s.n.], 1926.<br /><br /></span></div>
<h3 style="text-align: justify;" dir="ltr"><span>ÉDITIONS CONTEMPORAINES</span></h3>
<div style="text-align: justify;" dir="ltr"><em>Le Vieux Puy : vieux logis et vieilles familles</em><span><em> par Albert Boudon-Lashermes pour le texte ; Gaston de Jourda de Vaux pour les dessins, introd. par Michel Pomarat ...</em> ; Grenoble, Éd. des 4 Seigneurs, 1973.<br /><br /></span></div>
<div style="text-align: justify;" dir="ltr"><em>Us et costumes du Velay</em><span><em> Albert Boudon-Lashermes.</em> [Nouv. éd.] ; [Brives-Charensac] : [Association des Amis d'Albert Boudon-Lashermes] ; Paris, Librairie régionaliste, 1985.<br /><br /></span></div>
<div style="text-align: justify;" dir="ltr"><em>La Vie d'autrefois au Puy-en-Velay</em><span> par Albert Boudon-Lashermes ; ill. par Gaston de Jourda de Vaux,... ; Brives-Charensac, Association des amis d'Albert Boudon-Lashermes, 1986.<br /><br /></span></div>
<div style="text-align: justify;" dir="ltr"><em>Les Origines de la cité d'Anis : des origines à la Conquête romaine</em><span> par Albert Boudon-Lashermes&nbsp;; Brives-Charensac, Association des amis d'Albert Boudon-Lashermes, 1987.<br /><br /></span></div>
<div style="text-align: justify;" dir="ltr"><em>Le Grand pardon de Notre-Dame et l'Église du Puy de 992 à 1921</em><span> par Albert Boudon-Lashermes ; ill. par Gaston de Jourda de Vaux ; Brives-Charensac, Association des amis d'Albert Boudon-Lashermes, 1988.<br /><br /></span></div>
<div style="text-align: justify;" dir="ltr"><em>Le Vieux Puy</em><span><em> par Albert Boudon-Lashermes</em> ; préface, Michel Pomarat ; Le Breuil-de-Doue, Brives-Charensac [France], Association des amis d'Albert Boudon-Lashermes, 1989.<br /><br /></span></div>
<div style="text-align: justify;" dir="ltr"><em>Les Chouans du Velay : le mouvement contre-révolutionnaire dans l'ancien diocèse du Puy</em><span> par Albert Boudon-Lashermes ; Le Breuil-de-Doue (43700 Brives-Charensac), Association des amis d'Albert Boudon-Lashermes, 1989.<br /><br /></span></div>
<div style="text-align: justify;" dir="ltr"><em>Podium Sanctae Mariae = Le Puy Sainte-Marie (à partir de la conquête romaine) ; La Déesse Vélauna et les trois images de N.D. du Puy</em><span> par Albert Boudon-Lashermes ; préf. Michel Pomarat,... ; Le Breuil-de-Doue, Association des amis d'Albert Boudon-Lashermes, 1989.<br /><br /></span></div>
<div style="text-align: justify;" dir="ltr"><em>Voyage en Orient du premier ministre du roi de Chosson</em><span> [Albert Boudon-Lashermes] ; [dessins de G. de Jourda de Vaux]. [Reprod. en fac-sim.] ; [Brives-Charensac], Association des amis d'A. Boudon-Lashermes, 1994.<br /><br /></span></div>
<div style="text-align: justify;" dir="ltr"><em>Les parsonniers vellaves : dynasties d'artistes et de lettrés</em><span>. Tome I par Albert Boudon-Lashermes. [Reprod. en fac-sim.] ; [Brives-Charensac], Association des amis d'Albert Boudon-Lashermes, 1997.<br /><br /></span></div>
<div style="text-align: justify;" dir="ltr"><span>« Lo Bodon de Velai » [entrevista entre Didièr Perre e Ives Gorgaud] dans </span><em>Occitans !</em><span> (Carcassona) n° 62, p. 12-13.<br /><br /></span></div>
<div style="text-align: justify;" dir="ltr"><em>Ouros de guerro </em><span><em>Albert Boudon-Lashermes</em> ; choix des textes et présentation Yves Gourgaud ; Saint-Martin-de-Valgalgues, Aigo Vivo, 2008.</span></div>
<div style="text-align: justify;"><span><span>&nbsp;</span></span></div>
<h3 style="text-align: justify;" dir="ltr"><span>Bibliographie sur </span><span>Albert Boudon-Lashermes</span></h3>
<div style="text-align: justify;" dir="ltr"><em>Albert Boudon-Lashermes (1882-1967) : sa vie, son œuvre par des hommages et témoignages contemporains,&nbsp;</em><span data-mce-mark="1">[réunis par l'] Association des amis d'Albert Boudon-Lashermes [et l'] Escolo félibrenco velaienco Pèire Cardenal ; Le Puy-en-Velay, [Éd. Jeanne-d'Arc], 2004.<br /><br /></span></div>
<div style="text-align: justify;" dir="ltr"><span data-mce-mark="1">François-Hubert Forestier, « Bibliographie » dans : </span><span data-mce-mark="1">Albert Boudon-Lashermes (1882-1967) : sa vie, son oeuvre : par des hommages et témoignages contemporains</span><span data-mce-mark="1"> / [réunis par l'] Association des amis d'Albert Boudon-Lashermes [et l'] Escolo félibrenco velaienco Pèire Cardenal ; Le Puy-en-Velay : [Éd. Jeanne-d'Arc], 2004, p. 137-154.</span></div>
<div style="text-align: justify;"><span><span>&nbsp;</span></span></div>
<h2 style="text-align: justify;" dir="ltr"><span>MANUSCRITS</span></h2>
<div style="text-align: justify;">CIRDOC - Collège d’Occitanie</div>
<div style="text-align: justify;" dir="ltr"><span>CO - correspondance J Salvat CP010/6</span></div>
<div style="text-align: justify;"><span><span>&nbsp;</span></span></div>
<div style="text-align: justify;" dir="ltr"><span>- «&nbsp;La Santo-Estello sus lou fron&nbsp;», texte de A. Boudon et poème «&nbsp;A Jòrgi de Mourgues&nbsp;», pèr Johan Giat, 2 p. ms </span></div>
<div style="text-align: justify;" dir="ltr"><span>CQ 029 - 11 </span></div>
<div style="text-align: justify;"><span><span>&nbsp;<br /></span></span>
<p dir="ltr">CIRDOC - <a href="http://occitanica.eu/omeka/admin/items/show/12433">Fonds Boudon-Lashermes</a></p>
</div>]]></dcterms:bibliographicCitation>
    <dcterms:bibliographicCitation><![CDATA[<h3>FRANÇAIS</h3>
<p dir="ltr"><em>C'est l'estrambord !</em>&nbsp;: galéjade en cinq tableaux et en vers&nbsp;par Félix-Edmond Fabre et Albert Boudon-Lashermes ; [S.l.] : [s.n.], [s.d.]</p>
<div dir="ltr"><em>La sénéchaussée présidiale du Puy</em><em>&nbsp;par Albert Boudon</em>&nbsp;; Université de Grenoble. Faculté de droit et des sciences économiques. Organisme de soutenance ; Thèse de doctorat de Droit, Grenoble, 1908<br /><br /></div>
<div dir="ltr"><em>Le Vieux Puy : vieux logis et vieilles familles</em>&nbsp;par Gaston de Jourda de Vaux (pour les dessins)... et Albert Boudon-Lashermes (pour le texte)... ; Saint-Etienne, impr. de J. Thomas, 1911.<br /><br /></div>
<div dir="ltr"><em>L'instruction publique au Puy sous l'ancien régime</em>&nbsp;Albert Boudon-Lashermes ; Saint-Etienne, Théolier, 1912.<br /><br /></div>
<div dir="ltr"><em>Le château des éperviers</em>&nbsp;: roman historique et local&nbsp;par Albert Boudon-Lashermes ; Yssingeaux : Cl. Ranchon, 1920.<br /><br /></div>
<div dir="ltr"><em>Le Vieux Puy. Le Grand Pardon de Notre-Dame et l'Église du Puy de 992 à 1921</em>&nbsp;par Albert Boudon-Lashermes ; Ouvrage illustré par Gaston de Jourda de Vaux ; Le Puy-en-Velay, impr. Peyriller : Rouchon et Gamon ; Badiou-Amant, éditeur, 1921.<br /><br /></div>
<div dir="ltr"><em>Les origines de la cité d'Anis : des origines à la conquête romaine</em>&nbsp;Albert Boudon-Lashermes ; Le Puy en Velay : [s.n.], 1923.<br /><br /></div>
<div dir="ltr"><em>Les Vigueries carolingiennes dans le diocèse du Puy</em>&nbsp;&nbsp;A. Boudon-Lashermes ; &nbsp;Thouars : Impr. nouv., 1930.<br /><br /></div>
<div dir="ltr"><em>Histoire du Velay : les vigueries carolingiennes dans le diocèse du Puy</em>&nbsp;Albert Boudon-Lashermes ; Thouars (Deux-Sèvres) : Impr. Nouvelle, 1930.<br /><br /></div>
<div dir="ltr"><em>Histoire du Velay. Les Vigueries carolingiennes vellaves</em>&nbsp;Albert Boudon-Lashermes ; Yssingeaux, impr. Paul Michel, 1935.<br /><br /></div>
<div dir="ltr"><em>Les Orfèvres du Puy-Notre-Dame</em><em>&nbsp;par Noël Thiollier</em>. Notes généalogiques par A. Boudon-Lashermes ; [St-Félicien, Ardèche] : Au Pigeonnier ; [Romans, Drôme, impr. de A. Domergue], 1943.<br /><br /></div>
<div dir="ltr"><em>Le Velay gallo-grec</em>&nbsp;A. Boudon-Lashermes,... Histoire du Velay ; Rodez, &nbsp;Subervie, 1958.<br /><br /></div>
<h3 dir="ltr">OCCITAN</h3>
<div dir="ltr"><em>Un journal de tranchée : l'Echo du boqueteau,&nbsp;</em>A. Boudon-Lashermes ; Le Puy : Impr. des Félibres, 1919.<br /><br /></div>
<div dir="ltr"><em>La Crounico de Sant Maiou</em><em>s’edito douge cops chasque an pèr de felibres de la maintenenço de Velai</em>,&nbsp;Le Puy, [s.n.], 1913-1925.</div>
<div>&nbsp;</div>
<div dir="ltr"><em>Glòri óublidado : pouèmo provençau</em>&nbsp;&nbsp;A. Boudon-Lashermes ; emé traducioun franceso et prefaci de Frederi Mistral ; Le Puy :&nbsp;Badiou-Amant, [s.d.].<br /><br /></div>
<div dir="ltr"><em>Les fêtes félibréennes du Puy</em>&nbsp;&nbsp;A. Boudon-Lashermes&nbsp;; [s.l.] : [s.n.], [1923].<br /><br /></div>
<div dir="ltr"><em>Pèr Alan : souveni de la felibrejado dei 10 de setembre 1923</em>&nbsp;;&nbsp;[s.l.], Mantenènço de Velai, 1923.<br /><br /></div>
<div dir="ltr"><em>Licenciouso : epoupèio velaienco</em>&nbsp;&nbsp;Albert Boudon-Lashermes ; Lou Puei-Santo-Mario, [s.n.], 1926.<br /><br /></div>
<h3 dir="ltr">ÉDITIONS CONTEMPORAINES</h3>
<div dir="ltr"><em>Le Vieux Puy : vieux logis et vieilles familles</em><em>&nbsp;par Albert Boudon-Lashermes pour le texte ; Gaston de Jourda de Vaux pour les dessins, introd. par Michel Pomarat ...</em>&nbsp;; Grenoble, Éd. des 4 Seigneurs, 1973.<br /><br /></div>
<div dir="ltr"><em>Us et costumes du Velay</em><em>&nbsp;Albert Boudon-Lashermes.</em>&nbsp;[Nouv. éd.] ; [Brives-Charensac] : [Association des Amis d'Albert Boudon-Lashermes] ; Paris, Librairie régionaliste, 1985.<br /><br /></div>
<div dir="ltr"><em>La Vie d'autrefois au Puy-en-Velay</em>&nbsp;par Albert Boudon-Lashermes ; ill. par Gaston de Jourda de Vaux,... ; Brives-Charensac, Association des amis d'Albert Boudon-Lashermes, 1986.<br /><br /></div>
<div dir="ltr"><em>Les Origines de la cité d'Anis : des origines à la Conquête romaine</em>&nbsp;par Albert Boudon-Lashermes&nbsp;; Brives-Charensac, Association des amis d'Albert Boudon-Lashermes, 1987.<br /><br /></div>
<div dir="ltr"><em>Le Grand pardon de Notre-Dame et l'Église du Puy de 992 à 1921</em>&nbsp;par Albert Boudon-Lashermes ; ill. par Gaston de Jourda de Vaux ; Brives-Charensac, Association des amis d'Albert Boudon-Lashermes, 1988.<br /><br /></div>
<div dir="ltr"><em>Le Vieux Puy</em><em>&nbsp;par Albert Boudon-Lashermes</em>&nbsp;; préface, Michel Pomarat ; Le Breuil-de-Doue, Brives-Charensac [France], Association des amis d'Albert Boudon-Lashermes, 1989.<br /><br /></div>
<div dir="ltr"><em>Les Chouans du Velay : le mouvement contre-révolutionnaire dans l'ancien diocèse du Puy</em>&nbsp;par Albert Boudon-Lashermes ; Le Breuil-de-Doue (43700 Brives-Charensac), Association des amis d'Albert Boudon-Lashermes, 1989.<br /><br /></div>
<div dir="ltr"><em>Podium Sanctae Mariae = Le Puy Sainte-Marie (à partir de la conquête romaine) ; La Déesse Vélauna et les trois images de N.D. du Puy</em>&nbsp;par Albert Boudon-Lashermes ; préf. Michel Pomarat,... ; Le Breuil-de-Doue, Association des amis d'Albert Boudon-Lashermes, 1989.<br /><br /></div>
<div dir="ltr"><em>Voyage en Orient du premier ministre du roi de Chosson</em>&nbsp;[Albert Boudon-Lashermes] ; [dessins de G. de Jourda de Vaux]. [Reprod. en fac-sim.] ; [Brives-Charensac], Association des amis d'A. Boudon-Lashermes, 1994.<br /><br /></div>
<div dir="ltr"><em>Les parsonniers vellaves : dynasties d'artistes et de lettrés</em>. Tome I par Albert Boudon-Lashermes. [Reprod. en fac-sim.] ; [Brives-Charensac], Association des amis d'Albert Boudon-Lashermes, 1997.<br /><br /></div>
<div dir="ltr">« Lo Bodon de Velai » [entrevista entre Didièr Perre e Ives Gorgaud] dans&nbsp;<em>Occitans !</em>&nbsp;(Carcassona) n° 62, p. 12-13.<br /><br /></div>
<div dir="ltr"><em>Ouros de guerro&nbsp;</em><em>Albert Boudon-Lashermes</em>&nbsp;; choix des textes et présentation Yves Gourgaud ; Saint-Martin-de-Valgalgues, Aigo Vivo, 2008.</div>
<div>&nbsp;</div>
<h3 dir="ltr">Bibliographie sur&nbsp;Albert Boudon-Lashermes</h3>
<div dir="ltr"><em>Albert Boudon-Lashermes (1882-1967) : sa vie, son œuvre par des hommages et témoignages contemporains,&nbsp;</em><span data-mce-mark="1">[réunis par l'] Association des amis d'Albert Boudon-Lashermes [et l'] Escolo félibrenco velaienco Pèire Cardenal ; Le Puy-en-Velay, [Éd. Jeanne-d'Arc], 2004.<br /><br /></span></div>
<div dir="ltr"><span data-mce-mark="1">François-Hubert Forestier, « Bibliographie » dans :&nbsp;</span><span data-mce-mark="1">Albert Boudon-Lashermes (1882-1967) : sa vie, son oeuvre : par des hommages et témoignages contemporains</span><span data-mce-mark="1">&nbsp;/ [réunis par l'] Association des amis d'Albert Boudon-Lashermes [et l'] Escolo félibrenco velaienco Pèire Cardenal ; Le Puy-en-Velay : [Éd. Jeanne-d'Arc], 2004, p. 137-154.</span></div>
<div>&nbsp;</div>
<h2 dir="ltr">MANUSCRITS</h2>
<div>CIRDOC - Collège d’Occitanie</div>
<div dir="ltr">CO - correspondance J Salvat CP010/6</div>
<div>&nbsp;</div>
<div dir="ltr">- «&nbsp;La Santo-Estello sus lou fron&nbsp;», texte de A. Boudon et poème «&nbsp;A Jòrgi de Mourgues&nbsp;», pèr Johan Giat, 2 p. ms</div>
<div dir="ltr">CQ 029 - 11</div>
<div>&nbsp;<br />
<p dir="ltr">CIRDOC -&nbsp;<a href="http://occitanica.eu/omeka/admin/items/show/12433">Fonds Boudon-Lashermes</a></p>
</div>]]></dcterms:bibliographicCitation>
    <dcterms:spatial><![CDATA[Le Puy-en-Velay (Haute-Loire)]]></dcterms:spatial>
    <dcterms:spatial><![CDATA[Haute-Loire (France)]]></dcterms:spatial>
    <dcterms:temporal><![CDATA[1914-1939]]></dcterms:temporal>
    <dcterms:temporal><![CDATA[1939-1945]]></dcterms:temporal>
    <dcterms:temporal><![CDATA[1945-1968]]></dcterms:temporal>
</rdf:Description><rdf:Description rdf:about="https://vidas.occitanica.eu/items/show/2094">
    <dcterms:title><![CDATA[Boissière, Jules (1863-1897)]]></dcterms:title>
    <dcterms:title><![CDATA[Boissière, Juli (1863-1897)]]></dcterms:title>
    <dcterms:subject><![CDATA[Écrivain]]></dcterms:subject>
    <dcterms:subject><![CDATA[Publiciste]]></dcterms:subject>
    <dcterms:description><![CDATA[<p style="text-align: justify; line-height: 150%;">Écrivain, félibre et journaliste languedocien. Militaire puis administrateur colonial au Tonkin où il réside de 1886 jusqu’à sa mort prématurée en 1897, des suites de sa consommation intense de l’opium. Il a utilisé deux langues – le français et le provençal rhodanien – comme vecteurs d’une production artistique, tant en prose qu’en vers, qui trouvera essentiellement en Indochine sa terre d’inspiration.</p>
<h2>Identité</h2>
<h3><b>Formes référentielles</b></h3>
<p style="text-align: justify;">Boissière, Jules (1863-1897)</p>
<h3>Autres formes connues</h3>
<p style="text-align: justify; line-height: 150%;">- Boissière, Juli (forme occitane du nom)</p>
<p style="text-align: justify; line-height: 150%;">- Khou-Mi (pseudonyme)</p>
<h2>Éléments biographiques&nbsp;</h2>
<p style="text-align: justify; line-height: 150%;">Né le 17 avril 1863 à Clermont-l’Hérault, rue Croix-Rouge, Jules Boissière effectue une brillante scolarité à Montpellier puis à Paris (classe de rhétorique supérieure au lycée Henri IV), où ses parents et sa sœur se sont installés. Particulièrement doué en langues, il commence à s’initier au journalisme en collaborant au journal radical-socialiste de Clémenceau <em>La Justice</em>. C’est à la même époque qu’il se met à fréquenter le Paris de la fin du Parnasse, des Décadents et des Symbolistes. Il n’a que vingt ans lorsqu’est publié chez Lemerre – l’éditeur parnassien par excellence – son premier recueil de poésies <em>Devant l’énigme</em> où l’on sent particulièrement l’influence de Mallarmé, l’un des auteurs qui l’accompagnera tout au long de sa brève vie.<br />Au lendemain de la défaite de 1870, de nombreux poètes continuent d’être tentés par le voyage en Orient&nbsp; et par le goût de l’aventure, voire de l’héroïsme… Jules Boissière, comme Rimbaud et Loti en tête de toute une génération, ne fait pas exception à la règle et se laisse aller à des rêves de départ et de lointains voyages... Pourtant, ses racines provençales ne sont jamais bien loin – comme on peut le constater à la lecture de son deuxième recueil <em>Provensa !</em> (1887) – et se retrouvent renforcées par la fréquentation des félibres parisiens du café Voltaire, parmi lesquels Alphonse Daudet, Clovis Hugues, Charles Maurras et Paul Mariéton avec lesquels il nouera des liens amenés à perdurer. Il devient très vite le secrétaire de la Société des Félibres de Paris et est invité par Valère Bernard à venir en Provence où il rencontre Frédéric Mistral. C’est sans doute l’époque de la naissance de son amour pour Thérèse Roumanille, fille du célèbre <em>primadié</em>, qui vient d’être choisie à Hyères comme nouvelle reine du Félibrige. Aimer une « reine », qui plus est fille d’un ardent polémiste royaliste, pas toujours très tolérant envers les agnostiques, n’était assurément pas chose aisée ! Le poète écrit désormais, le plus souvent sans signature, des chroniques parlementaires dans des journaux d’obédience radical-socialiste et volontiers anticléricale, tels que le quotidien héraultais <em>Le Petit Méridional</em>. C’est en 1886, pour des raisons qui demeurent encore partiellement obscures – mais qui ont sans doute un lien avec l’abandon de Louis-Edouard Boissière, père de l’auteur, du domicile conjugal et avec les difficultés financières qui s’en suivent –, qu’il prend le parti de s’expatrier et de voir du pays. Justement, le Tonkin vient d’être transformé en colonie française et l’Annam est sous protectorat français depuis 1874 : tour à tour secrétaire de Paulin-Alexandre Vial, résident général en Annam et au Tonkin, puis surtout de Paul Bert, gouverneur civil de l’Annam et du Tonkin dont il devient le commis de résidence, Jules Boissière effectue en Indochine son service militaire, combat – puisque la conquête n’est alors pas encore terminée –, apprend l’annamite et lit 3000 caractères de chinois puis devient fonctionnaire dans le corps des administrateurs. Collaborateur d’Ernest Constans, nommé en 1887 gouverneur général, il devient alors ce poète provençal en Indochine qui s’installe à Binh-Dinh puis à Qui-Nhon, visite tout le pays nouvellement conquis, <em>Calendau</em> de Mistral sous le bras et sa bibliothèque toujours prête à le suivre en brousse. Depuis le Tonkin, il ne cesse de correspondre avec l’auteur de <em>Mirèio</em> puis, plus tard, avec Mallarmé. Il écrit alors toute une œuvre poétique en provençal, recueillie et traduite post-mortem par son épouse sous le titre <em>Li Gabian</em> (Les Goëlands).</p>
<p style="text-align: justify; line-height: 150%;">Dans un premier temps, sa nostalgie de la terre de Provence prend le pas sur l’attirance pour le paysage environnant, son peuple et ses coutumes. L’écriture coloniale obéit chez lui à un lent processus de maturation qui semble parallèlement correspondre à sa progression dans l’échelle administrative et à sa rencontre avec l’opium.<br /> C’est, de fait, avec ses seuls <em>Propos d’un intoxiqué</em>, récit publié à Hanoï en 1890 – sous le pseudonyme de Khou-Mi, gardien de pagode – et plusieurs fois réédité, qu’il se fait un nom parmi ces écrivains de l’opiomanie en vogue à la fin du XIX<sup>e</sup> siècle.<br /> Devenu un administrateur brillant, tout auréolé de ses succès indochinois, il rentre en France pour sa première permission. Il peut désormais prétendre à la main de Thérèse Roumanille, qu’il épouse en l’église Saint-Agricol d’Avignon, le 17 avril 1891, puis ramène en Indochine l’année suivante.<br />Alors même que la vie semble lui sourire, il n’écrit curieusement plus en provençal et il faut attendre son dernier séjour en France, en 1896, pour qu’il rédige ses cinq derniers poèmes dans la langue de Mistral. Entre-temps, il est devenu en Indochine un homme d’action pour lequel l’écriture en prose devient le vecteur principal de la production littéraire. Il prend alors la direction de <em>La Revue Indochinoise</em> qui publiera, au-delà de la disparition de son fondateur, les principaux auteurs français d’Indochine. C’est l’époque où Boissière écrit certains de ses textes les plus forts et les plus influencés par sa vie d’aventurier, de soldat et de haut-fonctionnaire du Tonkin, tous publiés chez Flammarion en 1896 dans le recueil<em> Fumeurs d’Opium</em> : <em>Dans la forêt, La prise de Lang-Xi, Comédiens ambulants, Le blockhaus incendié, Les génies du mont Tân-Vien, Une âme, Journal d’un fusillé</em>. <br />Le 12 août 1897, à peine retourné à Hanoï, en qualité de vice-résident, il meurt brutalement d’une occlusion intestinale (sans doute due à sa fréquentation assidue des fumeries d’opium…). Il a 34 ans. Pour respecter sa volonté, sa dépouille n’est pas ramenée sur le sol français et il est enterré au cimetière d’Hanoï. Sur sa stèle ne figurent que son nom et ses dates de naissance et de mort.</p>
<h2>Engagement dans la renaissance d’oc</h2>
<p style="text-align: justify; line-height: 150%;">Contrairement à ce que pourrait le laisser croire une lecture trop rapide de sa biographie, Jules Boissière demeure nostalgiquement et sensoriellement attaché, tout au long de sa brève vie, à la Provence et à la langue rhodanienne telle que codifiée par Roumanille, Mistral et leurs compagnons. Si on ne trouve pas trace dans sa production d’une expression en dialecte languedocien usité à Clermont – quoiqu’il appelle à la cultiver dans sa critique d’un ouvrage de A.P. Fleury-Geniez, <em>Histoire populaire de la ville de Clermont-L’Hérault rédigée</em>, pour La Revue Félibréenne de mars 1886 – c’est sans doute parce que chez lui, au sein d’une famille très bourgeoise, on est assez éloigné de la langue d’Oc. De fait, l’attachement à la langue provençale sera davantage le fruit d’une démarche intellectuelle – voire élitiste – et s’exprimera dès la préface de <em>Provensa !</em> (1887), son deuxième recueil de poésies, toutes écrites en français, où il écrit, non sans une nostalgie de circonstance : « Mais à courir les chemins, je me suis épris de la Terre, et surtout de notre terre à nous, l’antique Provensa dont le nom, jeté de l’Océan aux Alpes, rallia nos aïeux contre Montfort ». <br />C’est la fréquentation à Paris des félibres du café Voltaire, puis l’invitation de certains d’entre eux à venir séjourner en Provence, qui pousse Boissière à écrire en vers provençaux. Parmi ses nombreuses contributions aux divers organes officiels du Félibrige (<em>L’Armana prouvencau</em> et <em>La Revue Félibréenne</em> essentiellement), il faut relever 5 poèmes qui reparaîtront, à titre posthume, dans le recueil <em>Li Gabian</em> (1899) et dans lesquels s’exprime déjà l’inspiration provençale de l’auteur : <em>Partènço</em> où l’on trouve l’idée – empreinte d’un souffle épique – de l’exil du peuple provençal opprimé ; <em>Li Plagnun dou Tambourinaire</em> où le vieux joueur préfère rester seul, à l’écart, plutôt que de faire ou de voir danser les jeunes filles avec les étrangers venus du nord ; <em>Au Comte Gastoun De Ravousset-Bourboun</em>, aventurier provençal fusillé au Mexique en 1854, qui permet de retrouver une âme héroïque ; <em>La Campano</em> et <em>Au Païs de Prouvènço</em> qui en appellent au réveil de la jeunesse et de la Patrie provençale.<br /> Un soir de 1885, dans le cadre splendide du plateau du Cheiron (Alpes-Maritimes), il tente de créer, en compagnie d’autres félibres de la nouvelle génération, Valère Bernard, Louis Funel et Frédéric Amouretti, une fédération de la jeunesse patriote provençale : <em>Lou Roble&nbsp; di Jouve</em>. L’entreprise, pas vraiment encouragée par Mistral, s’arrête vite, mais on en retrouvera la trace, quelques années plus tard, dans la <em>Déclaration des jeunes félibres fédéralistes</em> du 22 février 1892 soutenue mais non signée par Boissière, alors au Tonkin.<br /> Mais c’est sans doute la période indochinoise – en particulier les années 1887-1888, puis 1896, après le dernier séjour en France – qui constitue chez lui un creuset essentiel au développement d’une sensibilité et d’une écriture occitane renouvelée. À côté de quelques pièces où s’expriment des regrets déchirants et le désir du retour (<em>I Proumiè Felibre et I jouini Felibre</em>), c’est bien une renaissance poétique que Boissière connaît sur la terre d’Annam : écrits en langue d’Oc mais prenant pour thème des sujets indochinois ou asiatiques, sans ajout d’exotisme à bon marché, certains de ses poèmes permettent alors au côté provençal de s’exprimer avec force et comptent parmi les plus beaux de l’auteur : <em>Pantai di belli fiho, Lou Bouddha, Retra de Chineso, Cementèri d’Annam, En Barquet, Souto li tourrè d’argènt, Après la bataio</em>… <br />Avec le 1er retour en Provence (1891), son vers se fait souvent plus lyrique et laisse percer l’émotion derrière le costume du troubadour – si l’on en juge par les vers de l’époque du mariage avec Thérèse Roumanille – jusqu’à créer le vers halluciné et parfois amer de 1896, année qui est également celle de la parution du recueil <em>Fumeurs d’opium</em>. La vision est désormais pénétrante, morbide et le style a pris une ampleur allant bien au-delà de tout néo-exotisme. <br />Des vers d’épithalame d’<em>A-N-Uno Rèino</em>, célébrant le retour du Prince lointain, on se retrouve ainsi avec un vers enfiévré : <em>Lou Félibre Canto</em> (<em>la roumanso à sa Réino</em>), chant d’un pur lyrisme, suivi par <em>Lou Félibre raconto</em> (<em>coume arribè que soun Cors e soun Amo, las d’avè cerca’n van l’Amour e la Muso, s’entournéron au vilage patriau, mounte se repauson de la Vido emai di Sounge</em>) et <em>Lou Félibre raconto</em> (<em>ço qu’a vist is enfèr dins la fourèst enmascarello</em>) puis, enfin, par <em>Mar e Sereno</em> (Avignon, 5 mars 1896) où le poète, las de la réalité, se berce d’imaginations et dispose désormais d’une maîtrise supérieure de son instrument. <br />Le fantastique et le symbolisme ne sont pas absents de la production poétique de cette dernière époque et d’étranges figures (de Cléopâtre à Messaline, de Salomé à la Borgia, en passant par Isabeau, Marguerite, Hélène et la Lorelei de Heine, même non directement citée…) peuplent ces vers d’où l’opium n’est sans doute guère éloigné…</p>
<h2>Bibliographie de l'auteur</h2>
<p style="text-align: justify; line-height: 150%;">Voir les publications occitanes de Jules Boissière référencées dans&nbsp;<br /><a href="http://trobador.occitanica.eu/cgi-bin/koha/opac-search.pl?q=an:5519" target="_blank" rel="noopener">Le Trobador, catalogue international de la documentation occitane</a></p>
<h3>Œuvres littéraires de Jules Boissière</h3>
<p style="text-align: justify; line-height: 150%;">- <em>Devant l’énigme, poésies</em> (1879-1883), Paris, Alphonse Lemerre, 1883 <br /><br />- <em>Propos bourguignons sur trois sonnets</em> in <em>Causeur bourguignon</em> n° 48, 9 novembre 1884 <br /><br />- <em>Provensa ! poésies</em> (1884-1885), Paris, Alphonse Lemerre, 1887 <br /><br />- <em>Le Carnet d’un soldat</em> in <em>L’Avenir du Tonkin</em>, 1889 (inséré dans <em>Fumeurs d’opium</em> sous le titre <em>Carnet d’un troupier</em>) <br /><br />- <em>Le Bonze Khou-Su</em>, Hanoï, François-Henri Schneider, 1890 (sous le pseudonyme de Jean Rodde) <br /><br />- <em>Propos d’un intoxiqué</em>, imprimerie de <em>L’Avenir du Tonkin</em>, 1890 (sous le pseudonyme de Khou-Mi, gardien de pagode) puis Paris, Louis Michaud, 1911(incluant <em>Le Bonze Khou-Su</em>, <em>Terre de fièvre</em>, <em>Cahier de route</em>) <br /><br />- <em>Fumeurs d’opium</em> (comprenant <em>Dans la forêt</em>, <em>La prise de Lang-Xi</em>, <em>Comédiens ambulants</em>, <em>Le blockhaus incendié</em>, <em>Les génies du mont Tan-Vien</em>, <em>Carnet d’un troupier</em>, <em>Une âme</em>. <em>Journal d’un fusillé</em>) Paris, Flammarion, 1896 <br /><br />- <em>Li Gabian</em> (Les Goélands), recueil des poésies provençales de Jules Boissière traduites littéralement en français par Mme Boissière, Avignon, Joseph Roumanille, 1899<br /><br />- <em>Lou Souto-Prefét</em>, poème inclus dans « Flourilege Prouvencau » (« Anthologie Provençale ») par J.Bourrilly, A.Esclangon et P.Fontan, Escolo de la Targo, Toulon, 1909, p.192-194<br /><br />- <em>Pèr Mounto-Davalo</em>, texte en prose inclus dans <em>L’Armana prouvençau</em> de 1889, p. 95-97 <br /><br />- <em>Li Pàuri Coumedian</em>, texte en prose inclus dans <em>L’Armana prouvençau</em> de 1897, p. 66-70. <br /><br />- <em>La Congaï</em>, poème inédit cité intégralement par Victor Le Lan in « Essai sur la littérature Indochinoise », <em>Les Cahiers Indochinois</em>, Hanoï, 1907 <br /><br />- <em>Ailes et Fumées</em>, poème inédit dédicacé à Albert de Pouvourville sur son exemplaire de <em>Fumeurs d’opium</em>, publié dans <em>La Dépêche Coloniale Illustrée</em>, 31 juillet 1909 <br /><br />- <em>Cahiers de route</em>, <em>pages inédites</em> in <em>Mercure de France</em> n° 344, mai 1911 <br /><br />- <em>L’Indo-Chine avec les français</em>, Paris, Louis Michaud, 1913<br /><br />- <em>Peno De Gabian</em> (<em>Plumes De Goéland</em>, extraits de <em>Li Gabian</em>), l’Astrado, Toulon, 1977 <br /><br />- <em>Dans la forêt et La prise de Lang-Xi</em> in <em>Indochine</em>, <em>Un rêve d’Asie</em>, Omnibus, 1995 – Réédition en 2000 <br /><br />- <em>Fumeurs d’opium</em> (comprenant <em>Comédiens ambulants</em>, <em>Les génies du mont Tan-Vien et autres nouvelles</em>), Kailash, Paris, 1993 et 2005 <br /><br />- <em>Opium</em> (textes choisis 1885-1895), Magellan et Cie, Paris, 2007</p>
<h3>Correspondances</h3>
<p style="text-align: justify; line-height: 150%;">- <em>Correspondance Jules Boissière-Frédéric Mistral.</em> Musée bibliothèque Mistral de Maillane (série 31/44 à 31/80)<br /><br />- <em>Correspondance Jules Boissière-Stéphane Mallarmé.</em> Documents Stéphane Mallarmé III, présentés par Carl Paul Barbier, Paris, Nizet, 1971<br /><br />- <em>Correspondance Jules Boissière- Marie Louise Boissière (née Rodde)</em>, 1886-1892, Médiathèque Ceccano, Avignon (Microfiche 239, ms 6052)</p>
<h3>Collaboration de Jules Boissière à divers journaux, revues, rapports…</h3>
<p style="text-align: justify; line-height: 150%;">-&nbsp;<em>Le Petit Méridional, Journal Républicain Quotidien</em> (1883-1886) <br /><br />- <em>La Justice</em> (1884-1886) <br /><br />- <em>La Revue Félibréenne</em> (1885-1898)<br /><br /> - <em>L’Armana Prouvençau</em> (1889-1897) : <em>Pèr Mounto-Davalo</em> (numéro de 1889, p. 95-97), <em>À la bèllo eisservo</em> (numéro de 1897, p. 51-52), <em>Li Pàuri Coumedian</em> (numéro de 1897, p. 66-70) Les autres textes en vers ont été recueillis dans le recueil <em>Li Gabian</em>. Les quelques contes en prose que J.Boissière écrivit pour <em>L’Armana</em> n’ont jamais été recueillis.<br /><br />- <em>La Revue Verte « Monde, littérature, beaux-arts, finance » : Au Tonkin</em> (25 novembre 1886) et <em>Poésies : La vision de Montfort </em>et<em> Village Provençal</em> (25 février 1887) <br /><br />- <em>Chimère, Revue de littérature et de critique indépendante : Ac-Koï, Tonquin</em> (n° 20, mai 1893-introuvable) <br /><br />- <em>L’Avenir du Tonkin</em> (1886-1897) : <em>Par la Brousse</em> (publié sous le pseudonyme de Khou-Mi, gardien de pagode), 14 mai 1890 <br /><br />- <em>Courrier d’Haïphong : Une âme, journal d’un fusillé</em> (2 mars 1893, sous le pseudonyme de Jean Robert) <br /><br />- <em>La Revue Indochinoise</em> (1893-1897) <br /><br />- <em>Le XIXème Siècle, Journal Républicain Conservateur</em> (années ?) <br /><br />- <em>L’Écho de Paris</em> (années ?) <br /><br />- <em>Le Temps</em> (années ?) <br /><br />-<em> Le Soleil</em> (années ?) <br /><br />- <em>Rapport général sur le châu de Bach-Tong</em>, Journal Officiel de l’Indochine française, 5 septembre 1889 (2ème partie Annam-Tonkin, p.666) <br /><br />- <em>Situation de l’Indochine française au commencement de 1894</em> (Rapport administratif anonyme… mais dédicacé au couple Boissière…), Hanoï, François-Henri Schneider, 1894, <em>Bulletin de l’Ecole française d’Extrême-Orient</em>, vol.13, (p.90), 1913</p>
<h3>Travaux universitaires relatifs à Jules Boissière</h3>
<p style="text-align: justify; line-height: 150%;">- Nguyen Manh Tuong, <em>L’Annam dans la littérature française-Jules Boissière</em>. Thèse complémentaire pour le doctorat en lettres (228 p.), 1 vol., Université de Montpellier, faculté des lettres, 1932 <br /><br />- Jean-Yves Casanova, <em>Estrangié pèr li viéu, estrangié pèr li mort</em> : « entre deux » du temps et de l’espace dans la poésie de Jules Boissière », <em>Amb un fil d’amistat. Mélanges offerts à Philippe Gardy</em>, Toulouse, Centre d’Étude de la Littérature Occitane, 2014, p. 267-296.</p>
<h3>Monographies, notices biographiques et articles sur Jules Boissière et son œuvre</h3>
<p style="text-align: justify; line-height: 150%;">- Charles Maurras, « La vie littéraire : deux voyageurs, M. Ouvré, M. Boissière », <em>Revue Encyclopédique</em>, 14 octobre 1896 <br /><br />- Jean Dream, « Boissière », <em>L’Avenir du Tonkin</em>, 18 août 1897 <br /><br />- René Dorsan, « Notice sur Jules Boissière », <em>La Provence illustrée</em>, 15 mai 1900 <br /><br />- Paul Mariéton, « Jules Boissière », <em>La Revue Félibréenne</em>, t. XIII, fascicule pour 1897, Paris, 1898 <br /><br />- Paul Mariéton, « Notice sur Jules Boissière », <em>La Revue Félibréenne</em>, 1907&nbsp; <br /><br />- Victor Le Lan, « Essai sur la littérature Indochinoise », <em>Les Cahiers Indochinois</em>, Hanoï, 1907 <br /><br />- Albert Maybon, « Jules Boissière », <em>Revue Indochinoise</em>, 2ème semestre 1910 <br /><br />- Jean Ajalbert, préface à <em>Propos d’un intoxiqué</em>, Paris, Louis Michaud, 1911 <br /><br />- René Crayssac, « Essai sur la vie et l’œuvre de Jules Boissière », <em>Revue Indochinoise</em>, juillet-août 1912- p.24-59. <br /><br />- Eugène Pujarniscle, « La philosophie de Jules Boissière », <em>Revue Indochinoise</em>, janvier 1918- p.1 à 44. <br /><br />- Albert de Pouvourville, « L’opium » - Conférence donnée le lundi 1er juin 1908 au siège du Congrès, Comité des congrès coloniaux français (parue dans <em>Propos d’un intoxiqué</em>, Paris, Editions Zanzibar, 1995 <br /><br />- Albert de Pouvourville, <em>Chasseur de Pirates !...</em>, Aux Editeurs associés, 79 bis rue de Vaugirard, Paris, 1923.<br /><br />- Félix Bertrand, <em>Félix Gras et son œuvre (1844-1901), Li Gabian de Jules Boissière</em>, Aix-en-Provence, Les Editions du « Feu », 1935<br /><br />- Farfantello (pseudonyme d’Henriette Dibon), <em>Juli Boissière</em> in <em>Visage Felibren</em>, Edicioun dou Porto-Aigo, Aix-en-Provence, 1935 <br /><br />- Postface de Jean-Philippe Geley à <em>Fumeurs d’opium</em>, Paris, Kailash, 1993 <br /><br />- Préface d’Émilie Cappella à <em>Opium</em> (textes choisis 1885-1895), Magellan et Cie, Paris, 2007<br /><br />- Patrick Leblanc, « Jules Boissière (1863-1897). Le Malentendu », in <em>Semeurs de signes, passeurs de sens… Des Poètes en Languedoc</em>, Béziers, Arcadia, 2012, p. 11-23 <br /><br />- Jean-Yves Casanova, préface à <em>Dans la forêt</em> in <em>La Revue Littéraire</em> n° 57, avril-mai 2015</p>
<h3>Ouvrages et articles sur le Félibrige et son temps faisant référence à Jules Boissière</h3>
<p style="text-align: justify; line-height: 150%;">- Ernest Gaubert et Jules Veran, <em>Anthologie de l’Amour Provençal</em>, Paris, Mercure de France 1909 <br /><br />- Jules Charles-Roux, <em>Des Troubadours à Mistral</em>, François Seguin, Avignon, 1917 (incluant la célèbre lettre de Mistral à Boissière du 14 septembre 1885 sur le système fédéral)<br /><br />- Jean Ajalbert, <em>L’En-Avant de Frédéric Mistral</em>, Paris, Denoël et Steele, 1931 <br /><br />- Émile Ripert, <em>La librairie Roumanille</em>, Lyon, S.A de l’imprimerie A. Rey, 1934 <br /><br />- Michel Courty, <em>« Peno de gabian » de Juli Boissiere</em>, in <em>Lou Liame</em>, Revue de Culture Provençale de l’Escolo Dou Dragoun n° 68, Draguignan, 1978 <br /><br />- Jacques Thibert, Georges Granier, « Jules Boissière », in <em>Bulletin du Groupe de Recherches et d’Etudes du Clermontais (G.R.E.C)</em>, n° 59-60, avril-juillet 1991 <br /><br />- Charles Maurras, <em>Barbares et Romans, Les Félibres</em>, numéro spécial du journal La Plume, 1891. <br /><br />- René Jouveau, <em>Histoire du Félibrige</em> (4 vol., en particulier vol.2 « 1876-1914 »), Nîmes, 1970. <br /><br />- Victor N’Guyen, « Maurras et le Félibrige : éléments de problématique » in <em>La France Latine</em>, n°78-79, 1979 (cite la lettre de Jules Boissière à Paul Mariéton du 3 août 1892 à propos de la déclaration des félibres fédéralistes)<br /><br />- Victor N’Guyen, <em>Aux origines de l’Action Française-Intelligence et politique autour des années 1900</em>, Paris, Fayard, 1991.<br /><br />- Philippe Martel, <em>Les Félibres et leur temps-Renaissance d’oc et opinion (1850-1914)</em>, Presses Universitaires de Bordeaux, 2010</p>
<hr />]]></dcterms:description>
    <dcterms:creator><![CDATA[Casini, Hervé]]></dcterms:creator>
    <dcterms:publisher><![CDATA[Centre interrégional de développement de l&#039;occitan (Béziers)]]></dcterms:publisher>
    <dcterms:publisher><![CDATA[Recherche en domaine occitan (Montpellier)]]></dcterms:publisher>
    <dcterms:date><![CDATA[2019-01-23]]></dcterms:date>
    <dcterms:issued><![CDATA[2019-03-19 Aurélien Bertrand]]></dcterms:issued>
    <dcterms:license><![CDATA[Creative commons = BY - NC - ND]]></dcterms:license>
    <dcterms:relation><![CDATA[Vignette : https://vidas.occitanica.eu/files/square_thumbnails/13703276ccd196970d14e279567fad49.jpg]]></dcterms:relation>
    <dcterms:isPartOf><![CDATA[Félibrige]]></dcterms:isPartOf>
    <dcterms:format><![CDATA[text/html]]></dcterms:format>
    <dcterms:language><![CDATA[fre]]></dcterms:language>
    <dcterms:type><![CDATA[Text]]></dcterms:type>
    <dcterms:identifier><![CDATA[http://vidas.occitanica.eu/items/show/2094]]></dcterms:identifier>
    <dcterms:spatial><![CDATA[Clermont-l&#039;Hérault (Hérault)]]></dcterms:spatial>
    <dcterms:spatial><![CDATA[Paris (France)]]></dcterms:spatial>
    <dcterms:spatial><![CDATA[Tonkin (Viet-Nam)]]></dcterms:spatial>
    <dcterms:spatial><![CDATA[Hérault (France)]]></dcterms:spatial>
    <dcterms:temporal><![CDATA[1854-1876]]></dcterms:temporal>
    <dcterms:temporal><![CDATA[1876-1914]]></dcterms:temporal>
</rdf:Description><rdf:Description rdf:about="https://vidas.occitanica.eu/items/show/2107">
    <dcterms:title><![CDATA[Boissel, Pierre (1872-1939)]]></dcterms:title>
    <dcterms:title><![CDATA[Boissel, Pierre (1872-1939)]]></dcterms:title>
    <dcterms:subject><![CDATA[Médecin]]></dcterms:subject>
    <dcterms:description><![CDATA[<p style="text-align: justify; line-height: 150%;">Pierre Boissel (1872-1939), médecin, s’est lancé dans la poésie en langue majoritairement occitane alors qu’une cécité commençait à le gêner. Ce handicap a été adouci par la présence de ses filles, qui, dès 1921, l’ont accompagné dans ses visites aux malades, et après 1927, dans l’écriture de ses poèmes. Il a publié un recueil de poèmes intitulé <em>Lou ser ol contou</em> et une saynète<em> Lou gal o contat</em>.</p>
<h2>Identité</h2>
<h3><b>Formes référentielles</b></h3>
<p style="text-align: justify;">Boissel, Pierre (1872-1939)</p>
<h3>Autres formes connues</h3>
<p style="text-align: justify; line-height: 150%;">- Boissel, Urbin Pierre (Nom à l'état-civil)</p>
<p style="text-align: justify; line-height: 150%;">- Lo bon doctor Boissèl (pseudonyme)</p>
<p style="text-align: justify; line-height: 150%;">- Œudipe (pseudonyme)</p>
<h2>Éléments biographiques</h2>
<p style="text-align: justify; line-height: 150%;">Urbin Pierre Boissel est né le 10 septembre 1872 dans une petite maison du bourg de Conty, à Mouzens, Dordogne) dans un milieu modeste, ses grands-parents étaient paysans. Sa mère est issue d’une famille nombreuse. Il était fils de Jean Boissel, instituteur du village, et de Françoise Soulié originaire de la commune de Veyrines-de-Domme (Dordogne). Il a été le seul enfant du couple, et son père ne s’est pas remarié. Lui s’est marié le 6 juin 1898 avec Françoise Eline de Gisson, de Castels (Dordogne). Le couple a eu quatre filles : Emma née en 1899, Edith née en 1900, Denise née en 1902, Gilberte née en 1904.<br />Orphelin de mère très tôt, il est élevé par ses tantes qui « l’adorent et le gâtent. Elles n’arrivent pas à être sévères avec ce galopin qui vit une enfance libre comme l’air et près de la nature<a id="1" href="#note1"><sup>1</sup></a> ». Il participe aux travaux des champs, vendanges, moissons, récoltes. Cette enfance bucolique inspirera sa poésie.<br />Il baigne dans un monde rural où chacun s’exprime en occitan, mais il apprend le français avec son père instituteur. Il n’a aucune difficulté pour s’intégrer à l’école et sa scolarité primaire se déroule sans problème. Son père l’inscrit comme pensionnaire au lycée de Périgueux où ses études sont brillantes. En 1890, il part à Toulouse en faculté de médecine. À chaque période de vacances, il revient dans la propriété paternelle de Capudie. Il aurait aimé faire carrière dans la marine, mais il ne peut intégrer l’école de Santé Navale à Rochefort à cause d’un déficit de vision. Alors il choisit d’installer un cabinet de médecin en 1899 dans la petite ville de Saint-Cyprien, sa région natale.<br />C’est une bourg en pleine prospérité d’environ 1800 habitants, situé dans une région de polyculture, et entouré d’usines de ciments et de chaux qui attirent une importante population d’ouvriers.<br />Ses beaux-parents achètent une maison dans le quartier de la Couture, pour que leur fille puisse continuer ses études dans la communauté religieuse proche ; au premier étage Pierre installe son cabinet et soigne ses malades ; sous la terrasse de droite est logé le cheval qu’il conduit dans ses tournées. Une cour étroite le sépare de la maison d’habitation. Son épouse éduque leurs quatre filles. Elle leur parle français bien sûr, la seule langue reconnue par l’État et enseignée à l’école de façon énergique en ce début de siècle. Mais le père aime à parler la langue d’oc et il leur communique son engouement. Il s’en sert beaucoup dans ses visites, ce qui rend la communication avec ses patients plus facile. Dans un poème sans titre, il met en scène un quiproquo sur la langue qui prouve, pour un médecin, la difficulté de se faire comprendre s’il ne parle pas la langue du peuple<sup><a id="2" href="#note2">2</a>&nbsp;</sup>:</p>
<p style="line-height: 175%; padding-left: 30px; font-family: roboto; font-size: 85%; text-align: center;"><em>Un jour, je fus mandé chez un petit malade </em><br /><em>Qui voyait un confrère, en pays sarladais.</em><br /><em> Après un court trajet qui fut une ballade,</em><br /><em> Dieu, le joli pays ! Chez l’enfant j’arrivais. </em><br /><em>J’étais seul, ce matin, par extraordinaire </em><br /><em>Celui qui m’attendait fut le retardataire. </em><br /><em>J’approchai néanmoins du rustique berceau </em><br /><em>D’où je voyais sortir un tout petit museau </em><br /><em>Et je fus étonné d’un sommeil si tranquille </em><br /><em>Alors que les parents se faisaient tant de bile.</em><br /><em> C’est alors que je vis, rose, un petit flacon <br />Suspendu sur l’enfant par un menu cordon. </em><br /><em>Mais il s’est réveillé, troublé par ma présence, </em><br /><em>Il va pleurer, mais non, le flacon se balance <br />Poussé par mon index : l’enfant semble ravi </em><br /><em>Si bien que ses parents croient que je l’ai guéri, <br />Et que je les entends, surpris par ce sourire </em><br /><em>Aussi léger soit-il, en bon patois se dire </em><br /><em>« L’aoutre nous obio dit : mettez lou pendouilla, <br />Mais nous obio pas dit de lou fa brontoula<a id="3" href="#note3"><sup>3</sup></a>. » </em><br /><em>C’est vrai qu’il avait dit : « Pendant cet intermède,&nbsp; </em><br /><em>Vous voudrez, je vous prie, suspendre le remède<a id="4" href="#note4"><sup>4</sup></a>. »</em></p>
<p style="text-align: justify; line-height: 150%;">Le 3 août 1914, l’Allemagne déclare la guerre à la France. Pierre Boissel est mobilisé et donne des soins aux blessés sur le Front. Il est atteint à la cuisse par un éclat d’obus, et il est nommé médecin chef des armées au Centre de Réforme de Limoges. En 1917, alors que la grippe espagnole fait des ravages, les médecins militaires ont pour mission d’aller soigner les malades dans les campagnes. Au cours d’une de ces visites, le chauffeur de son automobile perd le contrôle du véhicule, qui butte contre une pile de pont. Le traumatisme crânien dont va souffrir Pierre Boissel semble avoir aggravé son problème de vue : dès 1919, sa vision se trouble de plus en plus, et très vite ce sera la cécité complète. Un jour qu’il faisait sa tournée à vélo, le cheval ayant été réquisitionné pendant la guerre, un paysan qu’il n’avait pas vu dut faire un écart pour l’éviter sur la route... <br />Alors dès 1921, et jusqu’en 1927, sa fille aînée Emma l’accompagne dans ses déplacements dans une voiture automobile, et sur ses conseils, dispense même des soins aux malades. Il semble qu’il ait été très apprécié par ses clients parce qu’il montrait beaucoup d’empathie, il était en quelque sorte un des leurs par la langue et par ses origines. Entre eux, la langue n’était pas une barrière, mais une connivence. <br />En ce début de vingtième siècle, « le peu de recours thérapeutiques fait que le médecin doit souvent baser son action sur l’éducation des ruraux en leur expliquant les règles hygiéno-diététiques élémentaires. Ce n’est pas chose aisée quand on sait que cette population exprime mieux ses souffrances et comprend mieux les explications du médecin dans la langue qui est la sienne : le patois<a id="5" href="#note5"><sup>5</sup></a> ». <br />Il soigne les riches et les pauvres avec le même désintéressement, il est d’ailleurs souvent appelé « le médecin des pauvres » ; c’est un humaniste qui oublie de faire payer ses visites, ou qui reçoit en forme de gratification un poulet, des œufs ou autres. Dans le meilleur des cas, il est payé « aux tabacs », c’est-à-dire à la fin de l’année, lorsque les tabaculteurs ont livré leur marchandise à l’entrepôt de Saint-Cyprien. Le va-et-vient continu de charrettes puis de véhicules motorisés est bien accepté par la ville car si le tabac a été acheté un bon prix, le paysan content va payer ses dettes de l’année et même s’autoriser un peu de superflu…Le médecin perçoit à ce moment-là les honoraires d’une année de soins ! Il organise des cours fort appréciés pour les accouchées. <br />Il est élu conseiller municipal à Saint-Cyprien, non par goût de la politique, mais pour apporter du mieux dans la vie de ses concitoyens : il prend à bras le corps le problème majeur de sa ville, l’alimentation en eau potable. Des bornes fontaines sont posées au coin des rues. Cette tâche menée à bien, il se désintéresse du débat municipal. Il n’appartient à aucun parti politique, et est difficilement classable. Dans un poème intitulé <em>Requeta a Monsur Yvon Delbos</em>, Yvon Delbos qu’il connaît bien parce qu’il s’est trouvé avec lui au lycée de Périgueux, il se positionne du côté du paysan<a id="6" href="#note6"><sup>6</sup></a>. Il évoque le Front populaire de 1936 dans deux poèmes, et s’il n’adhère pas à son idéal, il reconnaît que la vie devrait être plus douce pour les plus démunis, et souhaite que les riches donnent un peu aux pauvres. Sa personnalité ne correspond pas vraiment à son milieu : par son mariage il était entré dans une famille bourgeoise, mais au vu de son œuvre il ne semble pas qu’il ait eu beaucoup d’affinités avec ce milieu-là.</p>
<h2>Engagement dans la renaissance d'oc</h2>
<p style="text-align: justify; line-height: 150%;">L’année 1927 est importante dans la vie de Pierre Boissel. Le curé de la paroisse organise des projections cinématographiques et un film est détérioré ; il faut le rembourser, et il s’agit d’une somme énorme. Pour trouver les fonds, le docteur Boissel prépare la revue <em>En panne</em> qui décrit la vie quotidienne de la cité, et il met en scène les habitants de la ville eux-mêmes. Son goût pour le spectacle lui vient sans doute de ses prestations sur les planches au Capitole de Toulouse quand il était étudiant, pour se faire un peu d’argent. C’est un évènement… et le départ de Pierre Boissel dans la création littéraire.<br />À partir de 1928, il commence à tromper l’ennui que lui occasionne son mal par la poésie. Il installe un bureau dans une pièce contiguë à son cabinet médical. Il écrit avec un guide-lignes, fait de bandes parallèles de carton placées à intervalles réguliers, dans lesquels il guide son crayon à papier en le faisant buter contre le carton. Le procédé ne marche pas toujours et des lignes se superposent, rendant le manuscrit illisible. Il ne cesse pas d’exercer sa profession malgré son handicap et, sa fille aînée s’étant mariée, c’est maintenant sa fille cadette qui l’accompagne sur les chemins, mais aussi dans l’écriture des poèmes qu’il lui dicte. Il se remémore les personnes, les bois, les prés, les ruisseaux, qui lui étaient familiers. Il les dépeint avec justesse, finesse et humour en convoquant ses souvenirs, et il choisit de les exprimer le plus souvent en langue d’oc. Cette langue qui l’a tant aidé dans l’exercice de la médecine, il va en devenir un ardent défenseur. Il en vante les mérites : elle est parfois rude, parfois douce, parfois ironique ou grivoise. Si quelquefois il emploie le vocable « patois » pour la désigner, il choisit le plus souvent avec tendresse les termes <em>Lou Sorlodés</em>, ou <em>Nostre parlar<a id="7" href="#note7"><sup>7</sup></a></em>, c’est-à-dire la langue de la région de Sarlat, son pays natal :</p>
<p style="line-height: 175%; padding-left: 30px; font-family: roboto; font-size: 85%; text-align: center;"><em><span style="text-decoration: underline;">Nostre parlar</span> <br /><br />Lenguo qué, pétit aï oppréso <br />Près déous londiers, sans alphabet, <br />Lou paoúré sot, qué té mespréso <br />Déou ové lou cervel estret. <br /><br />Souvent ruffo coummo los paouttos <br />Del bouyer qué faï lou seillou, <br />Qué s’offino, quand sus loï gaouttos <br />Dé so moi met un poutou ! <br /><br />Et sé dé toun brèt, té souvénès <br />Ero douço, quand lo Mioun <br />Contabo: soun, soun, vènés, nènés, <br />Soun, soun, soun, vènéis doun. <br /><br />Semblo noscudo per fa riré <br />O taoulo, nostrès invitats, <br />Né savis pas per meillou diré <br />Lus countés, qualqué paou pebrats. <br /><br />Sé per molhur quitté lo borio, <br />Per t’en onna&nbsp; débès Poris: <br />Pétit : gardo né lo mémorio <br />Te roppeloro ton poïs. <br /><br />Quand Froncillou qué tés l’olaïré <br />Porloro pus lou Sorlodés, <br />Dé blat, né soménoro gaïre, <br />Lus bios savent pas lou francés.<a id="8" href="#note8"><sup>8</sup></a></em></p>
<p style="text-align: justify; line-height: 150%;">Il aime se moquer de ceux qui, partis ailleurs, l’oublient trop vite ou en ont honte comme dans <em>Lou patois tornat</em> (recueil <em>Flors de bruga</em>), ou dans <em>Lo dròlle e l’ase</em> (recueil <em>Lou ser ol contou</em>). Dans ce dernier, un gars monté à Paris et qui parle « ponchut » en revenant, propose à son père de le suivre à son retour pour apprendre à parler français. Mais le père rusé lui répond : je vais d’abord envoyer mon âne et je verrai ce que j’ai à faire :</p>
<p style="line-height: 175%; padding-left: 30px; font-family: roboto; font-size: 85%; text-align: center;"><em>Quand l’asé tournet o lo borio,</em><br /><em>Qué tournet beïré lou poillé,</em><br /><em>Et qué voulguet diré so tsoïo,</em><br /><em>… Réconabo toutsours porié !<a id="9" href="#note9"><sup>9</sup></a></em></p>
<p style="text-align: justify; line-height: 150%;">Il écrit en 1932 la saynète aux accents patriotiques <em>Lou gal a contat</em> pour la félibrée de Sarlat, éditée par les Éditions Michelet, il y relate le retour de guerre d’un fils. Cette pièce a été jouée par les habitants de Saint-Cyprien dans leur bourgade, puis dans les villages de la région et quelque temps après Place des Quinconces à Bordeaux grâce à son ami le docteur Balard, gynécologue dans cette ville ; elle a même été retransmise par la radio Bordeaux-Lafayette. Une autre saynète <em>Jeanne la pastourelle</em>, sous-titrée <em>Le diable à Redon-Espic</em> parle de l’évènement qui ébranla la contrée le 8 septembre 1814 : une jeune bergère prétendit avoir conversé avec la Vierge qui lui était apparue par deux fois à Redon-Espic, sur la commune de Castels proche, non loin d’une église du XII<sup>e</sup> siècle abandonnée, qui servait d’étable à un propriétaire voisin. Depuis, un pèlerinage s’y déroule chaque 8 septembre<a id="10" href="#note10"><sup>10</sup></a>. La pièce sera jouée à Saint-Cyprien par ses habitants, mais ne sera pas publiée. Ces thèmes alimentent les conversations des Cypriotes, même des années après les faits. <br />Pierre Boissel est donc connu maintenant comme médecin expérimenté, mais aussi comme poète : la poésie est devenue son refuge. Il dépeint le monde rural comme s’il l’avait sous les yeux, alors que, devenu aveugle, il convoque seulement ses souvenirs. Il publie ses textes dans <em>Le Glaneur</em> journal imprimé par Michelet, et en 1935 paraît aux Éditions Michelet <em>Lou ser ol contou</em>, recueil d’une centaine de poèmes, dont une dizaine en français et le reste en langue d’oc. Les travaux de Frédéric Mistral ont fait leur chemin, la prise de conscience de l’importance de la langue d’oc, et le mouvement félibréen ont amené des érudits, mais aussi des artisans à lui redonner vie et même à la magnifier dans la poésie. Il est dans leur lignée ; dans les années 1930, il devient membre du <em>Bournat dau Perigord</em>, puis <em>mantenaire</em><a id="11" href="#note11"><sup>11</sup></a> en 1933, et s’inscrit à part entière dans l’espace de création où s’est développée la langue au début du XX<sup>e</sup> siècle. <br />Sa graphie est phonétique. Les querelles entre partisans de la graphie félibréenne et ceux qui choisissent d’employer une norme facilitant les communications semblent l’agacer, comme il le montre dans le poème suivant :</p>
<p style="line-height: 175%; padding-left: 30px; font-family: roboto; font-size: 85%; text-align: center;"><span style="text-decoration: underline;">Lutrin</span> <br /><br /><em>Ah ça! Quo duroro toutsour </em><br /><em>Dé porlar de la félibrado! </em><br /><em>Ou nous beiran un brabé tsour </em><br /><em>Nous foutré qualquo débourado. </em><br /><br /><em>Dé l’encrier borren lo riou! </em><br /><em>Qué tout ço qué pouden escriré </em><br /><em>Quo bal pas lou pet d’uno piou; </em><br /><em>Et quo fénirio per fa riré. </em><br /><br /><em>Mon Diou mé qué quo pot bou fa! </em><br /><em>Per qué sé douna tant dé peino: </em><br /><em>Doyssalour diré « ma fenna » </em><br /><em>Et nous aoutrés diré « mo fenno »!<a id="12" href="#note12"><sup>12</sup></a></em></p>
<p style="text-align: justify; line-height: 150%;">1935, c’est l’année où Louis Alibert publie sa <em>Gramatica Occitana</em> qui prône une « norme classique », fixe la grammaire, le <em>biais de dire</em>. Le docteur Boissel garde ses habitudes ; étant aveugle, il n’aurait pas pu sans difficulté se plier aux nouvelles règles orthographiques. On remarque qu’il utilise beaucoup de gallicismes. Le recueil de poèmes <em>Lou ser ol contou</em> est devenu célèbre. Qui aujourd’hui n’a pas un exemplaire dans sa maison, acheté par des admirateurs du siècle passé ? Ils y retrouvaient des situations vécues, scènes de dur labeur ou scènes de réjouissances, scènes romantiques ou histoires « <em>pebradas</em> » malicieuses, décrites avec une vérité qui prouvait que Pierre Boissel faisait partie des leurs, répétées à l’infini dans les veillées ou les réunions de famille. <br />Leurs inquiétudes ou leurs interrogations à propos des technologies nouvelles ou des décisions inhabituelles, ils les retrouvaient dans <em>Ton lum</em><a id="13" href="#note13"><sup>13</sup></a>, <em>Lo royoun X</em><a id="14" href="#note14"><sup>14</sup></a>, ou dans <em>L’houro nouvello</em><a id="15" href="#note15"><sup>15</sup></a>.&nbsp; <br /><br />Après l’année 1937, Pierre Boissel n’exerce plus la médecine que de manière confidentielle. Il prépare un autre recueil de cent poésies qu’il intitule <em>Flors de bruga</em><a id="16" href="#note16"><sup>16</sup></a> et qu’il n’a pas pu concrétiser avant sa mort…<br /> S’ajoutent à cette œuvre plus de cent cinquante textes inédits ou parus uniquement dans la presse comme <em>Le glaneur</em>, journal conservateur littéraire, commercial, agricole, publiant des annonces et paraissant le dimanche, jour où les Périgourdins avaient le plus de temps pour lire. D’autres sont parus dans <em>Le Périgourdin de Bordeaux</em>, <em>Lou Bournat</em> qui est la revue félibréenne du « Bournat dau Perigord », ou <em>Ol contou</em>, bimensuel publié par l’imprimerie Simon du Bugue. Ils ont été édités sous le titre <em>Estugi ma pluma</em> aux Editions du Perce-Oreille en juin 2018. Il s’agit de textes manuscrits de la main du docteur lui-même ou dactylographiés par une main amie. <br />Pour célébrer le terroir, il s’exprime dans un romantisme nostalgique qui avait commencé à être à la mode dans la littérature occitane dans les années 1820. Il emploie la structure en octosyllabes à rimes plates ou croisées, il arrive qu’il s’exprime aussi en alexandrins et en vers de six pieds. <br />Il aime refaire à sa manière des fables de Jean de La Fontaine :</p>
<p style="line-height: 175%; padding-left: 30px; font-family: roboto; font-size: 85%; text-align: center;"><span style="text-decoration: underline;"></span><em>Se dins lo fablo qu’aï ponado <br />Aï contsat, per moun Sarladé <br />La cigogno per lo becado <br />Lafontaino, perdounas mé !<a id="17" href="#note17"><sup>17</sup></a></em></p>
<p style="text-align: justify; line-height: 150%;">Pierre Boissel décède à 67 ans à son domicile à Saint-Cyprien. Il mérite sa place dans le patrimoine culturel et la littérature d’Occitanie. <br />Les deux ouvrages posthumes de l’œuvre du docteur Boissel présentent chaque poème sous trois aspects :<br /> - le texte original avec sa propre graphie pour respecter son travail <br />- le texte transcrit en occitan normalisé afin qu’il soit accessible à tous ceux qui apprennent l’occitan aujourd’hui&nbsp; <br />- la version française, pour ceux qui ne connaissent pas la langue d’oc<br /><br /></p>
<hr />
<p id="note1" style="text-align: justify; line-height: 150%;">1. Garrigue Jean-Louis, <em>Docteur Boissel 1872-1939</em>, Thèse pour le diplôme d’Etat de docteur en médecine, université de Bordeaux II, année 1993. <a href="#1">↑</a></p>
<p id="note2" style="text-align: justify; line-height: 150%;">2. Dans <em>Estugi ma pluma</em>, recueil de poésies inédites du Dr Boissel, 2018 (Editions du Perce-Oreille, Coux-et-Bigaroque-Mouzens). <a href="#2">↑</a></p>
<p id="note3" style="text-align: justify; line-height: 150%;">3. « L’autre nous avait dit : suspendez-le, / Mais il ne nous avait pas dit de le faire balancer. » <a href="#3">↑</a></p>
<p id="note4" style="text-align: justify; line-height: 150%;">4.&nbsp;Dans <em>Estugi ma pluma</em>, recueil de poésies inédites du Dr Boissel, 2018 (Editions du Perce-Oreille, Coux-et-Bigaroque-Mouzens). <a href="#4">↑</a></p>
<p id="note5" style="text-align: justify; line-height: 150%;">5. Garrigue Jean-Louis, <em>Docteur Boissel 1872-1939</em>, Thèse pour le diplôme d’Etat de docteur en médecine, université de Bordeaux II, année 1993. <a href="#5">↑</a></p>
<p id="note6" style="text-align: justify; line-height: 150%;">6. Yvon Delbos (1885-1956) a été député radical socialiste de 1924 à 1940, membre du bureau de la Ligue de la République, président de la fédération de la Dordogne de la Ligue des Droits de l’Homme, sous-secrétaire d’Etat chargé de l’enseignement technique et des Beaux-Arts, puis ministre de l’Instruction Publique et des Beaux-Arts (1925), ministre de la Justice (1936), ministre des Affaires Etrangères de 1936 à 1938, ministre de l’Éducation Nationale au moment de l’adoption de la loi Deixonne. <a href="#6">↑</a></p>
<p id="note7" style="text-align: justify; line-height: 150%;">7. Dans Estugi ma pluma, op. cit. <a href="#7">↑</a></p>
<p id="note8" style="text-align: justify; line-height: 150%;">8. Notre parler / Langue que petit, j’ai apprise / Près des landiers, sans alphabet, / Le pauvre sot qui te méprise / Doit avoir le cerveau étroit. / Souvent rude comme les mains / Du bouvier qui fait le sillon, / Qui s’affine quand sur les joues / De son amie il met un baiser ! / Et si de ton berceau, tu te souviens / Elle était douce, quand la Miou / Chantait : sommeil, sommeil, viens, viens / Sommeil, sommeil, sommeil, viens donc. / Elle semble née pour faire rire / À table, nos invités. / Je n’en sais pas de mieux pour dire / Les contes quelques peu salés. / Si par malheur tu quittes la ferme / Pour t’en aller à Paris : / Petit : gardes- en la mémoire / Elle te rappellera ton pays. / Quand Francillou qui tient l’araire / Ne parlera plus le Sarladais, / Du blé, il n’en sèmera guère, / Les bœufs ne savent pas le français. <a href="#8">↑</a></p>
<p id="note9" style="text-align: justify; line-height: 150%;">9. Quand l’âne revint à la ferme, / Qu’il revit le pailler, / Et qu’il voulut dire sa joie /… Il braillait toujours pareil. <a href="#9">↑</a></p>
<p id="note10" style="text-align: justify; line-height: 150%;">10. Bourgès Audivert Monique, <em>Castels pluriel, Castels singulier</em>, Périgueux, Editions couleurs Périgords, 2008, et <a href="http://www.lesamisderedonespic.fr/" target="_blank" rel="noopener">www.lesamisderedonespic.fr</a> <a href="#10">↑</a></p>
<p id="note11" style="text-align: justify; line-height: 150%;">11. « Mantenaire » est le titre donné aux seize membres du Conseil du Bournat, son conseil d’administration en quelque sorte. Les adhérents de base sont des « abeilles ». <a href="#11">↑</a></p>
<p id="note12" style="text-align: justify; line-height: 150%;">12. Lutrin / Ah mais ! / Ça durera toujours / De parler de la félibrée / Ou on nous verra un beau jour / Nous mettre quelque débourrée. / De l’encrier fermons le ruisseau ! / Parce que tout ce que nous pouvons écrire / Ça ne vaut pas le pet d’une puce ; / Et ça finirait par faire rire. / Mon Dieu mais qu’est-ce que ça peut vous faire ! / Pourquoi se donner tant de peine : /Laissez-les dire « Ma fenna » et nous autres dire « <em>Mo fenno !</em> » <a href="#12">↑</a></p>
<p id="note13" style="text-align: justify; line-height: 150%;">13.&nbsp;Dans <em>Estugi ma pluma</em>, recueil de poésies inédites du Dr Boissel, 2018 (Editions du Perce-Oreille, Coux-et-Bigaroque-Mouzens). <a href="#13">↑</a></p>
<p id="note14" style="text-align: justify; line-height: 150%;">14. Paru dans <em>Lou ser ol contou</em> <a href="#14">↑</a></p>
<p id="note15" style="text-align: justify; line-height: 150%;">15. Paru dans <em>Lou ser ol contou</em> <a href="#15">↑</a></p>
<p id="note16" style="text-align: justify; line-height: 150%;">16.&nbsp;Dans <em>Flors de bruga,</em> Editions du Perce-Oreille, 2018, Coux-et-Bigaroque-Mouzens (24220) <a href="#16">↑</a></p>
<p id="note17" style="text-align: justify; line-height: 150%;">17. «Si dans la fable que j’ai volée / J’ai changé, pour mon Sarladais / La cigogne par la bécasse / La Fontaine pardonne-moi !» <a href="#17">↑</a></p>
<hr />
<h2>Bibliographie de Pierre Boissel</h2>
<p style="text-align: justify; line-height: 150%;"><em>- </em>Boissel Docteur, <em>Lou gal o contat</em>, saynète patoise, Sarlat, imp. Michelet, 1932, 18 p.<br /> - Boissel Docteur, <em>Lou ser ol contou</em>, recueil de poésies patoises, Sarlat, imp. Michelet, première édition en 1935, réunit 130 poèmes suivis d’une table des matières par ordre alphabétique des poèmes,149 p. <br />- Boissel Docteur, <em>Lou ser ol contou</em>, recueil de poésies patoises, Sarlat, imp. Michelet, réunit les mêmes 130 poèmes, plus 10 poèmes en français, sans table des matières, 152 p. <br />- Boissel Docteur, <em>Lou gal o contat</em>, Sarlat, imp. Michelet, 1935. <br />- Boissel Docteur, <em>Lou ser ol contou</em>, recueil de poésies patoises, Sarlat, imp. Michelet, reprend la deuxième édition de 1935, plus une table des matières dans l’ordre de la pagination, 157 p.&nbsp; <br />- Boissel Docteur, <em>Lou ser ol contou</em>, poésies patoises du Sarladais, suivies de la saynète <em>Lou gal o contat</em>, Périgueux, Les éditions du Périgord Noir, 1975, 213 p.<br /> - Peiragudas : Le groupe musical a enregistré 3 poésies du recueil <em>Lou ser ol contou</em> sur disque microsillon <em>Lo leberon</em>,&nbsp; aux Editions Ventadorn, 1978 : <em>Lo grapald</em>, <em>Ai paur</em>, <em>En passant camin</em>. Peiragudas chante dans les concerts : <em>L’ogre</em>, <em>Sei bandat</em>, <em>Sans voler zo far</em>, aussi tirées du recueil <em>Lou ser ol contou</em> mais pas encore enregistrées.<br /> - Boissel Docteur, <em>Lo ser al canton, Choix de poèmes</em>, Atelier Sarladais de Culture occitane, (A.S.C.O.), 1985, 27 poèmes dans la graphie du Docteur Boissel repris dans la graphie occitane normalisée et traduits par Michel Soulhié, plus une cassette audio, 46 p. <br />- Garrigue Jean-Louis, <em>Docteur Boissel (1872-1939)</em>, thèse pour le diplôme d’Etat de docteur en médecine générale, Université de Bordeaux II, U.F.R. de sciences médicales, 10 juin 1993.&nbsp; <br />- Garrigue Jean-Louis, <em>Pierre Boissel (1872-1939) médecin et poète occitan</em>, Société d’Art et d’Histoire de Sarlat et du Périgord Noir, 2004. (résumé de sa thèse) <br />- Boissel Docteur, <em>Lou ser ol contou</em>, Bayac, Éditions du Roc de Bourzac, 2004. (Fac-similé de l'édition Michelet.)&nbsp; <br />- Gerval Guy, <em>Le soir au cantou</em>, recueil de poésies patoises du docteur Boissel, avec <em>L’aveugle de Castelcuillé</em>, poème occitan de Jasmin, Pomport 24240, éd. Cyrano, 2011. (traduction en français des poèmes)<br /> - Chavaroche Daniel, <em>Docteur Boissel poète paysan</em> avec C.D. audio en occitan, Sarlat, éditions ASCO, 2015. (poèmes tirés de <em>Lou ser ol contou</em> en occitan normalisé)</p>]]></dcterms:description>
    <dcterms:creator><![CDATA[Bourgès Audivert, Monique]]></dcterms:creator>
    <dcterms:publisher><![CDATA[Centre interrégional de développement de l&#039;occitan (Béziers)]]></dcterms:publisher>
    <dcterms:publisher><![CDATA[Recherche en domaine occitan (Montpellier)]]></dcterms:publisher>
    <dcterms:date><![CDATA[2018-01-15]]></dcterms:date>
    <dcterms:issued><![CDATA[2019-01-31 Aurélien Bertrand]]></dcterms:issued>
    <dcterms:license><![CDATA[Creative commons = BY - NC - ND]]></dcterms:license>
    <dcterms:relation><![CDATA[Vignette : https://vidas.occitanica.eu/files/square_thumbnails/d376781d98916680ae71af8e1076f9c8.jpg]]></dcterms:relation>
    <dcterms:isPartOf><![CDATA[Félibrige]]></dcterms:isPartOf>
    <dcterms:format><![CDATA[text/html]]></dcterms:format>
    <dcterms:language><![CDATA[fre]]></dcterms:language>
    <dcterms:type><![CDATA[Text]]></dcterms:type>
    <dcterms:identifier><![CDATA[http://vidas.occitanica.eu/items/show/2107]]></dcterms:identifier>
    <dcterms:spatial><![CDATA[Dordogne (France)]]></dcterms:spatial>
    <dcterms:spatial><![CDATA[Saint-Cyprien (Dordogne)]]></dcterms:spatial>
    <dcterms:temporal><![CDATA[1876-1914]]></dcterms:temporal>
    <dcterms:temporal><![CDATA[1914-1939]]></dcterms:temporal>
</rdf:Description><rdf:Description rdf:about="https://vidas.occitanica.eu/items/show/2118">
    <dcterms:title><![CDATA[Boirac, Élie (1810-1884)]]></dcterms:title>
    <dcterms:title><![CDATA[Boirac, Élie (1810-1884)]]></dcterms:title>
    <dcterms:description><![CDATA[<p style="text-align: justify; line-height: 150%;">Élie Boirac (1810-1884) sort à peine des limbes de l’oubli, demeure à la veille de voir son oeuvre publiée. Boulanger dans le village girondin de Saint-Macaire, sur la rive droite de la Garonne, à 45 kilomètres en amont de Bordeaux, il ne le quitta que pour la sous-préfecture voisine de La Réole, située à une dizaine de kilomètres, et mourut dans son village. Auteur de plusieurs dizaines de textes, dont la moitié environ en occitan, pamphlétaire redoutable et polémiste sans pitié, chansonnier, farceur, il fut aussi un militant profondément engagé dans la cause républicaine, au coeur de la Restauration, de la monarchie de Juillet et du Second Empire, ce qui lui valut pas mal d’ennemis et quelques ennuis avec l’autorité, qu’il adorait braver. Gascon de théâtre, colosse à a voix de stentor, grand amateur de conquêtes, il s’engagea dans les combats du quotidien de son village, attaqua de front ses détracteurs et parvint généralement à ses fins. Mais ses pamphlets, chansons et saynètes, restés manuscrits quoique recopiés plusieurs fois, n’ont à ce jour jamais connu les honneurs de l’édition et fut oublié presque aussitôt qu’il mourut, à l’exception d’une consécration tardive et d’ailleurs ambiguë au début des années 1930.</p>
<h2>Identité</h2>
<h3><b>Formes référentielles</b></h3>
<p style="text-align: justify;">Boirac, Élie (1810-1884)</p>
<h2>Élements biografiques</h2>
<h3>Un poète benlèu tròp lengut (peut-être trop bavard)</h3>
<p style="text-align: justify; line-height: 150%;">Élie Boirac naquit le 5 janvier 1810 au Pian (aujourd’hui Pian-sur-Garonne) en Gironde, commune limitrophe de Saint-Macaire, de Pierre Boirac et de Catherine Marrot. Il mourut le 28 mars 1884 à Saint-Macaire. Boirac est donc l’exact contemporain du poète-boulanger marseillais d’expression occitane Victor Gelu (1806-1885)&nbsp; avec lequel il est possible de lui trouver bien des traits communs. Comme le Marseillais, Boirac exerçait par tradition familiale la profession de boulanger, son père l’ayant été avant lui, dans la boutique familiale située au rez-de-chaussée d’une maison de la rue Yquem à Saint-Macaire, où une plaque commémorative (en français) a été apposée. Comme Gelu, Boirac fut un républicain convaincu. Profondément hostile à Napoléon III, Boirac fut le fondateur du Cercle républicain de Pian en 1848. Il en assura la direction en plein Second Empire de la période autoritaire, ce qui lui valut d’être condamné au bannissement de sa commune. L’anecdote raconte – transmise par tradition familiale – que Boirac « s’exila » dans la commune voisine du Pian, à une poignée de mètres de sa maison, juste de l’autre côté de la rue. L’anecdote est remarquable, et colle à ce que ses écrits nous donnent à voir de la personnalité de Boirac : un personnage truculent et brillant, maniant l’insolence et la provocation avec talent. Néanmoins, les sources identifiables par ailleurs semblent contredire sur certains aspects cette légende « boiraquienne ». En réalité, Boirac ne s’est donc pas contenté de s’exiler à deux pas de chez lui, chez ses cousins. Il s’est expatrié à La Réole, où il était domicilé en janvier ou février 1852. Il s’est par contre caché (« soustrait par la fuite ») à l’approche de la police bonapartiste, et cette « cavale » peut correspondre effectivement à l’époque où le « boulanger-poëte », comme il se qualifiait lui-même se réfugia dans la maison toute proche d’un sien parent. Il ne paraît plus devoir être inquiété, début 1852, puisque même sous surveillance de la police, il semble continuer d’être l’« agent actif de la propagande » républicaine auprès des Réolais, après l’avoir été auprès des Macariens et Piannais. Quant au Cercle républicain, fondé en mars 1848, il en fut effectivement membre et le resta tant qu’il fut autorisé par le pouvoir, mais rien ne dit qu’il l’ait dirigé.<br />D’Élie Boirac nous sont parvenus soixante-treize textes, chansons, saynètes, satires locales, poèmes, textes engagés, ainsi que plusieurs fragments, dont trente-cinq totalement ou partiellement en occitan, encore tous inédits. Retenons principalement quatre pamphlets en occitan, qui ont pour titre <em>Rencountre</em> (1842), <em>Lou Tintamarre</em> (1846), <em>Lous trotoirs de Maouhargat</em> (1865) la <em>Riguedoundene</em> et le <em>Riguedoundoun</em> (1868). Les trois premiers ont une portée strictement locale, communale, et sont moins politiques que satiriques contre des personnes nommément désignées (Boirac nommait toujours ses cibles par leurs noms).<br />Le pamphlet <em>Lou Tintamarre</em>, daté de 1846, n’est pas politique en apparence. C’est un règlement de compte que Boirac inflige à un nommé Chaigne, un habitant de Pian qui avait osé composer lui aussi des satires et notamment s’attaquer aux habitants de Saint-Macaire, dont il était pourtant originaire. Mais Boirac ne s’arrête pas à une satire locale clochemerlesque. Le texte se poursuit sous des aspects délirants d’épopée homérique ou virgilienne.<br />Boirac met en scène le combat, comme un Victor Hugo, un Tasse ou un Homère burlesque. Il déroule les phases de l’épopée de ces soldats de l’An II des coteaux macariens.<br />Dans les <em>Trotoirs de Maouhargat</em>, en 1865, Boirac évoque les aménagements urbains apportés à ce quartier de Saint-Macaire, dont le nom gascon signifie exactement « mal foutu », et qui vient à cette époque de recevoir des trottoirs, remplaçant l’ancienne chaussée boueuse à la saison des pluies.<br />Les pamphlet appelés <em>Riguedoundene </em>et<em> Riguedoundoun</em> se suivent et datent de la même année. La <em>Riguedoundene</em> est une attaque contre la fanrare locale, accusée de bonapartisme et d’agression sur l’orphéon municipal soutenu par Boirac. Le <em>Riguedoundoun</em> le chef-d’œuvre de Boirac, mais aussi sa dernière œuvre connue.&nbsp; Âgé de cinquante-huit ans, le « boulanger-poëte » républicain voit le Second Empire toucher à sa fin. La petite ville est toujours administrée par le bonapartiste Étienne Ferbos, qui possède dans son conseil municipal un concurrent commercial direct de Boirac en la personne du boulanger Merle. Nous ne saurions dire si son engagement politique, son talent indéniable pour l’écrit polémique gascon, dans un village sans doute encore majoritairement occitanophone, ont porté tort à son négoce. Le gérant de l’histoire s’appelle Gilaresse, et ce n’est pas le seul nom que lui attribue Boirac. Globalement, le <em>Riguedoundoun</em> s’apparente à une suite d’insultes davantage qu’à une argumentation. Boirac semble trouver dans l’exercice une jubilation langagière qui le rapproche du genre <em>recardèir</em> bordelais et du <em>Cadichoune</em> et <em>Mayan</em> de Verdié, une de ses références identifiables. L’autre chapelet qui se rencontre dans le sonore pamphlet, c’est celui des noms. Car Boirac affectionne l’évocation sonore dans le choix de ses titres : le <em>rigadondon</em>, en occitan, se rapproche de l’idée de tintamarre, de charivari. Nous sommes proches ici de l’idée du chahut carnavalesque, jubilatoire et transgressif, et du <em>riga-raga</em>, la crécelle, l’instrument des charivaris, mais aussi des marginaux et particulièrement les plus rejetés d’entre eux, les lépreux.<br />Le <em>Riguedoundoun</em> est donc avant tout un règlement de comptes, avant d’être un cri du cœur d’un républicain.<br />Boirac tout entier tient dans une anecdote révélatrice à la fois du mode de fonctionnement du boulanger-poète et de ses opinions politiques sur le Second Empire. En 1852 fut démolie à Saint-Macaire une maison forte défensive du XIII<sup>e</sup> siècle, ancienne Chambre de l’Édit du Parlement de Bordeaux, restaurée en 1600 et que l’on appelait dans le pays le Palais du Turon. A cette occasion, Boirac, qui faisait construire un mur mitoyen au chantier, y plaça dans une fiole de verre deux ou trois pièces de monnaie anciennes ramassées sur le site, et une lettre dénonçant la destruction du monument historique et fustigeant le plébiscite de Louis-Napoléon en vue d’être couronné empereur des Français. Le pamphlet accusait le prince et son oncle, le défunt empereur Napoléon I<sup>er</sup> en des termes sanglants : « (le) plus grand Dévastateur et Despote que l’Enfer ait vomi sur la Terre...». Cette fiole fut découverte en 1907, vingt-trois ans après la mort du poète-boulanger, par des maçons chargés de démolir le mur que Boirac avait fait bâtir. Une tradition locale qui nous a été transmise par ses héritiers soupçonne Boirac d’avoir caché des fioles identiques un peu partout dans Saint-Macaire, dans des caches au creux des murs où elles seraient encore.</p>
<h2>Engagement dans la renaissance d'oc</h2>
<h3>À distance des félibres : le Gelu de la Gironde ?</h3>
<p style="text-align: justify; line-height: 150%;">La figure d’Élie Boirac ne peut que faire penser à celle du tonitruant Gélu, lui aussi boulanger et lui aussi tribun. Comme Gelu, Boirac semble avoir possédé une très forte et remarquable personnalité s’illustra dans le pamphlet mais aussi dans la chanson. La comparaison s’arrête là, car si les œuvres du Marseillais sont bien connues, éditées et rééditées à maintes reprises, ce n’est qu’à l’état de bribes que nous sont parvenues celles de Boirac. Ce qui les unit encore, toutefois, est leur refus de s’intégrer aux mouvements de renaissance de la langue et de la culture occitanes de leur temps. Il convient cependant de signaler qu’au temps de Boirac, en Gironde et plus largement en Gascogne, aucun mouvement félibréen structuré n’existait. Si à Bordeaux, quelques figure locales comme l’abbé Arnaud Ferrand (1849-1910) et son entourage semble amorcer un rattachement aux idées félibréennes, il faudra attente la fin de la décennie 1880 et les années 1890 pour voir se dessiner l’embryon d’une école félibréenne en Lot-et-Garonne, autour de Charles Ratier, Victor Delbergé et Jasmin fils. La Gironde, elle, n’aura pas d’institution félibréenne avant le siècle suivant. Gelu connaissait les félibres et s’en méfiait. Boirac ne les a vraisemblablement pas connus, et en eût-il eu l’occasion, l’orientation idéologique de ces premiers félibres girondins se trouvait à l’opposé exact de la sienne : catholiques, de tendance royaliste et fortement antirépublicains. Boirac connaissait Jasmin au moins de réputation, l’ayant probablement entendu, et le cite à plusieurs reprises dans ses textes. Les sonorités du coiffeur agenais, son contemporain, se retrouvent parfois au détour d’un vers, mais là s’arrête le rapport entre les deux voisins de la Garonne. En revanche, Boirac puise abondamment dans l’univers bordelais de Meste Verdié (1779-1820) et de la littérature populaire <em>recardèira</em> en gascon <em>pishadèir</em>. Il reste néanmoins une figure isolée, dont l’absence d’édition de son vivant - et à ce jour - donne l’image d’un poète oublié, sans postérité. Selon l’habitude des félibres, Boirac fut toutefois célébré lors de la Félibrée de 1930 qui se tint à Saint-Macaire, et lui fut entièrement dédiée.</p>
<br /><hr />]]></dcterms:description>
    <dcterms:creator><![CDATA[Escarpit, David]]></dcterms:creator>
    <dcterms:publisher><![CDATA[Centre interrégional de développement de l&#039;occitan (Béziers)]]></dcterms:publisher>
    <dcterms:publisher><![CDATA[Recherche en domaine occitan (Montpellier)]]></dcterms:publisher>
    <dcterms:date><![CDATA[2018-05-09 Aurélien Bertrand]]></dcterms:date>
    <dcterms:issued><![CDATA[2019-03-26 Aurélien Bertrand]]></dcterms:issued>
    <dcterms:license><![CDATA[Creative commons = BY - NC - ND]]></dcterms:license>
    <dcterms:relation><![CDATA[Vignette : https://vidas.occitanica.eu/files/square_thumbnails/0391e8145025a81635e893463d349108.jpg]]></dcterms:relation>
    <dcterms:format><![CDATA[text/html]]></dcterms:format>
    <dcterms:language><![CDATA[fre]]></dcterms:language>
    <dcterms:type><![CDATA[Text]]></dcterms:type>
    <dcterms:identifier><![CDATA[http://vidas.occitanica.eu/items/show/2118]]></dcterms:identifier>
    <dcterms:spatial><![CDATA[Gironde (France)]]></dcterms:spatial>
    <dcterms:spatial><![CDATA[La Réole (Gironde)]]></dcterms:spatial>
    <dcterms:spatial><![CDATA[Saint-Macaire (Gironde)]]></dcterms:spatial>
    <dcterms:temporal><![CDATA[...-1854]]></dcterms:temporal>
    <dcterms:temporal><![CDATA[1854-1876]]></dcterms:temporal>
</rdf:Description><rdf:Description rdf:about="https://vidas.occitanica.eu/items/show/2108">
    <dcterms:title><![CDATA[Boé, Jacques (1798-1864) alias « Jasmin »]]></dcterms:title>
    <dcterms:title><![CDATA[Boé, Jacques (1798-1864) alias « Jasmin »]]></dcterms:title>
    <dcterms:description><![CDATA[<p style="text-align: justify; line-height: 150%;">Jacques Jasmin, poète agenais, figure aux côtés du provençal Frédéric Mistral, lauréat du prix Nobel de littérature en 1904, parmi les auteurs occitans phare du XIX<sup>e</sup> siècle. Avec eux, la littérature occitane fait son entrée dans les salons parisiens et acquière une reconnaissance nouvelle. Jasmin, précurseur des Félibres, ces poètes provençaux réunis autour de Mistral, Roumanille ou Brunel pour la sauvegarde de la langue d'oc, n'appartint cependant à aucun mouvement tout comme il se refusa, en dépit de son succès, à former école autour de son œuvre et de son style. Excellent orateur, personnalité flamboyante, il reçu les hommages et la célébrité de son vivant, laissant à sa mort, une production importante et depuis lors toujours lue et rééditée.</p>
<h2>Identité</h2>
<h3><b>Formes référentielles</b></h3>
<p style="text-align: justify;">Jasmin (1798-1864)</p>
<h3>Autres formes connues</h3>
<p style="text-align: justify; line-height: 150%;">- Boé, Jacques (nom à l'état civil)</p>
<p style="text-align: justify; line-height: 150%;">- Gensemin (pseudonyme)</p>
<p style="text-align: justify; line-height: 150%;">- Jansemin (pseudonyme)</p>
<h2>Éléments biographiques</h2>
<p style="text-align: justify; line-height: 150%;">C'est dans une famille modeste de l'Agenais que naît Jacques Jasmin, de son vrai nom Boé, le 6 mars 1798. En dépit des difficultés financières familiales, le jeune homme bénéficie d'une certaine éducation, étant placé quelques temps chez un cousin, instituteur à Agen, avant d'intégrer le séminaire de la cité. Son père, auteur en son temps de quelques charivaris accompagnant les festivités de Carnaval, peut pour sa part l'avoir familiarisé à l'écriture.<br /><br />Installé à son compte en tant que coiffeur dès ses dix-huit ans, la santé relativement florissante de son commerce lui permet de se livrer en parallèle à sa passion pour l'écriture. Dès 1822 avec <em>La fidelitat ageneso</em> (première parution dans le Journal du Lot-et-Garonne), et dès lors sans discontinuer jusqu'à la fin de sa vie, Jasmin va éditer ses différentes compositions, dont <em>Lou Charibari</em> dès 1825. Dix ans plus tard, paraît le premier tome d'une série de recueil intitulés <em>Las Papillotos</em>, initiant une forme éditoriale nouvelle des œuvres de Jasmin, ainsi qu'un tournant décisif dans la vie de leur auteur.</p>
<h2>Engagement dans la renaissance d'oc</h2>
<p style="text-align: justify; line-height: 150%;">Jasmin représente, tout particulièrement dans les zones extérieures à la culture occitane, « le Gascon », avec toutes les connotations positives comme péjoratives que cela suppose. C'est ainsi qu'il se définit d'ailleurs lui-même dans ses écrits. S'il est Gascon par son appartenance géographique à l'Aquitaine, c'est en languedocien que s'exprime et écrit. L'agenais de Jasmin est toutefois un dialecte teinté de gascon car se trouvant à la marche entre les domaines linguistiques languedocien et gascon. Rédigeant des œuvres versifiées, reposant sur le rythme et la mélodie de la langue d'oc, les compositions de Jasmin sont pensées pour être chantées, déclamées. Lui-même s'avère un incroyable orateur et ainsi, messager idéal de ses œuvres. Il entame d'ailleurs très tôt un tour de France des régions, se rendant d'un bout à l'autre de l'Occitanie pour lire ses poèmes et en assurer ainsi leur diffusion auprès d'un public qui, tout en connaissant la langue, ne la lit pas toujours.<br />L'accueil favorable du premier tome des <em>Papillotos</em> publié par Charles Nodier dans le <em>Temps</em> d'octobre 1835, hissant la prose de Jasmin au niveau d'un Pierre-Jean de Béranger ou d'un Victor Hugo, lui ouvre les portes des salons parisiens. Il y rencontre tour à tour Lamartine, Ampère, Chateaubriand... Le poète d'Agen est également reçu par le roi Louis-Philippe, l'histoire voulant qu'un court échange en occitan soit alors entamé. Les prix et récompenses se multiplient très tôt à l'adresse de Jasmin. A Toulouse, son succès est tel que le Conseil municipal le fait "fils adoptif de la ville de Toulouse" et lui décerne une branche de laurier en or. En juillet 1853,&nbsp; le Félibrige l'honore à son tour du titre de "Maître-ès-jeux" tandis que l'Académie française, lui décerne le prix Monthyon.<br /><br />En dépit d'un réel succès public et critique, Jasmin ne demeure pas moins aux yeux des Parisiens et selon la formule de Balzac, le "poète-perruquier" (<em>La Monographie de la Presse parisienne</em>, 1842), ne dissimulant pas une position ambigüe vis-à-vis de la langue d'oc. Pour preuve, bien que lui remettant un prix et tout en vantant la qualité de sa prose, l'Académie française, ne pu se résoudre à faire de lui un Immortel. Tout comme la pourtant toulousaine Académie des Jeux Floraux, autrefois <em>Conservatori del Gay Saber</em>, qui ne récompensait alors que les seules compositions en langue française. Seule l'Académie d'Agen, patrie du poète, déroge pour sa part à la règle en 1830, récompensant Lou tres de may, poésie occitane rédigée par Jasmin à l'occasion de l'érection d'une statue d'Henri IV dans la voisine Nérac. &nbsp;&nbsp;&nbsp; <br />Jasmin n'en demeure pas moins le premier témoignage d'un succès et d'une audience pour l'occitan en-dehors de ses zones de diffusion traditionnelles. Son travail en faveur d'un enrichissement de la langue d'oc et d'une inter-compréhension entre dialectes, gascon, languedocien, limousin, auvergnat, provençal, vivaro-alpin font par ailleurs de lui un éclaireur pour la littérature occitane. Il ne fit toutefois pas école, n'affichant aucune prétention hors du monde de l'écrit, et notamment vis-à-vis des idées et idéaux par la suite développés par Frédéric Mistral et les félibres. Mort en pleine gloire le 4 octobre 1864, Jasmin fut source d'inspiration et précurseur pour un grand nombre d'auteurs, annonçant par son parcours, le succès rencontré par la suite par les félibres. Mistral lui-même, alors au faît de sa gloire, salua l'agenais du titre de « <em>Lou grand poueto dòu Mièjour</em> » en 1909 à Agen, inaugurant de ces mots la statue dédiée à Jasmin par sa ville natale.<br /><br /></p>
<hr />]]></dcterms:description>
    <dcterms:creator><![CDATA[Juan, Sandra]]></dcterms:creator>
    <dcterms:creator><![CDATA[Bertrand, Aurélien]]></dcterms:creator>
    <dcterms:publisher><![CDATA[Centre interrégional de développement de l&#039;occitan (Béziers)]]></dcterms:publisher>
    <dcterms:publisher><![CDATA[Recherche en domaine occitan (Montpellier)]]></dcterms:publisher>
    <dcterms:date><![CDATA[2018-01-29]]></dcterms:date>
    <dcterms:issued><![CDATA[2019-01-31 Aurélien Bertrand]]></dcterms:issued>
    <dcterms:license><![CDATA[Creative commons = BY - NC - ND]]></dcterms:license>
    <dcterms:relation><![CDATA[Vignette : https://vidas.occitanica.eu/files/square_thumbnails/dd193b8d978d4001e541eeac1f6f86e0.jpg]]></dcterms:relation>
    <dcterms:format><![CDATA[text/html]]></dcterms:format>
    <dcterms:language><![CDATA[fre]]></dcterms:language>
    <dcterms:type><![CDATA[Text]]></dcterms:type>
    <dcterms:identifier><![CDATA[http://vidas.occitanica.eu/items/show/2108]]></dcterms:identifier>
    <dcterms:spatial><![CDATA[Agen (Lot-et-Garonne)]]></dcterms:spatial>
    <dcterms:spatial><![CDATA[Lot-et-Garonne (France)]]></dcterms:spatial>
    <dcterms:temporal><![CDATA[...-1854]]></dcterms:temporal>
    <dcterms:temporal><![CDATA[1854-1876]]></dcterms:temporal>
</rdf:Description></rdf:RDF>
